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Date de création : 19.04.2011
Dernière mise à jour : 10.01.2020
772 articles


Pages 87 à 90 - chapitre 4 -

 

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principalement dans la recherche de perfection au long du processus qui mène à la réalisation du crime. En comparaison, les Dutrou, les Fourniret, ne sont que de vils assassins sans originalité et bassement commandés par leurs instincts primaires. Heaulme qui agissait sous le coup de l’impulsion, sans aucune préméditation, instantanément et dans les endroits les plus divers, était un visionnaire dément. Je ne lui ressemble pas. Landru, dans la préparation et l'exécution appliquait une méthode proche de la mienne, mais c'est la cupidité qui dirigeait ses actes. Quant au Docteur Petiot dont je ne connais pas grand-chose sur la manière d'opérer, après tout, il ne faisait que reproduire à sa petite échelle ce que les nazis à la même époque faisaient à un niveau industriel.

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Malgré ce que je révèle plus haut, je reconnais que mon deuxième crime ne fut pas véritablement prémédité. Il concerne une jeune voisine qui habitait un bâtiment proche du mien. Elle me plaisait et je ressentais pour elle une attirance irrépressible. De longue date, je l'avais remarquée. Elle possédait cette ostensible fragilité physique que j'affectionne et exprimait un certain désarroi dans son comportement. Ses parents étaient deux ivrognes qui ne la méritaient pas et la traitaient avec mépris et méchanceté.  Souvent, elle errait seule à travers les rues de la ville. Plusieurs fois, je l'avais aperçu arpentant le trottoir d'un pas rapide pendant que je roulais à bord de ma Twingo. À plusieurs reprises, j'avais été tenté de stopper et de l'inviter à monter, mais j'y renonçais à cause des autres voitures qui circulaient ou des piétons qui allaient et venaient. Surtout, je ne la sentais pas prête. Ni moi non plus. Il faut savoir patienter. Il vient toujours un moment où les circonstances sont propices et où le hasard pousse la future victime dans les bras de son bourreau. C'est un instant éphémère qu'on se doit de capter, une opportunité à saisir, comme une fenêtre qui s'ouvre et se referme. Si l'occasion est ratée, il est inutile d'insister. Il vaut mieux aller voir ailleurs. Plusieurs mois peuvent s'écouler avant que des conditions favorables se représentent. C'est pour cette raison qu'il me faut être toujours sur le qui-vive. Cela ne me concerne pas exclusivement, il suffit de regarder autour de soi. La plupart des gens qui réussissent dans la vie, dans tous les domaines, font bien souvent et tout simplement preuve de plus d'à-propos que les autres.

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Pour moi, le moment attendu survint un soir d'hiver alors que je rentrais chez moi. Il était tard, plus de minuit. C'était un vendredi et j'allais avoir devant moi tout un week-end. Je revenais d'une de mes innombrables virées qui me voyaient déambuler dans les rues chaudes de la capitale. En arrivant cette nuit-là devant ma porte, je découvris la demoiselle assise sur les marches du perron. Elle semblait être frigorifiée. Elle avait pleuré. Je m’en rendis compte à la rougeur de ses yeux. Je l'abordai avec toute la douceur que je pus exprimer. « Que se passe-t-il, Clotilde ? Ce n'est pas normal que tu sois toute seule dehors à l’heure qu’il est ? » — « Mes parents m'ont foutue à la porte. » Répondit-elle simplement.

Immédiatement, je sus que le moment tant attendu était venu. « Et que vas-tu faire ? » — « Je ne sais pas, je vais attendre ici le matin. » — « Ici ? Dans le froid ? » Je m'exclamai. «  Il n'en est pas question ! Viens plutôt chez moi. Tu y seras au chaud au moins. J'ai un divan où tu pourras te reposer. » Je terminai en me demandant à haute voix comment on avait pu l'abandonner là avec l’expression de la plus grande sincérité. Je la sentis hésiter, mais comme je n'étais pas un inconnu pour elle, depuis sa tendre enfance elle me voyait, elle finit par accepter. Je l'invitai à passer devant moi et jetai un rapide coup d'œil au-dehors. Personne sous la pluie glacée ne traînait et les fenêtres alentour étaient pour la plupart éteintes ou avaient les volets tirés. Nous montâmes l'escalier dans le noir. Je l'avais convaincu qu'il valait mieux qu'elle ne soit pas aperçue avec moi en prétextant que je ne souhaitais pas me faire des ennemis de ses parents. Elle admit mes arguments et se fia à moi.

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Dans l'appartement, j'allumai la lampe du salon. Là, je me rendis compte que la pauvre petite était trempée. J'allai dans l'armoire de ma chambre et ramenai un plaid. Elle n'avait pas bougé à mon retour. Elle était restée à l'endroit où je l'avais abandonnée, debout, tremblante, les muscles crispés. Je m’approchai lentement pour ne pas l’effaroucher et j'écartai ses bras qu'elle avait croisés sur sa poitrine. Puis je défis un à un les boutons de son manteau et le laissai glisser sur le sol. Alors je l'enveloppai de la couverture et je la pressai contre moi pour la réchauffer. Elle ne résista pas et se

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pelotonna. Elle me faisait l'effet d'une enfant, toute frêle, avec la tête à hauteur de mon sternum. Comme elle ne parvenait pas à retrouver un semblant de chaleur, je l'entraînai dans la salle de bain. Devant le miroir qui surmonte le lavabo, je la déshabillai complètement. À aucun moment, elle ne se révolta, au contraire, elle s'abandonna à mes soins avec complaisance.

Quand elle fut nue, je la fis asseoir dans la baignoire et l'aspergeai d'une eau chaude avant de la laver entièrement. Pendant que je m'astreignais à cette tâche, par intermittence, elle me regardait de ses yeux sombres. Des larmes limpides s'en écoulaient. Sa toilette terminée, je la séchai à l'aide d'une grande serviette en frottant vigoureusement la peau de son dos. Puis, je la pris dans mes bras et la portai jusque dans ma chambre. Doucement, je la déposai dans mon lit et tirai sur elle l'édredon. Elle me regarda étonnée de ces attentions et murmura un merci timide. Ensuite, rapidement, j'allai à mon tour me doucher. Elle ne dormait pas à mon retour. Elle paraissait m'attendre et elle ne manifesta aucune surprise quand je réapparus complètement nu. Non plus, lorsque sans un mot, je me glissai entre les draps avant de me coller tout contre elle.

Je lui fis l'amour avec toute ma tendresse, lentement, longuement et elle m'accueillit bouillonnante et toute humide avec un petit cri d'animal blessé. Cela dura des heures.

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Au matin, je me levai pour aller uriner et en revenant des toilettes, je ramassai un ruban de tissu qui s'était échappé de ses vêtements. Lorsque je fus auprès du lit, je détaillai un moment son dos aux courbures félines et sa chevelure lisse qui s'étalait sur le drap. Un instant, elle se retourna et m'observa. J'avais entre les mains la ceinture d'acrylique. « Je t'attends », semblaient me dire ses yeux tristes comme si elle avait deviné mes intentions, puis elle tourna la tête vers la fenêtre. Je me couchai derrière elle et après une brève hésitation, je glissai le ruban autour de son cou et serrai. Elle ne résista pas, ne lutta pas et accepta sa mort comme un don, une libération, reconnaissante que je me charge de faire ce qu'elle n'osait faire elle-même. Quand elle passa le pas, tout mon être fut saisi d'un frisson formidable, d'une extase éblouissante comme jamais plus j'en ai ressenti.

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Je regrette parfois de ne pas l'avoir connue plus tôt, avant que je ne me découvre cette appétence pour l'homicide. Sans doute aurions-nous pu vivre ensemble une existence heureuse à la façon dont le font les hommes et les femmes qui s'aiment et apprécient les bonheurs simples de la vie. Mais je pensais aussi, pour me consoler, que le cadeau que je lui avais fait était le plus grand qu'elle n’ait jamais reçu, un véritable présent d'amour.

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Quand l'émotion a disparu et qu'au sortir du sommeil on se retrouve couché près d'un cadavre, je peux vous dire qu'on ressent une curieuse impression. D'abord, je ne voulus pas admettre qu'elle était morte, mais en touchant la peau froide de son épaule, il fallut bien que je le reconnaisse : elle n'était plus.

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Se débarrasser d'un corps peut paraître aisé, mais ceux qui pensent ce genre de choses n'ont jamais été confrontés à la réalité d'une telle obligation. Ce que je fis tout d'abord fut de porter le cadavre encore souple jusque sur le tapis du salon. Là, je l'enveloppai de plusieurs couches de sac à poubelle que je scotchai avec du ruban adhésif. Une fois certain de l'imperméabilité de mon ouvrage, je décrochai le rideau de la fenêtre de ma chambre et l'utilisai pour confectionner une espèce de cocon que je ficelai avec des morceaux de fils électrique qui traînait dans mon débarras. Mon ouvrage achevé, je pris un bon petit-déjeuner et parti à la recherche d'un endroit discret où je pourrais abandonner la singulière momie que j'avais fabriquée.

Ce ne fut pas aisé. Les lieux propices à la dissimulation, faciles d'accès et peu fréquentés sont rares. Je n'avais pas entendu dire que le corps de ma première victime eut été découvert. À ma connaissance, seul un journal régional avait relaté l'étrange disparition et s'était interrogé sur la voiture délaissée, sans plus, mais rien ne signifiait que cela ne se fût pas produit. Aussi, je pensais que d'abandonner le nouveau cadavre au même endroit aurait été une mauvaise idée. J'orientai ma recherche vers la Seine et les nombreux petits lacs qui s’étalent le long de son cours dans la région. Je choisis un plan d'eau, sans courant que je connaissais bien pour avoir joué souvent sur ses bords étant enfant, et j'en préparai l'approche. À l'aide d'une pince coupante, je pratiquai une ouverture assez grande dans le grillage qui l'isolait pour me permettre de m'introduire

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