mardi 29 mai 2012

Tendre jumeau avorté, j'ai fait comme toi. Je me suis résignée. J'ai accepté. Et j'ai aimé.


...Même s'il m'arrive encore d'en pleurer.

dimanche 6 mai 2012

Double discours apolitique absurde asocial.

J'avais une idée. J'en ai toujours eu. Le problème n'est pas d'en avoir. Mais de s'en souvenir.

[La porte grince. Je commence à comprendre pourquoi les grincements des portes sont toujours présents dans les films et les livres. Ca traumatise tellement leurs auteurs que ces derniers se portent garants de contaminer le récepteur. Tout ça pour dire que ma porte grince et que je me fais auteur.]

Ils ont dit que j'étais un cadeau du ciel. Je me demande ce qu'ont les êtres humains à s'éprendre de leurs fardeaux. Tiens. Prométhée par exemple. On est d'accord que c'est un con fini ce titan. Mais ce qui est encore plus écrasant ce n'est pas sa connerie mais le fait qu'il serve à enjoliver les phrases où des gens se sacrifient pour les autres, colportent le savoir comme la peste en disant l'offrir gracieusement. Ne vient-on pas me dire après qu'un Prométhée ça jouit en bronzant sur une montagne à se faire sucer par un rossignol. Ils ont tous fini au bûcher ces érudits de mes deux. Ces bon saint maritain. Bien fait. L'homme n'a pas à être cru, ni à ce qu'on croit en lui. C'est d'une vanité ignoble de le faire. Ce serait se dire Dieu.

[Je détestais le fait que les portes avaient le droit de claquer avant. Non parce que je me pense juge des portes mais parce que moi je n'avais pas le droit de les claquer. Comme si cela changeait quelque chose. Que je le fasse ou qu'elles fassent d'elles mêmes. Il est vrai que toutes les fois où je l'ai fait c'était pour crier silencieusement "salope" à ma mère. Mais les grincements aussi c'est injurieux. C'est même très injurieux pour l'angoissée que je suis devenue aujourd'hui. Ce n'est pas un procès que je fais aux portes ou ma mère qui préférait me claquer moi. C'est juste qu'en claquer quelques une m'auraient peut être sauvé de l'angoisse.]

Je ne hais pas spécialement quelques un pour en apprécier d'autres. Je les aime tous les gens. Je les aime trop. Tellement... qu'il me faut toujours vingt mètres de distance quand un homo sapiens est aux alentours. Cette phrase a l'air de puer l'ironie. Que l'on se détrompe c'est juste pour le style. Les gens sont ma plus violente histoire d'amour. Ce sont eux qui m'ont tout ôté. Ce sont eux qui ont tout tâché, gâché, réprimé. Ils s'en acquittent tous. C'est cela le drame peut être. Ou le bonheur. Je ne sais pas. Mais je tiens à la bonne mémoire. Je tiens aux faits inébranlables et à la préservation de l'histoire. Eux? Non. L'histoire, ils en ont honte. La preuve, ils la réinventent depuis des lustres. Une seule bible pour des éditions de toutes formes et pour tous les goûts. Et s'il y a bien une chose pour laquelle je les haïrai jusqu'au seuil de ma tombe, c'est bien la cloison qui me tient à l'écart de celui que j'ai renié pour eux: Dieu.

[L'appel à la prière a une particularité. Il fait taire les pieux et la nature. La psalmodie s'arrête, le vent reprend du service. La télé elle gueule toujours. Et la porte re-grince. Décidément. La voisine au dessus fait sa marche digestive du soir. Trois petits tours à la salle à manger sur des talons bien hauts. Elle digère. Je m'allume une clope à défaut de crier.]

Entre Dieu et moi, il n'y a jamais rien eu. Je me suis résolue à m'accepter commune entre le commun des mortels. Je me suis crue sorcière à 12 piges et sainte à 20. Quelque part, je m'égare toujours entre le sein et le saint. Mais on me trouve pure. Moi je trouve que c'est ce qu'il y a de pire quand on est un homme parmi des hommes. Ma dite pureté est illusionnée par des êtres humains que je tolère. Voire dont j'apprécie la présence. Je ne sais pas s'il y a un lien entre leur illusion que j'alimente sournoisement et leur présence dans mon quotidien. Si c'est le cas, ce serait horrible. Ils aurait eu raison. Je ne sais pas, j'ai eu beau formuler des pourquoi, on répondait à cette grande question du "distillé" par de belles phrases très vagues qui ne me flattaient nullement.
Parce qu'au fond, je savais qu'à Lui on ne la fait pas. Que lui sait qui je suis. Et que de tous ceux qui se plaisent à dire qu'ils me connaissent, Lui seul a dessiné mon être. Lui, par contre, je lui voue un amour tout autre, de ceux qui ne sont régis ni par le bien ni par le mal. Cet amour est juste entaché par ma peur. Ma peur de ce qu'Il voit en moi. Sa perception de ce ce que je déteste en moi : mon signe d'appartenance à leur genre, l'ultime,mon humanité.

[La porte est ouverte. La voisine a fini son jogging. J'ai simulé un rire. J'ai feint le bonheur devant ma famille. Puis je suis retournée de là où je viens, les mots. Parce que s'il y a bien une chose qui puisse caractériser mon angoisse c'est que devant la virulence des mots les portes s'ouvrent.]