lundi 27 février 2012

Mort d'une veuve solitaire

Le tapage frénétique de ce texte sent l'humus à l'eau de rose ou de vie.
Il faut bien que l'on souffre dit-on. Il faut bien que l'on perde. Que l'on dise juste mat alors que ce n'est qu'échec.
Là sont les lourdes loi de tout jeu. Et des plus cruels, seul celui de la vie est le plus attrayant pour les hommes/âmes.
Cela ne nous ennuie guère de miser le tout pour un rien. Cela ne nous ennuie guère de nous essayer aux roulettes russes.
"Ne viens pas pleurnicher après" Disait souvent maman, tata et mamie.
Elles avaient raison. La déraison de l'adulte est la raison de l'enfant/joueur. Et inversement.
Je n'ai pas assez joué dans mon enfance. J'ai préféré le faire en grandissant. Des fois,je me surprenais à m'imaginer fuir le jour de mon mariage pour aller me prendre un bon café chaud, loin, devant l’éclaboussement d'une mer désinvolte.
Je me suis imaginée le retrouver lui. Dans un ailleurs, où il ne dirait pas non à un baiser que j'ai beau chassé depuis des années.
J'ai joué à faire d'un homme celui d'une vie. Le pointer d'un doigt et crier à tort, à travers, à remords : C'est lui! Mon amie en ce temps m'avait conseillé de retourner jouer avec mes poupées.
Bougre! Elles n'imaginait même pas ce que ça m'a demandé comme effort pour ne plus noyer Barbie dans ma baignoire.
Les jeux des adultes deviennent cependant différents au vu de leurs âges et de leurs dites expériences. Chacun son dada, dit-on. Moi je dis, tout le monde est un joueur d'échecs.
Et en choeur, j'ai vu des hommes scander tout haut : Mat! Mat! Mat.

Moi, j'ai fait dans le particulier.
Ma compagne a un moment m'a faite abandonner Ken.
Je ne m'en suis pas remise jusqu'à ce jour.
Mais ma tendre amie la faucheuse ne se contente pas de me voler mes êtres.
Elle rit de mes élans de possession d'être vaniteux, me snobe, en m’annonçant par certains soirs qu'elle ne saura tarder à en repêcher un le lendemain.
A mon réveil, je suis déjà amenée à me travestir de noir à un nouveau funérarium.
Cet homme que je viens de perdre ne m'était pas particulièrement cher. Les hommes bons, je n'y ai jamais été indifférente. Mais je n'ai pas non plus à le pleurer. Je cède le chagrin à sa veuve. Cette femme qu'il a laissé, aimé, choyé. N'ayant pas eu la félicité ou la malédiction d'enfanter, ils étaient deux gosses. Deux vieux gosses. Deux tendres amants.
Sa veille (le jour qui précède la mort d'un homme lui est complètement dédié), une douleur m'a déchiquetée.
Une vieille douleur. A laquelle je n'ai jamais cru. Affaire de bon sens. Quel goujat se prétendrait capable de prévoir la mort. Mais cette douleur là, je la connais. Elle a crié "Échec et Mat" à 6 heures du mat'. A bout de souffle, à bout de somnifères, je m'étais affalée sur mon lit de circonstance. Je me pensais assez forte pour ne pas me réveiller. Et j'aurais réellement aimé ne pas bailler 8 heures après en fumant ma première clope et en buvant ma caféine.

"F. réveille toi bordel! Il est 15h, il fait beau. Sors prendre l'air!"
"Le sommeil ou l'éveil, trouve moi une seule différence et je me lèverai de ce lit."
Leurs rires francs m'ont amenée rageuse à me réveiller.
Une heure a su donner raison à ma léthargie. M.N était mort.

Je suis une amnésique. Un déserteur. Une solitaire aigrie. Cela faisait plus de deux ans que je ne l'avais pas vu. Mais je me suis habituée.
Je ne me vois pas m'affilier à l'ange de la mort. Je ne me vois dans le prémonitoire des départs. Je ne me vois pas donner ma sensibilité hyperbolique, prétexte à ce pressentiment toujours incongru.
Mais  M.N est bien mort.
H.G aussi.
R.I
S.W
Et un voisin de pallier dont la mort m'a épargné juste le nom.
Et quelque chose me dit que devant l’échiquier de la vie, je serai toujours la plus abjecte des spectatrices.








Note: God works in mysterious ways.

dimanche 26 février 2012

Dieu, cette peine est incommensurable...Suis je la châtiée de la mort?

Rabbi yarhmik M.N.

vendredi 24 février 2012

Non, je ne tolère pas l'injustice. Au péril de mon souffle de vie.

jeudi 23 février 2012

Psi : la lettre grecque la plus incongrue dans l'alphabet.

Si l'on consent à signer le contrat de la vie, il faut dès lors accepter que TOUT se produit et que RIEN n'arrive.
J'avais eu l'idée farfelue d'attendre la mort il y a une semaine ou deux de ce moment où je transcris ma phrase actuelle. C'était bête je dois l'avouer. Odieux même. Et si je me révèle centenaire. Trois paquets de clopes et une grève de la faim n'y feront jamais rien. J'avais oublié qu'on peut même survivre aux suicides. Survivre à tout en fait, et mourir d'un rien. J'avais cependant continué ma scarification tordue pendant des jours et des jours. Je m'étais dite avec banalité que "sans lui, je n'avais aucun lieu d'être". Et que vivre était pénible, et bla et bla et re bla.
De toutes les saloperies de la vie, j'avais omis le plus particulier. La pathologie la revigorante des hommes, l'espoir. Qu'est ce qu'une connerie pareille est venue faire dans mon calendrier funèbre d'or et déjà tracé?
Je n'en sais rien à vrai dire. Je ne cherche pas à savoir. J'ai fini par m'habituer à l'amour de cet homme. Il m'a longtemps gardé en vie. Et ça n'allait s'arrêter de si tôt.
J'ai quand même gardé ma résignation à arrêter de manger. Et mon estomac, et mon potentiel ulcère me font même sourire en ce moment. Je sais que j'ai de forte chances de survivre. A tout. Sauf à son amour.
Et ça me flagelle. Et ma béatitude me flagelle. Et je reste là tel un pendu à me languir de ma corde et de mon inertie.
Je ne donne pas de leçons. Je n'en reçois pas. Cela fait aussi un bon bout de temps que je déserte l'école.
Au fond, qu'est ce que je fous ces temps si j'ai arrêté d'attendre la mort? Je m'extasie devant l'ironie du destin.
Les sarcastiques m'ont longtemps plu. Hommes, femmes. Alors que dire de l'ironie du ciel.
Il y a quatre ans, un médecin m'a demandé si je voyais des lumières bleues. Naïve, j'ai répondu "Oui,souvent". Diagnostic? Schizophrénie. Aujourd'hui, ça me fait rire. Je voudrais revoir le médecin. Lui conseiller Avatar le film. En 3D. C'est magnifique le 3D. Mais pas plus magnifique que de lui balancer mon diagnostic actuel.
Diagnostic? Etre humain.
Aujourd'hui, il faut se garder de me parler psychanalyse. J'en ai reçue des claques. J'en ai connu des divans et des lits. Je ris à l'idée qu'ils ont cherché à déraciner l'amour avec des piqûres qui coûtent la peau des fesses, au sens littéral et figuratif.
Je ris aussi en repensant à ce vieux bouffon qui avait une cassette des Floyd dans son bureau, juste pour amadouer les ados en ébullition.
J'en ai vu de toutes les couleurs. Surtout du bleu. Rire amer.
Merci pour ce 23.

Reflexion IX

Un fétichiste des détails, qui de plus croit aux signes, est décidément mal barré.

mercredi 22 février 2012

Mais tu es seule!
...Non, je commence juste à préférer les lumières tamisées aux lumières aveuglantes, la cécité véritable est de ne rien ressentir. Ma solitude est mon ultime refuge. Lorsque le fait qu'un bouquin puisse être une meilleure compagnie qu'un être humain te semblera évidence, tu pourras peut être me comprendre. Et ne t'avoues jamais con à me trouver incohérente ou au contraire bien pensant. Évite cependant les jugements de valeur quand mes semelles te sont trop grandes ou trop petites.
Les gens sont tout le temps effrayés. Comment peux-tu me reprocher mon stoïcisme primaire? Je ne sais pas mentir, j'ai fini par abdiquer les masques de clown. Je ne suis là ni pour faire rire, ni pour alimenter la pitié. Les cadavres que je vois m'ont faite détester la médecine légale. Je pourrais y prendre goût et vouloir la mort. A constater leurs cris stridents et leur obsession de se vanter d'avoir une vie, je me surprends à penser que les pôles s'inversent. Et que la vie n'est que la mort en fait. Pourquoi alors pratiquer la médecine légale, quand je me fais médecin légiste rien qu'en étant entourée d'eux?
Non, non, je ne suis pas obscène au point de leur porter une haine quelconque. I, a un jour dit que la misanthropie est l'amour inconditionnel pour l'homme. Et quand on aime l'humain comme je l'aime, on ne fait que l'éviter. I, avait raison. Mais I. a peut être mal compris Bukowski ou m'a mal comprise. Je ne sais pas. Je l'évite.
Je ne suis pas une morgue, une chambre à gaz peut être, mais pas une morgue. Et les plus hardis me connaissent parce qu'ils ont appris à respirer. Parce qu'ils savent que fumer c'est respirer. Enfin,je ne sais pas. Pour eux et pour moi, c'est ainsi.
Ne me pense ni différente, ni marginale, et n'ose même pas faire de moi un cliché.
Ma vie n'est pas une oeuvre. Je suis de passage et je l'accepte. Blâme mes lectures mais pas moi. Enfin, au fond, blâme moi, je n'en ai rien à secouer.

Tu parles trop.

Tu m'as pensé seule. Alors continue dans ton acheminement. Essaie les bougies mon ami. Essaie les ténèbres. Essaie le froid. Essaie la faim. Essaie la chasteté. Essaye tout ce que la vie peut prétendre immaculé. Puis réfléchis à tous leurs antipodes. Le contraste effrayant des choses est l'ultime vérité.
La seule prise de conscience (que je te souhaite) est dans un tube d'acrylique noir balancé sur une grande feuille blanche.

Tu es dangereuse parce que tu es convaincante.

Je le suis peut être, mais il est vrai que l'on préfère les flingues aux mots tranchants.
Le trafic des armes est illégal, abjecte surtout. Il ne sert qu'à faire taire le trafic présomptueux des grands mots. Je préfère sincèrement qu'on me tire dessus. Je serai surement un macchabée souriant. Imagine, à ne rien trouver à rétorquer, on m'offre le salut de la mort. Pardon, de la vie d'après.

mardi 21 février 2012

Quand une porte se ferme, une autre s'ouvre.

Le jour où tout a changé.

Laissezmoicreverdignement

Tu veux que je t'avoue un truc? Je prépare un sale coup. Hein? Depuis quand? A en croire la famille, depuis ma naissance. Un enfant qui préfère les arbres aux dessins animés, c'est effrayant. Il paraît qu'ils ont pris des précautions. Moi aussi, d'ailleurs. A toi je te l'avoue. Je suis devenue intelligente avec le temps. Oui vas pas croire à ces sornettes de classification et de quotient, l'intelligence s'acquiert. Sauf pour pour de rares cas. Et ils ne s'en plaindront jamais. Seuls ceux qui croient à la connerie individualiste se crèveront l'oeil. Pourtant il est évident qu'elle n'est qu'universelle. Oui, l'homme universel existe et il est bête. Sinon, divisés en petites particules d'êtres, nous sommes tous intelligents, si nous le souhaitons. Cela va de soit. Ma paresse à moi a contaminé tout hormis mes élasticités neuronales. Passons. Avec le temps, j'ai compris que ce n'était forcément une bonne idée de faire l'érudit. A force, ayant choisi la paresse, beaucoup m'ont pensé folle. Et cela a accru mon besoin de me faire plus intelligente. Mon sale coup? Avoue que tu en crèves de ta sale curiosité. Bon, bon, t'as raison. J'arrête avec ces grands airs. C'est la boisson. Je ne suis pas habituée à la liqueur les soirs de départ. Alors mon coup mon cher ami? Tu vas te marrer. Le diable s'avère vertueux. Oui je cherche à redéfinir le bien et le mal. Non, pas avec un clip à la "born to die". Ni avec des mots dégueulasses. Ni avec des plans tordus. Non. Bien plus que ça. Je veux leur prouver que seule la différence compte dans un monde transformé en enclos. Vivre une vie qui aura un sens, une portée, qui ramènera mes gosses (que dieu me préserve de la maternité ceci dit en passant!) de l'égarement à la droiture qu'ils auront choisit. Je cherche à prouver que les ratures sont les lignes de la vraie réussite. Celle d'avoir dignement vécu sa vie. Non, pas le tralala du genre "la vie est courte, profitons en". Non, bien plus. La vie est cette éternité que l'on pourrait se voir voler à chaque moment pour se voir flanqué une autre. Qu'ils comprennent ces bougres que tout leur sera repris, et que tout leur sera donné. Qu'ils sachent que donner n'a jamais eu de connotation méliorative dans un monde pareil. Qu'ils croient à l'amour, bon sang!! A voir les livres de Musso (un papier à moucher en forme de livre) s'envoler comme des petits pains, on les penserait vraiment vivants, aimants, tragiques. Le drame mon ami c'est que la seule tragédie qu'ils vivront sera leur petite mort minable. Et encore! Certains voient le tragique dans le néant qui suit l'existence. Mon dieu, j'ai beau être ivre, je suis plus clairvoyante que trente six milles de leurs minables fakirs. Ils se pensent invincibles, les surhommes de Nietzsche. Nietzsche a bien fait de mourir. Sa mort a été sa plus belle oeuvre. Tu imagines le dernier des hommes se prétendre surhomme du vivant de Nietzsche. Un philosophe perd toute crédibilité quand il se suicide. Bordel, ne voient ils pas ce qui les entoure? Ce ciel, ces sept mers, ce cosmos. Non, non mon ami, ils préfèrent la télévision. Le romanesque qui leur échappe. Le tragique bon marché. La foi hypocrite. Ou l'athéisme marchand. A ce moment précis, je considère mon intelligence comme la suprématie de ce que j'ai acquis de mon vivant. Sais tu pourquoi camarade? Parce qu'elle me permet de les supporter en attendant de leur vomir ma mort, en ayant vécu dignement.

A la hache cette fois.

Non, je ne suis pas censé correspondre à tes étiquettes. Placarde les comme enseigne. D'un bâtiment ou un commerce qui te filera de quoi te payer des cours en anatomie pour commencer et quelques essais philosophiques pour finir. Ça te fera peut être prendre conscience que je suis un être humain. Et que si ma complexité transcende tes préjugés, là il te faudra peut être revoir le fonctionnement neuronal. La lobotomie n'est plus chirurgicale, très cher. Depuis le temps, on la pratique même dans les grandes surfaces. Pas besoin de t'entendre confondre Diogène avec hygiène pour te savoir foutu.

The fall of Adam

Se sent fier comme un coq d'avoir chassé d'un café une limace qui a trop peur des pulsions inopinées de son tendre et très cher amant ou plus devrais-je dire sa tendre mastercard. Tout de même, tant qu'il casque pour la coiffeuse et les talons aiguilles, qu'il s'offre des clins d'oeil furtifs à la jupe fleurie du coq.

Reflexions d'une insomniaque d'humeur excécrable.

samedi 18 février 2012

lundi 13 février 2012

Fichtre, vas t'en..
Fuis...
Tu n'y pourras pas rien..
L'admissible est mon bûcher...
La sorcière brûle... La foule applaudit...
Pars...
Epargne-toi le ridicule du spectacle...
Tu n'y es pas pour grand chose...
Si aujourd'hui, je ne puis grand chose...
Si aujourd'hui,je ne suis plus grand chose...
Tu n'y pourras rien...
La course vers la chaise a commencé...
Dieu seul saura me faire asseoir...
Loin de toi...
Lui seul saura déraciner mon mal, et toutes ses épines..
Toi...
Poursuis ce qu'on aurait pu vivre...
Loin...
Tout est mal quand mes pas piétinent un sentier..
Déroge-toi...
Continue l'évasion...
Un prisonnier devait s'évader, un autre devait payer...
Des deux, tu es l'innocenté..
Des deux, tu es celui qui court le plus vite...
Vite...
Avant que mes démons ne te rattrapent...
Vite, avant que ma douleur ne te pourchasse...
Vite, pour que je meurs d'amour...
Vite, que je puisse voir le purgatoire...

Un nombre maudit

Vingt trois échecs à coeur ouvert... Ça use, ça use, ça use l'être...
Vingt trois descentes aux enfers... Ça use, ça use, ça use la volonté...
Vingt trois tentatives avec mains mutilées... Ça use, ça use, ça use l’espérance...
Vingt trois amours à tendance apathique... Ça use, ça use, ça use tout...Hormis ton souvenir.


Vingt trois vies depuis un vingt trois à attendre une mort, vingt trois vies désormais à s'impatienter pour le salut d'une martyre de l'amour.



A Vingt Trois tout commence, à Vingt trois tout s'arrête.

dimanche 12 février 2012

I won't kill her... I'll just let her ruin everything. Death won't be as late as you.

samedi 11 février 2012

Lettre à une bouteille, lettre dans une bouteille.

"Vous êtes égoïste... égoïste... égoïste...Vous êtes une égoïste doublée d'une Narcisse...Vous l'êtes ...[Vous ne mesurez pas tout le mal que l'amour que vous portez peut faire]...parce que vous cherchez à ranimer la douleur de quelqu'un qui cherche à vivre, à dépasser et à aller mieux."

Les mots résonnent encore dans ma tête, trois jours, deux, quatre, je ne sais plus. En fait, ça résonne, et puis c'est tout.
Trois (disons trois, "blame it on chemistry" ) jours que je dors en hurlant, que je dors à peine, que je dors debout et que ça résonne.

[Clic Clac Clic Clac...La prison s'ouvre et le détenu n'ose pas sortir.
 Il n'y croit pas. Il croit plus aux farceurs qu'à la liberté.
Clic Clac Clic Clac...La vie s'offre et la mourante n'ose plus respirer.
Clic Clac Clic Clac... Le mendiant tient dix dinars dans sa main.
Mais il continue à croire que son bienfaiteur est un mirage.]

Trois jours que je ris souvent, que je pleure dans le trop, que je fais tout pour oublier ces traîtres mots.

"Égoïste Narcisse.
Oeudipe? Ça passe, Electre? Aussi.
Mais Narcisse rabbék?
L'amour est égoïste monsieur?
Avoir la mémoire vive, comme une écorchure qui ne se ferme pas, est ce là l’égoïsme de l'amour?
Savoir qu'un être quelque part au loin vous a un jour offert la vie, vivre avec la douleur d'avoir souillé la sienne, ne pas avoir le droit à la rédemption? Mais monsieur le thérapeute, je vais réellement finir par croire que vous ne faites que pactiser avec le diable pharmaceutique. Ou bien que vous êtes tout bonnement con.
Ou bien que vous n'avez jamais réellement aimé.Ou bien...Que vous avez raison.

Monsieur le thérapeute, par amour, je pourrais tout faire.
Monsieur le thérapeute, j'aurais aimé vous demander comment faire pour vivre maintenant.
Monsieur le thérapeute, tâchez de bien vous en souvenir, si pour qu'il vive, je dois brûler à petit feu, alors soit.Mais...
Monsieur le thérapeute, je suis aussi un être voué à un amour sans attribut. Et,je n'y peux rien..
Monsieur le thérapeute, j'attendrai un homme qui ne reviendra plus jamais. Peut être..
Monsieur le thérapeute, ma douleur sera mon salut tant promis. Mais...
Monsieur le thérapeute, ayez conscience que peu de gens se risquent à vivre ainsi. Et prenez conscience..
Monsieur le thérapeute, vous n'en croiserez plus des femmes qui voueront leurs vies à un mirage.
Monsieur le thérapeute, Narcisse vous le promet, promet, promet.
Monsieur le thérapeute, il se pourrait que je sois la nymphe de ce Narcisse.
Monsieur le thérapeute, il se pourrait aussi que je sois cette nymphe et ce Narcisse à la fois.

Monsieur le thérapeute, je n'ai plus grand chose à vous dire. Nous avons tous un destin qui nous échappe. La cruauté du mien n'est pas dans ses faits. Elle n'est que ma conscience de ce destin.
Monsieur le thérapeute, puisqu'il en est ainsi, je peux prétendre que vous venez de palier le mal d'une jeune femme qui n'a nul autre choix que se faire veuve noire.
Monsieur le thérapeute, priez pour que les erreurs professionnelles ne fassent pas partie de votre dû divin."

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Monsieur le thérapeute avait un livre qui me fascinait sur son grand bureau majestueux. "Spinoza avait raison", mais monsieur le thérapeute a peut être pu aussi bien comprendre que mon Conatus est mon amour pour toi.


11/02/2012 : Love kills.

mardi 7 février 2012

La brasserie du coin m'a refusée ce matin.
Un ivrogne ça passe quand ça a de quoi payer sa beuverie.
Et même que ça passe quand c'est un homme.
Les salauds n'ont même pas vu que j'avais passé la porte, sanglots étouffés.
Les salauds ont dit qu'une peine,un chagrin et tout le mal du monde ne suffisaient pas pour faire d'une jolie femme comme moi une piètre poivrote.
Je leur ai claqué la porte de leur machisme au visage, m'en allant avec mes petits sous, me chercher caféine, quelque part loin de l'outrance des mâles.
"Arrête de faire ta Sand." Me répétais-je sur mon chemin d'humiliée. La déraison de l'alcool m'habite depuis un bon bout de temps, chlinguer le café ça pourrait me changer. J’emboîte l'antre du sevrage résigné. Ce coin, ce coin, ce coin, j'y courrai presque. Quand on a passé plus de six ans à boire comme un trou, on n'a plus vraiment toute sa tête. Ma tête je ne l'avais pas vraiment quand je me mis à courir vers cette table, que je m'assis dans un effroyable fracas, et que je chercha avec virulence ma tabatière.
Mon psy m'a longtemps reprochée cet appétit des entrées en trombe. En fait, mon inconscient ce jour là ne s'est pas juste contenté de me foutre la honte. J'avais, sans le savoir, fait irruption dans la vie d'un étranger.

"Ce n'est parce que tu ne me voyais pas que je n'existais pas." Longtemps m'avait-il dit sur un ton de reproche doux.

Mais longtemps après, ma vie continuait à suivre sa course haletante de débauches alcoolisées et solitaires.
Longtemps après, il continuait à ne pas (plus?) exister, pour moi.
Jusqu'à ce qu'un jour, je me retrouvas dans mon lit avec pour seul souvenir une soirée beaucoup trop arrosée, finalisée par la cerise d'une énième humiliation.
En premier lieu, mon réflexe fut de tendre la main vers l'autre côté du lit.
Puis de tâtonner mon slip.
Finalement je me souleva, comme une vieille peau de cent kilos, alors que j'ai la carcasse d'une hirondelle.
Sur la table de mes vieux livres qui ne servent plus que de sous tasse à mes bouteilles bon marché, une lettre.
Quatre petits mots :" Tu ne changeras jamais."
Une écriture à reconnaître entre milles autres.
Les mains de celui qui m'a traîné sans le vouloir dans ma première beuverie.
Les mains de celui qui m'a offerte le plus merdeux des adieux.
Les mains de cet homme qui a faite de moi un ivrogne d'un port méconnu d'Amsterdam.
Les mains de celui qui ridiculisait Brel en chantonnant "ne me quittes pas" à celle qu'il finira par quitter.
Ces mains qui sont revenues pour repartir.
Ces mains qui ont gardé la tare de la moralisation, quand monsieur prêche dans un bordel.
Ces mains qui m'ont ramassé quand maintes fois elles n'avaient fait que lâcher les miennes.

Je prends ma dernière bouteille d'absinthe et je la fais volter loin contre un mur. Je regarde mes économies voler en éclats.
"Connard, on verra ce que tu feras quand je me mettrais à la dope."
Et je souris. 

lundi 6 février 2012


Toutes ces personnes en haut de l'échelle sociale comment font-elles pour ne pas avoir le vertige?
Pourquoi l'ai-je eu ce haut le coeur qui m'a faite balancer dans les tréfonds de l'échec inavoué?
Suffira-t-il à chaque fois que l'on tombe, que l'on blâme les normes et les systèmes pour ses écorchures?
Combien de temps faut-il rester là à épier les triomphes des autres et se languir des peaux de bananes laissés par ceux qui courent plus vite?
A vrai dire, il n'y a pas pire que l'envie.
Mais même pour me prétendre envieuse, je n'y arrive pas.
Il m'est arrivé de compter les jours où je ne faisais que fixer le toit d'une chambre, et de tomber tête première dans les supplices d'un "à quoi je sers moi?".
Ils disent unanimement que ma réalité n'est pas la leur et que je suis de ces vaniteux qui pensent pouvoir vivre dans leurs têtes.
A vrai dire, ce n'est faute d'avoir essayé, mais lorsque je l'ai su, je n'ai simplement pas eu peur de m'avouer que cette réalité n'est pas mienne.
Le drame, c'est que pieds, mains et corps sont enchaînés parmi eux, et que l'on demande de payer les taxes de cet espace que je prends dans leur monde.
Ils auraient bien sur aimé me surtaxer, pour fraude à la réalité. Mais mon drame c'est que le fisc de la vie, je lui échappe toujours.

samedi 4 février 2012

Reflexion X

Notre drame? L'amour.Notre félicité? L'amour.Que vient faire la vie là-dedans?

My funny valentine

T'sais, je l'ai bien sentie ta main, là sous cette table, dans cet écart qui nous sépare, à me chercher, à vouloir converser avec la froideur de mes doigts "massacrés".
T'sais, que t'es beau, que rien que pa'ce que t'es beau, ta main a frôlé la mienne pour un instant, puis sentant mes doigts massacrés, a fuit, fuit, fuit en partant en chercher une autre à consoler.
T'sais, sous une aut' table, il t'aurait suffit de tendre le pied pour lui faire du pied, à celle que tu aurais choisi.
T'sais, ce soir, t'es là à regarder mon décolleté railleur, sous ce chemisier fleuri, fleuri, fleuri, au vu et au su des faucons, au dehors, qui ne tarderont pas à nous pourchasser.
T'sais que t'es beau à me dire que ma beauté est l'agencement de cette soirée improvisée. Aussi improvisée que l'est notre histoire.
T'sais que j'en chiale là, quand je me rends compte qu'il y a trois heures tu as demandé un petit diable en mariage.
T'sais qu'on me l'a vraiment jamais faite celle là.
T'sais que t'es beau, beau, beau.
T'sais que quelque part au loin, une part de ma vie m'échappe toujours, me fuit toujours.
Et que ce soir, cette "autre vie", je ne me vois plus l'épouser.
Et t'sais que ça me fait peur que cette "vie","vie","vie" me rattrape encore et toujours.
T'sais, et oh que tu le sais, que ce n'est pas parce que le petit diable radote des blagues à la "Titeuf" que ce n'est pas au fond qu'une dangereuse veuve noire, qui émousserait ton corps jusqu'à ce qu'mort/amour s'en suive.
T'sais que ta tête d'ange est tout mon déchirement. Que ton sourire est le plus majestueux de mes tourments. T'sais que tes mots, ta bouche, tes mains, ton sexe sont tout le sens de ma mélancolie.
T'sais qu'à mon âge, on n'oublie pas, on n'oublie pas, on est trop jeune pour ça.
T'sais qu'à revoir ma vie, je me refuserais de te revoir un jour encore.
T'sais que t'embrasser est un tort. Quand des années durant, je me suis dite que le meilleur poison est le goût suave d'un mâl(e) étrange.
T'sais que je risque...je risque...je risque...de ne jamais arrêter de t'aimer?
T'sais que je n'arrive pas à croire que j'y crois encore?
T'sais que j'ai aimé, avant toi.
T'sais que j'aime, au moment même où je t'aime toi.
T'sais, avant je/il commençais par je t'aime,finissait par mourir.
T'sais,t'sais,t'sais que je suis calée en ortho et surtout à lire mes Bescherelle.
T'sais que j'aime les aurores.
T'sais qu'une aurore c'est beau. T'sais que c'est sauvage. T'sais que quand le ciel en antarctique est ivre de chagrin, il s'empourpre. Et t'sais, t'sais,t'sais, seul ce ciel est mon monastère.
T'sais, on m'a dit "Zahir" un jour, Zahir toujours.
T'sais je d'teste Coelho. T'sais que, moi, j'aime Mishima.
Mais Mishima a abandonné. Mais Mishima est parti.
Moi? Je suis revenue.
Et t'sais que les revenants ont des charges à payer. Dans cette vie et celle d'après.
Et même que t'sais, que seul (toi?) comprendra.
Ou pas.

Et que..
Que...
Que...


T'sais, je suis qu'un(e) sale (gentille) gar(ce)s moi.

vendredi 3 février 2012

Vouloir la vie quand on est à la pointe de la (technologie?) agonie

La terre met trois cent soixante cinq jours à faire un seul tour.
Elle ne doit jamais se poser mes questions pour mettre autant de temps.
Si j'étais un astre portant un aussi grand nombre d'imbéciles et de vauriens, je me ferais manège, pour qu'ils crèvent dans la gerbe de leurs tournis.
Je me débarrasserais, vite fait bien fait, de ce nombre spectaculaire, d'anus sans grande prétention et d'utérus en contrefaçon.
En bouillie, ils auraient l'air bien beau mes enfants avec mes nausées d'éternelle mère porteuse.
Et maman, un jour, explosera telle une grenouille beaucoup trop chaudasse, emportant des êtres qui ne se regretteront même pas, s'ils avaient eu le luxe de s'agenouiller devant leurs propres sépultures, un de ces infâmes jours, de deuils hypocrites.
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"29 janvier 1979 : la fusillade de Cleveland Elementary SchoolSan DiegoCalifornieBrenda Ann Spencer tue le concierge et le directeur de cette école. Durant les négociations, elle déclare ne pas aimer les lundis."

J'ai l'air con, l'air d'un gars pré-pubère, au visage nauséabond, au corps étripant un miroir de dégoût, et une rage qu'aucun psychotrope ne saurait tarir.

L'air con d'une violée, voilée par la douleur transformée en nymphomanie. Bercée par des rêves de vengeance où elle découperait la bite d'un homme enchaîné à un lit sans nom sans maison, sans mots doux, sans trop parler, en susurrant un "castré, pauv' con,castré,je te verrais bien recommencer avec ce que tu as maintenant entre les jambes" avant de claquer la porte et laisser un violeur violé sur le lit de l'agonie de la castration.

J'ai l'air con d'un pédéraste, qui abhorre un père enterré, et ranime sa mémoire en baisant les puceaux de son quartier. 

J'ai l'air con, d'une mégère de cinquante ans, qui paie pour une nouvelle virginité. Coke, tequila et jeune étalons sans grands noms. La conversation l'ayant épuisé des années durant, préfère le futile d'une soirée sans lendemain jusqu'à l'overdose d'un jour sans lendemain.

J'ai l'air con, de milliards de vie, portées par la haine, se disant aimantes. Milliards de vies refusant de céder la place aux milliards qui roupillent quelque part dans un néant qui ferait mieux de nous les épargner.

Quant à moi? J'ai l'air con réellement parce qu'au moment où j'ai su qu'il fallait vivre, on m'annonce que l'apocalypse est pour bientôt.