vendredi 23 mars 2012

محمود درويش - عابرون في كلام عابر






ايها المارون بين الكلمات العابرة
احملوا أسمائكم وانصرفوا
وأسحبوا ساعاتكم من وقتنا ،و أنصرفوا
وخذوا ما شئتم من زرقة البحر و رمل الذاكرة
و خذوا ما شئتم من صور،كي تعرفوا
انكم لن تعرفوا
كيف يبني حجر من ارضنا سقف السماء
ايها المارون بين الكلمات العابرة
منكم السيف - ومنا دمنا
منكم الفولاذ والنار- ومنا لحمنا
منكم دبابة اخرى- ومنا حجر
منكم قنبلة الغاز - ومنا المطر
وعلينا ما عليكم من سماء وهواء
فخذوا حصتكم من دمنا وانصرفوا
وادخلوا حفل عشاء راقص..و انصرفوا
وعلينا ،نحن، ان نحرس ورد الشهداء
و علينا ،نحن، ان نحيا كما نحن نشاء
ايها المارون بين الكلمات العابرة
كالغبار المر مروا اينما شئتم ولكن
لا تمروا بيننا كالحشرات الطائرة
فلنا في ارضنا ما نعمل
و لنا قمح نربيه و نسقيه ندى اجسادنا
و لنا ما ليس يرضيكم هنا
حجر.. او خجل
فخذوا الماضي،اذا شئتم الى سوق التحف
و اعيدوا الهيكل العظمي للهدهد، ان شئتم
على صحن خزف
لنا ما ليس يرضيكم ،لنا المستقبل ولنا في ارضنا ما نعمل
ايها المارون بين الكلمات العابره
كدسوا اوهامكم في حفرة مهجورة ، وانصرفوا
واعيدوا عقرب الوقت الى شرعية العجل المقدس
او الى توقيت موسيقى مسدس
فلنا ما ليس يرضيكم هنا ، فانصرفوا
ولنا ما ليس فيكم : وطن ينزف و شعبا ينزف
وطنا يصلح للنسيان او للذاكرة
ايها المارون بين الكلمات العابرة
آن ان تنصرفوا
وتقيموا اينما شئتم ولكن لا تقيموا بيننا
آن ان تنصرفوا
ولتموتوا اينما شئتم ولكن لا تموتو بيننا
فلنا في ارضنا مانعمل
ولنا الماضي هنا
ولنا صوت الحياة الاول
ولنا الحاضر،والحاضر ، والمستقبل
ولنا الدنيا هنا...و الاخرة
فاخرجوا من ارضنا
من برنا ..من بحرنا
من قمحنا ..من ملحنا ..من جرحنا
من كل شيء،واخرجوا
من مفردات الذاكرة
ايها المارون بين الكلمات العابرة

LeDerviche

mardi 20 mars 2012

"Il a vraiment fait beau aujourd'hui."
J'ai tâtonné dans le noir d'une matinée éblouissante pour trouver ce maudit téléphone, écrire ce message et me rendormir sous le poids d'un mensonge auquel je n'ai pu croire. Le passé est composé, mon passé me compose et la matinée fut belle pour qu'il ne soit que simple. Quatre heures pour me décider à me réveiller. J'ai toujours été tardive, il  m'a fallut des années pour m'avouer les vérités les plus élémentaires, rien que parce qu'elles étaient aussi dérangeantes que ce réveil sans raison. A quoi bon se réveiller? Pleurer la sécheresse d'un pays antérieurement aride? Ni mes larmes ni la pluie n'abreuveront la soif de ma terre. Me réveiller? Moi l'exilé dans sa propre antre, pour ne rien faire d'autre que se pavaner comme un roi alors qu'on est le plus bas des esclaves?
Ni la vérité ni les mensonges ne changeront rien aux couleurs rouges des chaînes. Me réveiller? Avec tous ces regards inquiets, las, afflictifs. Avec l'odeur putride de la mort qui réveille les enfants en cris, et qui sermonne les vieux en sursis? Je n'ai plus les louanges des forts, ni la force des satyres railleurs. Me réveiller? Pourquoi le ferais-je ? Voilà, je le fais. Ma grand-mère me parle de son frère mort il y a trois semaines, elle ne verra jamais mes pleurs. Elle ne voit que le réconfort de mon sourire pieux. Un mort, un autre hier, hante facebook. Ici, le sang se lave et sèche très vite. Un autre à qui on a volé la vie au nom de celle de l'absolu. Les abrutis se pensent invincibles, les couards se croient super héros. Cela me fait amèrement sourire, que leur seul juge sera celui dont ils clament la protection. Mon chat, mon chat moche, oui, même parmi les bêtes, j'en choisis les plus excentriques, mon vilain canard vient s'affaler à mes côtés. Son air hautain se confond avec ma tristesse enjolivée de ce matin. Il a le visage tissé de cicatrices. Je lui cris dessus en larmes: " Pourquoi tu te fais ça ducon?". Le chat somnole, daigne lever le regard pour me rappeler ma bêtise et mes médicaments boycottés.
Je me retiens de me lancer dans un las monologue avec cette bête, je pourrais lui en vouloir de ne pas répondre. Il se taille, en baillant, me laisse avec tous mes deuils, tous mes amours envolés, toutes mes fausses promesses et toutes mes désillusions. A tort (ou pas), je dédie ce texte au plus humain de ceux qui m'entourent, Mehrez, le chat moche.

lundi 19 mars 2012

Incohérence et confession expérimentale

J'ai toujours l'idée de commencer mes phrases par des groupes nominaux. Ce qui est à l'évidence une preuve d'une certaine incohérence, devenue évidente mais vivable. Je m'en souhaiterais pourtant une pour écrire ce bouquin dont je rêve depuis assez longtemps.Je me la souhaiterais pour avoir une paperasse qui prouverait à une société modelée par les papiers cul, que je suis un cul valable. Même si ce n'est que pour qu'il soit mis sur une chaise, devant un écran. Je me la souhaiterais pour être dans les rangs des amoureuses bien foutues, bien pensantes, bien aimantes, moins torturées, moins torturantes. La cohérence ce n'est pas la méthodologie d'un essai pointé d'un 8 sur 20 en philosophie. Ou une animosité suffisante pour finir un texte littérairement léthargique de quelques lignes présomptueuses. La cohérence est ce qui manque à ma vie. Se réveiller tous les matins dans les mêmes lits. Non que je collectionne les amants. Je manque seulement de cohérence. Je commence toujours des trucs que j'oublie de finir. J'ai une fois commencé à être indépendante. J'ai oublié que ça ne consistait pas à quitter le bercail. J'ai aussi commencé le communisme, refusé les cartes de crédit, les intérêts des banques. J'ai oublié que retirer mon argent de chez la poste ou ailleurs, ça ne change rien au fait que des millions de chômeurs nourrissent un système auquel j'ai oublié que je n'y ferai rien.J'ai commencé le fortuit, j'ai oublié Dieu et la miséricorde.J'ai commencé un tas de choses, des études, des jobs, des amours, des querelles, des deuils, des départs, des retours, des fins, heureuses, malheureuses, je n'ai rien achevé. Et dans cet inaccompli, inachevé, avorté, réside cette malfrat d'incohérence usurpatrice de tout ce que je pourrais à l'heure qu'il est, considérer comme une fierté ou une vengeance sur la vie. Et à vrai dire, ce n'est ni affaire de sens ni de bon vouloir, ni de toute la chimie dont mon corps se plaint. Il n'est question que du bon vouloir. Non, tout compte fait, il n'est question que du non sens des deux phrases qui ont suivi cette dernière. Enfin, précédé je veux dire.

jeudi 15 mars 2012

You know i'm no good: Confession d'une haineuse/amoureuse anonyme.

J'évitais de prendre de ses nouvelles, d'approcher son quartier et ses rares connaissances qui l'ont connu sobre et souriant! Mais un con a cru bien faire, sa mère! Je suis forte, forte, forte! Lui? Il a toujours été faible, pour moi et surtout sans! Ce fils de pute a bien choisis son moment pour faire un malaise! J'ai déjà du mal avec mes propres échecs, alors ses échecs à lui! Je déteste cette odeur de tabac-deuxième-main celle qui s'échappe des vêtements le lendemain! 
- Madame, vous restez ? Il va bientôt se réveiller. 
- Non, ne lui dites pas que je suis passée!

Nous nous sommes aimés, enjolivés, séduits ainsi. Dans le fuis-moi, je te suis. Et quand moi j'ai arrêté de suivre, y'a pas que sa bouteille qui m'ait prise mon fauteuil préféré. Mon bougre était un transis des salopes bon marché, moi j'avais été la plus coûteuse. J'avais la sale manie de poser mes bottines sur sa table à deux milles livres. Celle qui m'a suivi se parfume à la Ricci, et le dresse à coups de tailleurs Vogue. Je ne me sentais même plus à l'aise à faire le renifleur dans les friperies. Et dieu que mon amour pour les vieilles affaires lui en a coûté. Je m'étais mise à me trouver laide, repue, incongrue dans la dynastie de Ève, plus proche des couillons que des Blanche Neige. La dernière fois où je m'étais décidée à emboîter le pas et aller lui parler, il puait encore la désinvolture et la lâcheté. C'était encore reparti pour un "suis-moi". De toutes façons,j'étais trop chère.Quand il eut terminé avec sa fausse convalescence, il se mit en tête, le con, d'épouser sa pute.
Le jeu allait devenir chiant. Une femme mariée aussi jalouse que mal baisée ça ne m’intéressait guère. Des pensées horrifiantes avaient suivi cette nouvelle annoncée prestement par des amis vaillants. Mon compagnon de jeu, fervent consommateur des cigarettes puantes, m'abandonnait. Bordel, même ses échecs faisaient dans la superbe. Non seulement il s'en remet. Mais en plus de cet affront à notre amour joueur, il abandonne la partie, ne me laissant nul autre choix qu'un "Game Over. Nouvelle partie."
Dieu ne joue pas aux dés mais il a crée les pires joueurs. De vils renards et de mauvais perdants. Et le jeu ne fait que commencer. Je m'étais mise à vivre ses échecs et à croire à ses illusions. J'ai beau faire le couillon aux bottines usées, je reste femme. Assez femme pour creuser une tombe pour deux.
Je crois que j'ai battu un record, des beuveries bien réparties faisant office d'activités et une bonne vingtaine d'amants dépressifs aux trousses. En deux ans, je n'avais plus aucune nouvelle de lui, mais je continuais à creuser le gouffre pour les deux. Le mien devenait de plus en plus spacieux pour accueillir son corps mou d'homme en fuite. J'avais rencontré par un soir où je tenais à me réchauffer autrement que par le poêle, la personne qu'il me fallait. Friqué, naïf et n'ayant pas connu l'usure de l'amour. Je lui ai payé son service, en tâchant de bien remplacer le poêle. Il avait l'air joliment effrayé quand il m'avait vu défaillir inconsciente sur le parquet. Une autre aurait très vite trouvé toutes les raisons pour l'aimer celui là, une autre, pas moi.
Il se mit à chercher avec virulence et hâte n'importe quelle adresse ou numéro à appeler dans mon appartement. Et c'est là qu'il me rendit le service sans même le savoir.
"Monsieur A, vous ne me connaissez pas, c'est au sujet de L, elle vient de perdre connaissance, vous êtes le seul numéro que j'ai trouvé dans son appartement, qui que vous soyez, aidez moi s'il vous plaît. Je crois que c'est grave.Je ne sais que faire, je ne sais que faire."

-Monsieur, vous restez?
-Non, je repasserai demain.


Merci commentatrice/commentateur anonyme.