dimanche 29 janvier 2012

Des cours en philo? Un cerveau hyperactif s'en verrait ravi de s'en passer.
Condensation affligeante de bouts de cigarettes "fumables" et d'exercices ontologiques à la limite du dérisoire.
La philosophie paraît majestueuse. Elle a parcouru les siècles et elle est toujours là ornée jonchée de cet humanisme. Un humanisme corrélée à sa portée même. La philosophie est anthropologie ou ne l'est pas.
Enfin, bref, tout ça, c'est limite rasoir. 
Et pour que ce soit un tantinet plus marrant, il m'a suffit de quelques lectures brèves de biographies de philosophes, de grands philosophes, pour savoir que l'élasticité de l'esprit peut aussi servir à des fins personnelles. Ceux qui s'en dérogent ne sont pas au fond mieux que ceux qui y plongent. J'ai passé 8 ans à chercher le pourquoi de ma maladie, ne suis je pas aussi adepte des plaisirs solitaires de l'esprit que l'est Spinoza ou Hegel. Non? Et pourquoi? Parce que l'un s'est tué à sauver sa personne et l'autre a cherché gloire refoulée en restant acerbe dans son coin à tracer des essais?Comme vous et moi, Marx avait famille et gosse, et même un piano d'après certains dires, il nous a pondu la plus grosse arnaque du siècle, il nous a pondu le communisme et la vacuité de sa pratique. Quant à sa vie, débauche, maladie et pauvreté. Qu'on y ajoute une famille qu'il a abandonné. Mais personne ne lit ces radotages. Personne ne pense que nos propre grand-mères qui a accompagné maris et enfants jusqu'au seuil de la vie sont plus philosophes, plus humanistes que trente mille Marx réunis. A vrai dire, nous avons besoin de leurs doctrines solitaires, de leurs vies d' "homme au sommet d'une montagne lointaine". Nous avons besoin de nous dire qu'il y a toujours plus grands, plus immenses, plus intelligents. Cela rassure notre petitesse face à l'effroi que peut causer une perte, un vide, une vie morne. Cela nous fait penser sans nous en rendre compte qu'un génie pareil (tout aussi relatif qu'il pourrait être) est aussi à notre portée. Puisque la philosophie ne tend en fait à rien d'autre que l'homme universel.

samedi 28 janvier 2012

...Je voudrais capturer des instants. Voilà,ce que je voudrais faire.

J'ai une rage immuable pour le temps. Ses persécutions, ses infamies, sa déraison, son non-sens. Je voudrais lui voler des parcelles. Qu'il s'immerge dans ma vie et qu'il dilue mes souvenances en poursuivant sa course haletante? C'en est trop.
S'attaquer au temps? Quelle folie, autant blâmer le bon dieu pour toutes mes choses ratées.
Pour tous ces rêves inachevés.
Pourtant, il m'en faudrait bien un coupable. Souligner les ratures, coller des zéros vociférants sur une feuille mais ne faudrait-il pas la rendre, cette paperasse?
Qui est ce cancre qui foire tout?
Et si c'était les conjonctures?
Et si c'était les circonstances?
Et si c'était le temps?
"Quand les choses nous dépassent,on dit que c'est la vie". Non, c'est le temps. Que ça nous excède, que ce soit hors de notre porté, peu importe. C'est le temps.
Lui seul qui arrache, prend, s'allie à la mort et à la naissance, parcourt ses miniatures appelées ères ou siècles, se faufile dans maisons et abris. Enjolive ou aigrit.
Lui seul m'a volé X, a fait de Y un ennemi, m'a rendu Z alors que je ne pouvais même plus la regarder dans les yeux.
Lui seul a fait que je rencontre A, et peut être même que je sois là à aimer A.
Lui seul a dépucelé mon chagrin de B, en a fait un souvenir traître, un judas de souvenir.
A une échelle personnelle, peut être que l'on pourrait y trouver un certain charme, une certaine consolation à le voir tout emporter.
Mais le temps détruit tout.

mercredi 25 janvier 2012

-M,je sais pas ce que je veux.
-Bah moi non plus. Et pis t'es encore jeune, tu as toute ta vie pour le savoir.
-Non ça fait des années que ça dure.
-Moi aussi je sais pas quoi foutre de ma vie.
-Si,être prof. Moi? Je suis rien d'autre qu'un putain de zahir.

vendredi 13 janvier 2012

Aucune pièce à fournir hormis ce document Monsieur le juge.

Dieu que cette solitude est immense..Des terres foulées, tracées, peuplées et des fois même armées, et toujours cet affreux gouffre en moi...Le monde est dépeuplé, Lamartine a fait dans la niaiserie, ça n'a rien à voir avec le manque, c'est le vide. Cette "vacuité" qui m'arrache à la terre des hommes et qui me projette, comme un bon coup de vent, dans un ailleurs, ayant les senteurs de l'enfer.

Le vide est plein, et la solitude est aussi relative que toutes les vertus de ce monde. Mais voir les choses sous cet angle, ne m'a jamais aidée en quoi ce soit. Le relativisme, ça ne vous rend en fait que fou.

Je suis allée à la rencontre de gens à qui je ne m'imaginais jamais m'adresser, je leur ai parlé, je leur ai dit des intimités. Cherchant le convivial, cherchant à remplacer l'hyperthermie de mon enfer par la tiédeur du contact humain. Vaines furent toutes ces années perdues à se languir des mots et de quelques maux en échange des miens.

Ils en ont fait leurs histoires, des scénarios censés m'enlaidir. Ils ne savaient pas, les bougres, que je me trouvais déjà assez laide. Qu'être dans le vide, implique faire le plein. Quitte à ce que ce qui fait le plein soit stérile en lui même.

Ma solitude s'est accrue. Et elle s'est condensée. Alors, vint le temps où il a fallu la déconstruire pour l'amadouer et la contraindre à partir.
Il fallait être avec les autres.
Je me suis retrouvée dans les catacombes du vide. En guise de "sépultures", il n'y avait que les séquelles du long combat pour être avec les autres. Des insultes, des coups bas, des rancœurs, des deuils, des larmes. Le tout jonché de prose d'épitaphe et de mots de fin.
A me balader ainsi dans ces sombres ailleurs qu'on me reproche, j'ai finalement renoncé à aller dire aux gens ce qu'ils ne tarderont pas à comprendre. Mes escapades ne sont que le fruit de leurs injures. Ils ne pouvaient plus me demander d'être des leurs comme on ne peut contraindre une victime à s’éprendre de son bourreau. Et à voir le Christ,adoré aujourd'hui, je me demande qui d'autres que les ancêtres de ses adorateurs ont-ils pu le crucifier.

La question est aussi narquoise que la réponse.
Vint alors le moment de ne plus se reprocher la contrainte du solitaire et de se languir des derniers vains rappels au port.
Peut être que c'est au "relatif" du mal qui a été fait qu'il faudrait s'attaquer désormais.


Note:
Vous ne pouvez plus réclamer ce que vous avez déjà eu et détruit de vos mains.
Lavez ce sang, et acquittez vous.
Cependant que l'on laisse ces âmes meurtries rôder comme bon leur semble.
Le sang partira encore plus vite. Je vous le promets.

dimanche 1 janvier 2012

Rodion Raskolnikov (Crime et châtiment, Fedor Dostoïevski, 1866)

-Je prierai pour toi.

La voix est près, toute proche, je l'entends, L semble déterminée, L semble vouloir la paix, je n'en crois plus mes oreilles.
Il paraît que le paradis est dans le regard de l'amant, que la misère est purgatoire, et que l'égarement est la causalité du chemin droit.
Enfin, à l'entendre, à nous voir, à tout résumer, notre vie n'est qu'une psalmodie.

Les années d'avanie, de haine, de rage confinée, prête à servir de bombes, mon artillerie de la destruction émotionnelle s'est effondrée.
Et l'extrême n'est plus.
Bon sang, son coup de fil, ses prières, que vais-je devenir, que vais-je faire de ce bonheur?
Rire narquois.


L a sauvé F une fois, F lui a rendu la pareille 6 ans après.

Entre L et F,un scénario s'est tissé depuis des lustres, un scénario à la Bergman.
Ingmar sait que les conséquences n'implique pas de mauvaises intentions.
Pour comprendre, que l'on peut déchiqueter, détruire, tuer, en ayant les meilleures intentions, F a mis 7, 8 ans.

Aujourd'hui, il lui arrive de rêver,de rire aux éclats. Et même, que F dort, très bien, profondément.
F sait que Blanche-neige n'aurait jamais dormi sans somnifères. Cette pensée la fait rire en la berçant. Enfonçant sa tête dans un oreiller qui n'est pas sien, elle ferme ses paupières, en toisant fièrement le stylnox abandonné.

Aphorisme personnel I

-Mais que se passe-t-il donc mère?
-Un semblant de bonheur, ma fille, ne t'afflige pas, il est temps.

Le déracinement d’une frivole qui s’est faite sage


Aux douze coups de minuit, la ville éclate. Bombardement, mitraillage, coup de feu ?

Une vieille dame me demande: "Ma fille, on se fait encore mitrailler?"

Non, ma jolie dame,simples explosions de joies factices, simples explosions de joie purement éphémère.
Aussi éphémère qu’une année qui s’éteint.

Le brouhaha m’atteint au loin, me ronge les tympans, malgré la lourdeur du froid, censée me boucher les oreilles.
Les orifices de ma ouïe crient famine. J’aurais souhaité entendre l’appel à la prière au milieu de cette condensation de la société de la baise et de la buverie bon marché. J’aurais aimé fumer ma cigarette aux sons des versets calomnieux pour certains, salvateurs pour moi, devant le pan de cette porte. Devant laquelle j’attends ma famille, qui tarde à rentrer, en ce soir où les cendrillons ne se transformeront pas après minuit. La laideur se faufile dans l’air, la débauche me rappelle mes antérieures nuits cauchemardesques où les hommes ont aimé se bouffer, et où je me suis réveillée en sursaut.

Je me récite ma littérature. Mon théâtral m’amuse quand je suis dans l’attente. Je suis entrain de fumer ma première clope de l’année. Cette idée m'est drôle. Je savoure la clope, je me joue des bouffées, je les ravale entières, je me noie dans le goudron, je me noie dans ce qu'ils appellent meurtrier.

Je repense à la soirée. Je suis aussi ivre que le bouffon qui a crié du haut de son balcon ou de sa tour d’ivoire, une joyeuse fête à tous les habitants de son quartier bourgeois.
Ses vœux n’atteindront pas les bidonvilles, les sans famille fixe, les sans papiers, les sans rêves, les sans avenirs, tous les sans, et surtout pas le sang coagulant de ma Tunisie, de ma Falastin, les corps qui se vident en Somalie, l’oppression qui fait dans le spectaculaire en Syrie, la Lybie joue aux soldats de plomb,l'Afrique ne fera pas bourdonner les tambours ce soir, seuls Sydney, Paris, et New York se chargeront de tout diluer.
Mon ivresse se heurte à la sienne, je n’ai pas que l’alcool d’Apollinaire dans le sang. Je n’ai pas fait la queue à Mono-vie. J’ai juste payé un café trop cher, trop amer, pour un jour, aussi mortuaire.
Une année meurt. Et nous célébrons ses funérailles.
Cette manie nous l’avons toujours eu quelque part, la mort d’autre chose nous rassure sur la continuité de notre vie.

Je me rappelle qu’en rentrant du travail, ce soir là, la radio grouillait de bonnes prêches. L'animatrice m'a semblé quelque peu hippie ce soir.

Année administrative 2011, adieu.
Ce soir, nous sommes plus que (dés)enchantés de te jeter dans les méandres de notre oubli. Nos mains sont restées longtemps entachées de sang, nous ne rêvons que de savonnette, le temps en est une de très efficace. Enfin, je crois. Au pire, nous oublierons.