Contrepantourime
.
Leur silence d’alevin ne souffle aux cinémas que stupeur œil de pieuvre et garde la couleur s’il en céda le vin soustrait d’encre hier la preuve. Masques-tu peur œil de pieuvre quand vertical filon ce métal a fondu cependant tu l’absous trait d’encre hier la preuve par le maigre résidu. L’once métal a fondu retour en minerai d’un crépuscule d’ocre à l’horizon d’espar le maigre résidu mer ni vague médiocre. Rai d’un crépuscule d’ocre la nuit efface l’or son journal n’est bavard sauf d’abîmé steamer ni vague médiocre raz en sursis du hasard. Or son journal n’est bavard fors un grand fait divers laquelle ressemblance suspendue ondoiera zen sursis du hasard dé qu’un dithyrambe lance. Vers laquelle ressemblance la livide couleur silence d’alevin subterfuge codé qu’un dithyrambe lance leur sil en céda le vin.
.
Nicolas Graner est l’auteur d’une précédente hybridation pantoum et contrerime, laquelle révélait une ingénieuse trouvaille : il a repris les premiers hémistiches vers 2 et 4 d’une strophe N pour en faire les vers 1 et 3 de la strophe N + 1. Voilà comment adopter un schéma de rimes embrassées en pantoum sans se cantonner aux -ige & -oir de Baudelaire dans Harmonie du soir.
L’esquisse ci-dessus – premier jet qui risque révision à tout moment – n’innove pas quant au schéma de rimes, puisqu’elles sont croisées à la mode de Leconte de Lisle. La nouveauté réside ailleurs : pour accentuer le vertige rythmique inhérent à la contrerime, les vers 1 et 4 sont impairs = 7 syllabes, d’où un jeu d’homographies autour de la césure des alexandrins. Exemple :
retour en minerai / d’un crépuscule d’ocre = 12 rai d’un crépuscule d’ocre = 7
La règle en pantoum occidental veut que le dernier vers du poème répète le premier. Elle est ici doublée d’un enchaînement possible "da capo".
Post-scriptum – Nouvelle contrepantourime à rimes embrassées, en 8/12 celle-là, et selon le premier principe de Roubaud. Le dédicataire en serait Leconte de Lisle, visionnaire, précurseur de la contrerime et du pantoum en français.
Accommodons distinct standard, la forme fixe du pantoum depuis Banville avec la contrerime, un style qu’ourdit Paul-Jean Toulet ; misaine, vigie, art. La forme fixe du pantoum : cet entrecroisement rimé d’un double thème. Qu’ourdit Paul-Jean Toulet ? Misaine de l’isle que le mètre y compte au gré du zoom. Cet entrecroisement rimé de sons et de sujets séduit autant Leconte de Lisle que le mètre y compte des syllabes en moins pour prime, soulte, acmé... De sons et de sujets séduit, qu’on embrasse à la fois pantoum et contrerime, des syllabes en moins pour prime ; accommodons jumeaux le douze avec le huit.
Robert Rapilly, lundi 28 novembre 2016, à 18:17 [in Pantoums] 3 commentaires - aucun trackback