Condensation affligeante de bouts de cigarettes "fumables" et d'exercices ontologiques à la limite du dérisoire.
La philosophie paraît majestueuse. Elle a parcouru les siècles et elle est toujours là ornée jonchée de cet humanisme. Un humanisme corrélée à sa portée même. La philosophie est anthropologie ou ne l'est pas.
Enfin, bref, tout ça, c'est limite rasoir.
Et pour que ce soit un tantinet plus marrant, il m'a suffit de quelques lectures brèves de biographies de philosophes, de grands philosophes, pour savoir que l'élasticité de l'esprit peut aussi servir à des fins personnelles. Ceux qui s'en dérogent ne sont pas au fond mieux que ceux qui y plongent. J'ai passé 8 ans à chercher le pourquoi de ma maladie, ne suis je pas aussi adepte des plaisirs solitaires de l'esprit que l'est Spinoza ou Hegel. Non? Et pourquoi? Parce que l'un s'est tué à sauver sa personne et l'autre a cherché gloire refoulée en restant acerbe dans son coin à tracer des essais?Comme vous et moi, Marx avait famille et gosse, et même un piano d'après certains dires, il nous a pondu la plus grosse arnaque du siècle, il nous a pondu le communisme et la vacuité de sa pratique. Quant à sa vie, débauche, maladie et pauvreté. Qu'on y ajoute une famille qu'il a abandonné. Mais personne ne lit ces radotages. Personne ne pense que nos propre grand-mères qui a accompagné maris et enfants jusqu'au seuil de la vie sont plus philosophes, plus humanistes que trente mille Marx réunis. A vrai dire, nous avons besoin de leurs doctrines solitaires, de leurs vies d' "homme au sommet d'une montagne lointaine". Nous avons besoin de nous dire qu'il y a toujours plus grands, plus immenses, plus intelligents. Cela rassure notre petitesse face à l'effroi que peut causer une perte, un vide, une vie morne. Cela nous fait penser sans nous en rendre compte qu'un génie pareil (tout aussi relatif qu'il pourrait être) est aussi à notre portée. Puisque la philosophie ne tend en fait à rien d'autre que l'homme universel.
