dimanche 23 décembre 2012

Boréale, Horror boréale

"J'ai longtemps aspiré à vivre ce moment. J'ai, durant toutes ces années injustement vêtues de noirceur, fantasmé sur une éventualité que cela s'arrête. Que je ne sois plus chaos. Que je ne chante plus les meurtres et ne me languisse plus de mes déconvenues. J'ai souhaité arrêté de sentir comme on souhaiterait voir apparaître ce monstre qu'on scrute vainement sous son lit.
Je me suis voulue inerte, morte, froide, létale et glaciale.
Et finalement, il y eut ce vilain mage qui s'est résolu à réaliser mon voeux malsain.
La magie qui d'un enchantement tue tout enchantement.
J'ai été ravie d'en rire, en premier lieu.
De l'amour ravi.
Du temps perdu.
De la vie, de la mort, de l'après mort, du bon Dieu, des défunts.
Je ne ramassais plus les feuilles mortes, je les écrasais sous mes semelles.
Je ne pleurais plus, je vociférais des louanges à la joie.
Je ne disais plus vrai, je jouais du clairon aux leurres.
Puis, je me suis perdue entre ce que j'aurais détesté être et ce que je me suis acharnée à devenir.
Les souhaits inconscients insouciants d'une psyché ébranlée ont fait que je ris désormais de tout pour ne plus avoir à en pleurer, de ce tout.
Après, je me suis rendue compte que je suis habitée de mots geignant infiniment les maux. Le mensonge s'est dès lors marié au Frankenstein me voilà devenu.Et a fait que je sois aussi stérile qu'une pucelle de douze ans s'imaginant que la procréation et les cigognes c'est du pareil au même.
Les phrases se sont appauvries. Et la vie a vaincu.
J'en ai récolté une tendre moisson de réalisme qui rassure mes émois au gré des frêles matins d'apocalypses.
Et j'en ai bouffé des pas mûres. Et j'ai fini par gerber les mûres."



J'étais devant cette bibliothèque qui m'a vue grandir. J'avais fini de griffonner ces notes sur le fameux calepin rouge. Je me suis allumé une cigarette et j'ai regardé malicieusement toutes mes phrases hurler sous le feu de mon briquet. Inerte à contempler le vieux et laid bâtiment.Le regard ahuri, la fumée que le vent s'acharnait à consumer. Je te fais mes adieux tendre garce.
Je n'ai plus rien pour personne. Je n'ai plus rien que ma personne.

Et la clope écrasée du haut de mes 173 centimètres, de toute la vanité que portent désormais les pas de mes semelles.


The day people will consider rapping as a sort of poetry, there will be no more complaint about hypocrisy.

Conversation 16

-C'est un livre sur les chats.
-Pourquoi les chats?
-C'est les seules créatures que je me vois envier. J'ai pensé aux licornes, mais on ne m'aurait jamais éditée.
-Faut avouer aussi que des chats sur une même étagère que Marc Levy, ce n'est pas ce que l'édition attend de toi.
-Je me demande ce qu'on attend de moi, justement.
-Arrêter. Godot ne viendra pas, il suffit de l'admettre.

lundi 10 décembre 2012

Justificatif d'absentéisme

La bureaucratie m'emmerde. Surtout les lundis. Je m'étais pourtant empressée ce lundi là devant une file pénible pour mon justificatif. Deux heures d'attente ont suffi pour expliquer ma réticence.
Devant le représentant des services d'absences, je me tenais debout, vaillante, répétant mes prétextes sans laisser transparaître aucune peur. Ces salopards aimaient la peur, ils s'en nourrissaient apparemment.
-Oui, alors vous c'est quoi le motif?
-Fatiguée.
-Vous quittez la vie, je vous demande des explications et vous me sortez l'asthénie ?
-Je n'ai pas le droit d'être malade?
-Le bureau des services des injustices était à votre droite Madame.
-Non, je ne veux pas de remboursement. Je veux juste disparaître pour un moment.
-Ecoutez Madame, je sais que j'ai l'air bien constipé avec cette cravate et ce costard cher payé, je vous l'accorde,sauf que vous n'imaginez pas toute l'indulgence dont je peux me porter garant. Mais vous, vous êtes simplement excédante.
-Faites votre travail Monsieur.
-Donnez moi un motif tangible et je le ferai. Sinon, partez à reculons et allez dans le bureau à droite.
-Fatigue.
-Assez Madame, au suivant.
-Non, je ne partirai pas sans ce maudit justificatif. Ecoutez Monsieur, déjà que je n'ai pas demandé à me retrouver de là où je viens, déjà que je n'ai demandé ni vie, ni essence divine, ni foi, ni emmerdement. Maintenant que tout ceci fait partie de mes devoirs envers les cieux, garantissez-moi au moins la possibilité de reprendre mon dû dignement.
-Mais quel dû? Votre ticket pour le jour du jugement est imprimé à l'heure où je vous parle. Votre motif est blasphématoire. Quitter la vie pour un moment. Mais quelle folie! J'aurais tout vu! Depuis le temps où je demande à être promu, je pense sincèrement que vous êtes mon ultime chance.

Bonjour Tunis

Tunis somnole,Tunis s'accorde un dernier rêve avant l'éveil,un dernier bâillement,avant les klaxons,les alarmes des voitures arrogantes,les râles des matinaux,et les pleurs des bébés trop vite réveillés.
Moi je n'ai pas dormi.Ce matin,je suis l'insomniaque,qui cherche à oublier sa migraine,en imaginant le réveil des autres.Je me cherche des justificatifs à mon insolence envers Morphée,je me sens coupable d'euthanasier ma dernière cigarette,coupable de boire le premier café d'une journée qui s'annonce caféinée,coupable parce que mon corps me refuse le jeûne et ses transcendances,coupable d'écrire un texte sans me soucier d'être lue ou non,je débite ma plaidoirie en imaginant le réveil de ceux à qui personne ne pense à cette heure ci,les héritiers des déboires et de la déchéance de Tunis.
Ma tête,ma tête,ma tête.

6h53,mendie-t-on de bon matin?
6h54,Dieu me pardonnera il mon dérèglement hormonale?
6h56,pourquoi Feiruz est-elle toujours abattue?
6h58,

jeudi 6 décembre 2012

Vis de tes ratures, enfant.

Des histoires froissées en papier mâché, mâché par le dégoût, la faim de n'avoir plus rien à serrer dans sa bouche..Des histoires froissées, tempérés, intemporelles, voilées par un destin virulent, impartial dans sa danse, dans sa cadence, dans ses jeux pervers de vieux fou jovial...

Des histoires en papier mâché qui nous collent au palais, de la bouche, de ma bouche, sans retouche, et le tableau est aussi laid qu'un cri de Munch, que l'on crie, que le manque sidère, que la foi obtempère et nous fait virevolter dans une immense traîtrise chrétienne:"Dieu est amour.".Le peuple crie à la haine sous le feu de la fornication impie de certains, et nos histoires râlent nos déconvenues, et nos serments sous les flammes de la vérité pourrissent comme des vampires aveuglés par l'astre brûlant.

La lis-tes-ratures est un marché conclu avec la nature pour me faire oublier un passé radin au nom de l'esthétique des mots. Si écrire aurait été un art, je me ferais artisane pour oeuvrer comme un tendre menuisier, aux yeux épuisés, s'adonnant à la besogne au gré du machinal de ses réflexes.

Je ne verrais rien, je ne saurais rien, je serais rien avec ou sans toi. Avec ou sans savoir que toutes mes histoires ne sont plus que papier froissé.

dimanche 2 décembre 2012

Horoscope du dimanche 2 décembre 1812

Je ne sais pas pour quelle raison je me suis permise ces élucubrations ce dimanche. Le froid peut être? L'absence surement? Le fait est que je me suis vue déménager, prendre un avion juste après et tracer un avenir qui sait, autre part que sur mes collants neufs.

Mais qui suis-je pour me surmener de fardeaux beaucoup trop légers? Les rêves d'un dimanche matin dominical sont aussi lourds que la couette, aussi légers que la léthargie du lundi qui attend. Et au final qu'est ce qui attend? Hormis les méprisables représailles de l'ironie du destin, qu'est ce qui attend?

Rien. Rien ne part à temps. Tout s'envole avant. Avant, parce que jamais il n'eut de moment opportun pour regarder nos choses s'envoler.

Les quelques degrés pas fameux de ce jour moribond s'attaquent à ma jupe et parsèment les collants de tendres avertissements.
Le froid de ce matin semble dire que je ferais mieux de vivre, parce que mon départ à moi serait peut être un peu plus "avant-cé" que les autres.



lundi 26 novembre 2012

Fumer, c'est accepter le fatalisme de l'éphémère. Un fumeur est peut être l'anti-héros des assoiffés de l'éternel, mais la nicotine reste une substance des plus sincère.

dimanche 25 novembre 2012

Les mots ont eux aussi leurs coulisses.
La curiosité que produisent ces antres de l'esprit est tout assoiffée que celle d'un pré-pubère devant un boudoir scellé à clé.
Quoi que puissent dire les langues fourchues des castrés littéraires, personne ne peut savoir pourquoi tel mot et nul autre.
Il y a de ça de magique avec l'écriture; tant de vies qui s'offrent à vous pour couvrir le vide, le morbide, le létal, l'absurde et le décrépi de votre existence d'auteur.

La vie c'est comme une boite de friandises...

Il y a quelque chose d'angoissant au sujet du bonheur; Visualisez une pente, qui mène vers tout ce à quoi vous aspirez, une cime paradisiaque au gré de vos envies. Puis imaginez la disparaître.C'est cela l'arnaque, chatouiller les cieux pour se retrouver à creuser nerveusement la terre afin d'ensevelir tout espoir.
Crimes du karma? Équilibre universel? Le fait est que toute personne ayant peur d'être heureuse se doit de légitimer sa peur, rien n'est plus ingrat que le monde féerique que vous promettent les spécialistes de la vie.

jeudi 8 novembre 2012

Aujourd'hui, je suis amèrement joueuse


Mes matinées sont accompagnées de nausées, mes mains salies par le sang d'inconnus ficelé par un doigté bleu, ma vie ressemble à celle d'un cafard hait persécuté et damné à croupir dans une chambre sans portes ni fenêtres.J'arbore les mêmes aspirations qu'un condamné en son dernier jour et j'ose encore vanter les vertus de la liberté n'en récoltant que l'infortune. J'aime me dire que je ne suis qu
e le fruit de mes illusions perdues, que je ne suis qu'un étranger, creux sans son droit le plus humain à se bâtir une vie. Mes bourreaux se délectent de leur festin nu, et moi je me livre à mon énième huis clos entre mes alcools et ma sale condition humaine, réprimandant à chaque gorgée l'insoutenable légèreté de
mon être.

Mon pays est une muse oubliée ignorée à tort.

dimanche 28 octobre 2012

Le froid est la catalyseur de la chaleur. Il y a dans cet asservissement à rester debout au dehors sous une pluie ardente, une telle volonté de crépiter, de frémir, que le corps se retrouve dans la négation de l'état qu'il cherchait. Non, un  bloc de glace ne bouillonne pas, du moins moi malgré ma nature frigide peu fréquentable, je sentais le glacial fondre. Je tressaillais tellement de cette chute imposante du thermomètre, que tout mon être s'est vu enveloppé de la vie qui l'a abandonnée durant tout cet été passé. De là où ils se retrouvent ensevelis, seuls les morts doivent craindre le froid. Et certains n'ont point besoin de sépulture ou d'arrêt cardiaque pour ne plus pouvoir plaider la vie.

samedi 27 octobre 2012

Pensées éparpillées sur un cadran

J'ai épuisé tous les pronoms,j'ai fini par ne plus m'inventer de surnom,préférant ne garder que mon nom.
Mais le fait est que les mots ne s'épuisent jamais.A croire que le langage est une suite infinie,qu'une lettre mal placée ou juste déplacée est un acte de création en soi.
Les lettres se régénèrent éternellement,rien d'extraordinaire là dedans,je sais juste que ceux que Dieu a doté de la parole ne sont jamais tus,et ce,depuis des siècles durant.
Qu'est ce que mon identité a y faire? Et puis,dans le cas où un nom est une parcelle de l'identité d'un individu,que fait cette parcelle dans ce large infini des lettres.
Si l'on vire l'abstrait,mon identité s'est mélangé étroitement avec les mots,le mal s'est fait,mais une convalescence s'en est suivie,une puissance s'est acquise,et un anonyme désirant garder l'anonymat a bien fait la part entre cette puissance et le pouvoir que peuvent conférer les mots.

Jovial entrain d'amours meurtries mais non moins rassasiées des sévices de la passion impartiale, la muse lui chuchote: Tu n'es qu'à moi. Il y a dans cela une telle réduction de l'être, que l'amour ne peut que s'en trouver flatté. Le peintre fait virevolter des vérités en nuisettes sur l'autel de leur fièvre infantile. Le cru s'innocente facilement quand il émane de sa bouche à elle et s'évanouit dans l'étreinte de leurs chaires. La véracité n'est plus critère, elle est "du" quand les pores de l'un et de l'autre dégagent de l'honnêteté en sueur.

lundi 22 octobre 2012

Foucault a foulé ce sol tendre idiote!

Il se faisait tard. On s'était réjouis du vacarme des pendules roulant vers l'aube, on s'était crus délivrés à l'aurore. On se savait perdus à ne plus vouer notre culte du soleil levant. On s'était reprochés ce risque stupide qu'on avait pris de ne jamais attendre le jour; on en avait oublié que la nature est mutante et que le coeur se plait à suivre la spirale cycle de l'harmonie universelle. Nous aurions du peut être prendre garde à n'échanger que les mots qu'il faut. Le zèle en amour n'est que sa mise à mort. On avait l'air bien beaux à oublier la guillotine du rude réveil en se balançant ces cochonneries mièvres qui nous font entrevoir un eden nous étant interdit. On aurait pu se sermonner doucement, langoureusement  mais on aurait du s'épargner les vaines promesses et les frileux mensonges. Ce matin, l'oreiller se tord sous ma tête comme une horloge grinçant l'éveil. Je m'interdis la lutte quotidienne pour me réveiller,je n'ai pas à lutter, ou je me lève ou je somnolerai éternellement sans nains pour me protéger ni baisers d'un vieux chnoque de prince. Le téléphone est aussi impassible qu'une toile, personne n'appelle, personne ne titille ma boite à message. Il n'y a rien à y faire, on aurait du ne rien se promettre. L'amer habille mes pieds, le dégoût couvre mon cou, je me prépare en tâchant de te tuer en moi. Ma patrie est comme toi, ,ne faisant que des sermons à torturer ma pauvre conscience et des voeux bons à ne jamais se réaliser. Je devrais songer à me faire encastrer des couilles, avorter mes élans castrateurs et m'offrir pour la veille de mes vingt-quatre années charnues une remise à zéro, un départ, une ultime conquête de mon Moi injustement banni. Je serais loin de vous, toi et cette nation perfide et malsaine, comme un avorton qui fait sa première fugue, injuriant à tue tête père et mère.
En attendant, je m'efforce de croire qu'en cours de roman, je m'allume une lueur d'avenir. Le professeur me rappelle moi, une vieille drôle aimable et coriace dans son vocabulaire, éblouissante mais vieille quand même. Et ce doit être l'arrogance de ma fatigue de la vie qui m'assimilait à une dame me dépassant en âge et en raison. Mais il serait bon de mentionner que l'analogie n'a rien de glorieux. Ça doit être un certain antipode du miroir à Blanche Neige. "Dis nous qui est la plus moche?" Ses yeux, sa gentillesse, l'identification perverse, tout me renvoyait aux promesses railleuses de l'avenir. Et l'avenir n'en a jamais marre de me rire au nez.
Pause. Les gens ne s'arrêtent jamais même quand c'est permis. Moi je m'arrête tout le temps même quand ça m'est interdit. Je m'en suis retrouvée pourvue d'un retard excédant qui fait de moi un génie précoce quand tout ce qui m'entoure peut encore s'autoriser la bêtise de l'adolescence. Chose sotte à écrire aux premières allures, mais je dois avouer que si je leur distribuais mon âge à parts égales, mes camarades sauteraient des classes. Alors, la pause, bon, je n'en ai rien fait de particulier à part scruter des regards tout aussi indiscrets et un téléphone beaucoup trop discret.
Paraphraser les dires des gens prêterait à penser que je ne suis qu'une taciturne aux cheveux hirsutes et rougeâtres. Mais ce serait injuste d'omettre la mention du choix du rouge pour mon sang ayant trop coulé et ma tresse jetée au pied d'une poubelle, parce que l'avanie de certaines amours n'avait été que trop impétueuse.
Je t'appelle, tu me demandes si je suis réveillée, j'aimerais te rire au nez mais la fatigue me gagne. Je l'achève la conversation, je l'achève aussi vite qu'une enfant peu habituée à entre des voix au combiné. Je regrette déjà. Je n'étais pas la seule à être amère. La réalité t'avait rattrapé aussi. Je me demande à quoi sert la mort si elle semble absurde. Sans cette affligeante incohérence avec la vie, j'en aurais fait usage. Je ne veux plus de ce future qui se rit de moi. Ni de toutes ces portes qui me claquent encore au visage à cette heure ci, à cette heure tardive de ma vie.

Le syndicat du transport publique annonce une grève générale

La gueule de bois est la vengeance perfectionniste du corps sur l'âme frivole; et il n'y aurait pas que l'excès de vin que l'esprit pourrait regretter certains matins.
Chaque retour à la réalité s'accompagne de sa propre pénitence.


Note:Au regret de vous annoncer que la grève est annulée, vous auriez pu suer moins, athlètes de la vie.


Appelle moi "peut-être", appelle moi plaie, appelle moi émoi, fièvre, ignominie, typhus, malaria, je n'en verrais là que de jolies appellations pour un mièvre gâchis de la vie.
Fredonne moi comme un requiem au dessus d'une sépulture que tu aurais crue creusée par mes soins mais dont l'herbe a grandit sous tes breuvages.
Avale moi comme un poison, comme quand on commence à détester la vie en commençant à chercher la passion, mais plus à vouloir la mort.
Avorte toi, je suis là, tel un ciseau à cordon ombilical trop encombrant; je peux être une charmante maman mon enfant, tous les Oedipes croisés te le certifieront... de leurs yeux creux sans iris.
Couchée sur papier, ta vie te sera volée. Ma prose ne s'en verra que trop réjouie de se retrouver à nouveau garnie d'un drame à pleurer, d'un homme à enterrer.
Tu as voulu un amour virulent; Dieu n'est jamais sourd quand ses siens le conjurent. Tu m'as eue, impétueuse, rageuse, aimante, amante, aphrodisiaque et aveuglante. Tu n'avais qu'à ne pas faire l'enfant, Dieu nous prendra toujours au mot.
Et si mes lettres te feraient peut être prononcé un juron ou une tendre insulte, tu sentiras ma plume n'en devenir que plus aiguisée, dés lors, ne m'envie pas mes mots. A moi la littérature, à toi les tendres réminiscences des bénis qui auraient trop aimé.




Toute ressemblance avec des faits réels n'est que pur mensonge. L'écriture aime à prétendre une vie que l'auteur ne pourra jamais connaitre.


dimanche 23 septembre 2012

Enfant et comme beaucoup, je m'imaginais qu'être fort c'était de l'artillerie musculaire et un surplus de taille.
Adolescente et comme beaucoup, je pensais que la force c'était de survivre à tout.
Aujourd'hui, devant un amour qui prépare ses valises, un défunt qui vous pose un lapin, une famille qui ne soutient plus votre perception de l'unité, une vie qui ne suit aucune de vos règles pourtant bien tracées, la force c'est juste la bonne poigne pour rester debout contre un mur.

samedi 15 septembre 2012

-Comment savoir que l'on écrit sincèrement?
-La sincérité dans les mots, c'est quand on se bat contre les larmes pour finir une phrase.

jeudi 13 septembre 2012

Ah oui? Et tu crois que Robert et Clara Schumann c'était de la baise aussi?

Il avait toujours vécu avec cette peur intransigeante qu'elle le quitte...
Au début, ça a frappé tellement fort, que leur rencontre lui a fait l'effet d'une grosse enculade dans une arrière cour sombre.. Sa vie empreinte de fusions passagères sans lendemain s'était évanouie pendant les minutes de pure séduction qu'il avait vécu avec elle ce soir là. Ridiculisant au passage tous les coups bas qu'il avait foutu royalement et avec la majesté d'un Dom Juan à toutes celles l'ayant précédé de peu de loin ou de charme.
Cette histoire n'avait pas lieu d'etre pour lui, ce soir là. En rentrant, il crut bon de la poignarder d'un "ça n'a pas collé" pour esquiver tous les coups de poignards qu'il aurait aimé abriter sous sa peau.
Ca a commencé ainsi, par un refus. Ca aurait pu avoir un tout autre point de départ, que 4 ou 5 mois après. Mais toute histoire suit la directive sourde et aveugle de deux tempéraments subitement joint et conviés à danser et à virevolter ensemble.
L'amour est un radin refoulé. A la première crise inconsciente et insouciante, il fait savoir qu'il sera retenu, contenu, qu'il fera le mort et qu'il sera à tout moment las d’être un ornement de la vie de deux personnes qui n'en ont rien à branler de ce sentiment, parfois.
A vrai dire, il s'est su perdu sans elle, un peu trop tard. Perdu sans elle, mais avec tant de ressentiment pour cet autre qui l’enchaîne et lui fait dire des "je t'aime" en toute impunité.
L'amour est surement un crime, sans coupable, sans inculpation et sans lois pour ou contre.
Et une vie c'est toujours banal, du moment que ça "ne fait de mal à personne". Seul, à deux ou à plusieurs, il s'est toujours demandé comment il pourrait échapper aux froides cuvettes de l'oubli. Comment ne pas disparaître "comme une merde d'un simple trait d'une chasse d'eau".
Comment exister en dehors de l'autre? Longtemps son enfer fut de se poser cette question en titubant entre ses cheveux et en caressant son corps qui lui fait rappeler le sien, oublié et ayant peur de l'oubli.

Merci à "L'insoutenable légèreté de l'être".

dimanche 9 septembre 2012

-Si ça peut te consoler, nous sommes deux à être excédés par mon état.



jeudi 30 août 2012

Le mal du siècle est une déviance

La petite taciturne a bien grandi depuis le temps où elle avait peur des intentions malhonnêtes de quelques virulents esprits, mais cela n'empêche que je n'arrive pas à me détacher de ma paranoïa. Et aujourd'hui, le transparent et l'occulte ça ne me fout plus tellement les boules. Du moins pas autant que notre enclin nous les êtres de chaire et de sang, à nous nourrir de la haine et de la destruction. Avec le temps, je me suis retrouvée à haire les gens pour être eux mêmes. C'est surement un trait mégalomane mal soigné. Ou l'aigreur que les déceptions ont produit chez moi. Mais je n'y peux rien. Ma passion pour le contrôle de soi a permis aux autres de me remettre à ma place avec un simple "Tu te prends pour un ange?"
Ça doit être ça. Il parait qu'ils ont que ça de vrai les anges. Le contrôle par la raison. L'omission des sentiments. Leur absence totale. Vu sous cet angle, il n'y aurait plus rien de charmant à être traité de tel ou à espérer que les autres le soient.
Je me suis banalement demandée auparavant la raison pour laquelle tout découle de la dualité bien/mal.
Je me le suis si souvent demandé que seul mon coté masculin a mis fin au boucan que ça a produit. A coup de phrases grossières et de comportements qui ne renvoient qu'aux mâles, je me suis très vite faite pardonner  mes sombres années de poupée bienséante et aussi mièvre qu'aurait pu l'être Marie Thérèse à mon age.
Depuis peu le masque est tombé, le vieux pull Nine Inch Nails ne fait plus l'affaire, et même que psalmodier des versets à l'envers n'y aurait rien changé. Le malsain en moi me dégoûte, l'enfer ne m'effraie pas, il me donne la gerbe. La baise à la "j'ai peur de mourir vierge" me donne envie de voir la faucheuse en action. La sainte pucelle morbide reprend du service et j'ai bien choisi mon siècle. Ce trait de caractère commun chez les religieuses ne sied pas à mes airs de petit garçon aux traits fins. Ni à ce que certains considèrent gentiment comme de la spontanéité. J'ai beau regarder dans le miroir. Je ne me vois pas. Je vois une arnaqueuse. Je suis ce que la société me somme d'être. Je vois une vie modelée et façonnée par les peurs des autres et leurs interactions avec les miennes. Et dans mes rares élans de franchise, je vois de la poussière quand tout est palpable, vivant, présageant un avenir prometteur.
J'ai toujours évité d'y penser au mien d'avenir. Je ne saurais jamais faire si j'en venais à être à découvert, ou ruiné ou sans domicile. Je me pense ridicule à refuser l'intégration, et à plaider l'antériorité. Je suis bien d'ici et nul part ailleurs. Je n'ai rien raté. Ni siècle, ni pays. Je suis simplement has-been. Un truc qui est coincé entre la préhistoire et le 21ème siècle. Une dégénérescence, privée de tout regret de l'être, sans plus.


samedi 25 août 2012

...Et l'herbe niaise du matin qui croule sous nos rêves assassinés... Vienne le jour, sonne le glas, le mal s'en suit, n'en demeure que l'amertume et l'aigreur...

jeudi 23 août 2012

Tunis, c'est fini.


Je crois que je me fais beaucoup trop d'illusions. Enfin trop dans le sens où on pourrait pas vivre avec autant de mirages. C'est bien beau les oasis et même les chameaux si on veut, mais c'est déléctable quand le sahara ne renvoit qu'à une carte postale achetée à un morveux s'étant cru capable de nous entuber avec son euro de plus. Parce qu'en fait, le pays des mirages j'y suis née. Et la canicule ça n'impressione plus mes pigments.
Tunis est classée ville des moins habitables. On m'en dira tant. Faut me voir dans ce salon bourge pourri à faire l'acrobate avec mon couteau de boucher. Attendant pieusement un brigand égaré qui s'aventurerait à voler une maison où rien ne mérite le vol. Enfin à mon sens. Depuis cette altercation avec un méchant voleur gamine, j'ai imaginé les scénarios les plus improbables au cas où la vie serait une partie de chasse au zimbabwe. Depuis peu on n'en est plus loin avec mes gens. Le zoo de la capitale s'est fait des extensions et on se retrouve avec des singes au gouvernement. Non que j'eusse envie de parler politique quand ma muse semble vivre une énième ménopause, mais il m'est préférable de faire le paon que le porc dans ce grand cirque où la vie m'a décidemment logée. Bref, un brigand c'est un peu la hyène en ce moment. Y'en a beaucoup. Et y'a suffisamment de cadavres pour qu'elles s'en donnent à coeur joie. Ce soir, la ville a encore le timbre des années où je pensais que Dieu était un sage érudit qu'il fallait satisfaire avec de bonnes actions. Ma conscience me tourmente insidieusement et je serre dans ma main le couteau emprunté à la cuisine de ma mère.Société phallocrate exige, la cuisine est l'héritage de ma mère et non le mien, j'ai eu le malheur de m’être un peu trop coupée les cheveux suite à un égarement sentimental. Bref, pour continuer ma grande marche vers le fantasque ridicule,le contact de ma peau avec l'arme aiguisée s'intensifie avec la vision burelesque d'un délabré grand et horriblement accoutré par la vie qui me sauterait au cou pour me tuer après avoir jouit en moi. Mes délires s'achèvent avec une hausse soudaine de température (extérieure). Cela me ramène avec violence à la réalité que je m'efforce de fuire depuis peu à coup de blagues dégueulasses d'humour sournois et de délires un peu trop bien élaborés pour etre dissociés de la névrose. Cette ville me bouffe. D'antan, j'aurais dit "vie" au lieu de "ville". Mais depuis beaucoup de choses ont changé. J'ai été destitué de l'attribut enfant. Et relégué affreusement au rang de femme enfant. Je me laisse assez souvent apprivoisée par tout ce qui m'entoure mais je n'y peux rien. Au zoo, je n'ai de place que chez les sauvages carnivores avides de chaire et bannis du champs des visiteurs. Les gens ont décemment abandonnés la tâche d'être des hommes et des femmes depuis un moment. Je vois vingt trois longues années me rire au nez, me toiser hautainement comme si j'eusse rater ma vie. Je vois la vie s'esclaffer de mes ratures parce que j'ai eu le malheur d'habiter une ville, une certaine ville bien particulière et pas une autre. Une ville qui s'est faite parrain d'une digne lignée de malfrats plus acharnés les uns que les autres à faire d'elle une Babylone sataniste. De la prospérité dans le drame, de l'engouement à faire souffrir à voir pleurer geindre et mourir. De la volonté à détruire et à brûler. L'odeur nauséabonde qui se dégage désormais de ses rues n'est pas un problème écologique. Les poubelles ne sont que le déversement d'un flot fécal d'humains hirsutes qui peinent à retenir leur diarrhées.
Allez dire ça à celui qui du fond de son verre de vin cher payé vous dit qu'il faut croire en ses frères. J'ai toujours eu l'idée drôle qu'écrire est mensonge et que je serai un jour châtiée pour les pavés que j'ai bredouillé durant toutes ces années. Puis j'ai connu la politique et je me suis pensée vaniteuse de m'être crue capable de mentir autant. L'équation est simple, si dans cette vie je me retrouve à me coltiner une vieille machine à écrire dite vintage, un blog aussi délabré qu'une maison de la médina et des bloc notes achetés avec peine à 6 dinars c'est qu'avec un peu de chance, l'au delà ce sera pas pourri.

Note: Tout ceci est de l'ordre du 7456789843 degré, merci d'en tenir compte.

samedi 18 août 2012



La douleur est une musique composée dans le clapotement des feuilles d'un chêne et la danse aveugle de naissants coquelicots.

dimanche 12 août 2012

Réflexion 3768

Il faudrait éviter de se bâtir une vie où aucune phrase ne pourrait être construite.

dimanche 5 août 2012

Hier est encore aujourd'hui

Il est tard pour chercher un autre que toi. Il est tard pour ne plus s'avouer vaincue par les serments du bougre qui confondait le complexe d'Electre avec sa complexité.
Je ne rêve plus. Je ne dors même plus pour oser y aspirer. Je flemmarde au gré des pages de ces bouquins qui jonchent mon enclos. Mon chez moi est une prison infecte où chaque soir je suis éprise de la même répulsion de l'ultime pulsion de la vie. Je n'ai pas honte à porter mon mal être dans ce grand cirque qu'est ce siècle. Je n'en ai plus honte. Je garde l'humilité de ceux qui ont trop aimé la vie pour ne plus pouvoir la quitter. Je me vois des fois comme une pauvre vierge effarouchée qu'on aurait marié de force. Mais le soir de mes noces, je ne me vois pas baisée par un homme. Je ne perçois que l'enculade impétueuse de la vie. Et comme une sorte de figure fantomatique, je ne fais que ma pavaner dans une robe blanchâtre délabrée par son coït incessant.
La prose est mon ultime heurt avec cette chose qui me fuit. Dans le fameux classement des maux de mon époque, je suis logée à la mauvaise enseigne. A 11 ans, je m'imaginais courageuse et brave. Du moins assez pour ne pas avoir à déserter la réalité parce qu'elle s'avérerait monstrueuse. Et c'est plus que de la lâcheté. C'est un effroyable sentiment de n'être qu'une fiction. Un personnage qui honte des pensées et qui fait que quand je m'explique sur ce fait, toutes mes plaidoiries semblent fantaisies aux bonnes gens qui s'aventurent à m'écouter. Je suis le personnage de mes chimères. La réalité m'abandonne. Et la mienne est si pauvre en sens, en persévérance et en solidité que je ne la trouve pas convenable à une vie dont la date d'expiration m'échappe tout autant.
Non, j'ai arrêté de chercher un autre que toi. Je me trouverais bien risible si j'en venais à le faire en ayant conscience de tout ce que mon inconscient est porté à débiter pour qu'âme et corps se sépare dans un grand fracas.
Je ne pourrais jamais radoter des phrases bien faites sur l'amour, la foi ni même cette chose qui m'échappe qu'est l'instinct de survie. L'appellation même est un châtiment envers une humanité qui se croyait vivre pour ne faire que survivre.
Et mieux encore, je ne pourrais jamais me penser assez bien pour toi ou pour ce monde.
Je m'exile chaque soir dans une nouvelle patrie, je m'imagine arborant chaque aspect de la réussite, chaque victoire du sentier de tout homme. Et chaque soir, cette phrase me revient :"Ailleurs est toujours mieux qu'ici, jusqu'à ce qu'ici devienne ailleurs."
Tu deviens dés lors ma seule terre, au risque que ce soit une terre où je serais mon propre champs de mines.

[Quand la mégalomanie est poussée, chez certains c'en suit un impitoyable sentiment d'immuable culpabilité,envers tout, et surtout envers rien.]


Il est des nuits où chaque râle est le fruit d'un kama sutra sinistre et morbide, d'un moi et un autre moi, l'une criant à l'autre: "je te baiserai jusqu'à la moelle, je te baiserai jusqu'à ton dernier soupir, je t’ôterai le voile de tes torts innocentés et te ferai regretter de m'avoir préféré la mort", des nuits où je chuchote tout bas "à l'aide" et où le monde, dans sa danse sourde et aveugle, me rétorque un "Salis-toi encore plus les mains, vielle cachottière".

De ces nuits là naît une volonté d'en finir ou pire, de continuer le combat.


J'aurais aimé être un divan dans un bureau de psychanalyste.


Du dégoût il ne résulte que l'apathie. A quoi bon se trouer le cul pour des congénères qui s'esclafferont le jour venu au seuil de votre incinération? Il serait d'ailleurs crédule et naïf de reporter l'incinération en l'affiliant à la mort. Rendre l'âme n'est rien quand la vie même se résume à des bâillements répétitifs devant ce qui me faisait antan tressaillir d'émerveillement. Et ce serait encore plus mièvre d'oublier que depuis le temps où ils ont découvert le feu, les hommes n'ont jamais failli à la promesse d'en faire une arme.

Que s'est-il passé?
De la décadence est née l'idéologie du paraître, c'en est condensé l'insignifiance de l'être au point que l'emploi du verbe se disperse entre la volonté d'acheter et c'en oublie la volonté de puissance.
Il ne s'agit plus de soigner des êtres, d'en faire des patients pour en faire des hommes bien portants ou bien ancrés dans leurs réalités, il s'agit de soigner des communautés, ou de les exterminer.
L'humain a toujours aimé ce vacillement entre sa cruauté et son enclin à faire du bien. Nuire est aussi jouissif qu'offrir sa main à celui qui se noie.


Non, une mère n'est pas l'allégorie parfaite du saint amour. Et même si amour y est, certaines ont l'art de l'enlaidir, le salir pour en mortifier le rejeton et n'en faire qu'un double de ses échecs, lui faisant payer la note son avortement raté.
Non, un amour jeunot n'est pas une raison pour se croire au dessus de la réalité perfide et véhémente. Celle qui nous rappelle des années plus tard qu'on ne faisait que se rire au nez.
Même celui qui suivra n'aura rien de l'immaculé convoité aux temps de Barbie et de sa chaste nudité. Des poils pubiens, Barbie n'en jamais eu, contrairement aux maîtresses qui tissent des barricades qui ne disparaîtront jamais, même au contact d'une balle avec celui qui aurait trahit notre amour avec. Oui, tout est vain, même l'amour, surtout l'amour.
Rien n'est une raison valable pour croire. Pour perpétuer son propre souffle. Si l'on cherche bien, il n'y a rien.  J'aurais aimé suivre les sages conseils de ceux qui se sont sus perdus aux limites de leurs quêtes. J'aurais aimé ne pas être allée presque au bout de la mienne, et les entendre me couvrir des éloges de la précocité.
J'aurais aimé enduré l'indigence, les nuits dépourvues de toits, les orphelinats ou l'agonie.
Je n'aime pas mes maux bourgeois. Je n'aime pas quand j'écris "je t’abîme" au lieu de "je t'aime" lorsque beaucoup crient la torture et la flagellation. Non par soucis de bonne foi, ou par enclin à la philanthropie. Mais parce que des deux réalités, la mienne est des plus facilement discréditée. Je n'aime pas mes mots. Je ne m'aime pas. Et je ne me vois pas avec ce poids avoir plus de prétention, et me dire heureuse épanouie ou bien ancrée dans une réalité des plus saines.

La foi en l'homme je l'ai perdue. Et c'en est suivi, l'adoption d'une seule loi,celle de Murphy. On me l'a dit, je le répète. J'étais vouée à mal tourner.


vendredi 3 août 2012

L'impétuosité du rien

Si on aime réellement les mots, le dégoût de soi s'écrase, autant qu'il fait que je m'écrase. Ce n'est point facile de formuler quoi que ce soit quand on ne s'aime plus. Quand on ne fait que se détester. Que viendront y faire mes phrases, la vie a fait de moi une fresque ignoble. Une ignominie de l'art de faire des hommes. Je n'ai plus toute ma tête; je n'ai plus assez de couilles pour rêver ni même oser respirer tout haut. Les choses ont changé, les choses changent. La vie bat son plein, la fin aussi. Le rideau se hisse et les spectateurs que nous sommes pensent encore que c'est une nouvelle pièce que l'on nous annonce. Pauvres bougres que nous sommes, la vie tire sa révérence. Sur cette planète de couillons, il n'y a plus matière à parler, alors que peut-il en être aujourd'hui d'écrire. Les hommes ne veulent plus être sermonnés. Ils s’essoufflent autant que cette couille de terre, autant que leurs vieux rêves enterrés sur le seuil des carrières. Quand il s'agit de notre mal de vivre, on s'illusionne chacun que nous sommes le fameux patient zéro. On n'aime plus la prêche, nous logeons tous où que nous soyons dans un bordel. Alors, la prêche, on en fait simplement des colliers vintage avec des pendentifs en croix ou des récits coraniques avec des pages dorées à en jeter plein la vue. Réduits à n'être que des ombres de nous même, nous nous retrouvons en plein dans le gouffre de la non-existence parfumée aux senteurs de la vie de rêve. Il y eut ce moment perfide, où toutes mes illusions se sont effondrées. Le fracas était semblable à celui du mur de Berlin. Quelque chose était fini. Et aujourd'hui, je me débats furieusement incessamment contre l'idée que moi même je n'en suis pas loin de ma finitude.
Vais-je passer le reste de mes jours à écrire des testaments d'une vie qui se fait interminable?
Ou vais-je finalement me résigner à accepter qu'il y a jamais eu de manière de vivre, de manière d'être et encore moins une manière de saigner les mots.
Du temps, il n'en reste pas assez pour se cacher derrière des "non, je ne suis pas assez bien". Non que les choses en vaillent la peine, ou que tout se doit d’être vécu. Mais il est des cas où être scatophile n'est plus une perversion sexuelle à condamner mais une perversion à laquelle la vie vous somme de vous abandonner.
Il n'y a pas trente six mille chemins à emprunter. Il n'y a qu'un seul sentier. Aimez cette merde que vous êtes. Aimez vos excréments. Et tâchez de tirer la chasse d'eau quand cela pue trop. Mais ne vous pensez jamais au dessus de l'urinoir. Au meilleur des cas, vous pouvez vous dire que certains ne font qu'être des urinoirs prêts à ravaler votre pisse.

jeudi 26 juillet 2012

Homo et autre histoires du genre humain.


C'est drôle quand même un être humain.
 Ca geint des je t'aime quand ça ne fait que te pisser dessus.
 Ca te laisse au bord des routes quand y'a de la place dans la voiture.
 Ca te suit partout quand tu cherches à t'en débarrasser.
 Ca fredonne de la poésie quand la bouche pue le casse-croûte.
 Ca s'arrange pour attiser ta pitié pour ensuite faire de toi une risée.
 Ca aime les jeux de rôles, et ça déteste la bonne foi. Et même qu'un être humain, avant,  c'était pas du tout ça. Enfin, ça répète souvent ça.
Ca cherche le bonheur, mais dès que le bonheur se pointe, ça fuit.
Un être humain, c'est la chose la plus bête qui soit.
Ca te pousse à croire en un rien, rien que pour avoir un bouffon de plus dans le troupeau.
Ca cherche à te faire aimer les mêmes choses. Et ça t'interdit la différence en poignardant tes petites faiblesses.
Un humain, ça se dit civilisé, mais ça déteste les codes civils. Ça ressemble à s'y confondre à un animal, sauf qu'on s'y perd quand ça scande de jolies phrases bien pensées.
Ca aime la musique, surtout quand il s'agit de friquoter. Faut dire que ce truc a souvent envie d'oublier qu'il n'a rien d'immaculé.
C'est drôle ce truc. Mais moi, je n'ai plus le coeur à me faire drôle.

mercredi 25 juillet 2012

" Dear lord, you've done took so many of my people. I'm just wondering... Why you haven't take my life? "

mardi 17 juillet 2012

Au début, ce qui faudrait faire, c'est arrêter de chercher ce qui faudrait faire.
Après, faudrait trouver une autre option, un autre plan, ou un autre problème plus facile à résoudre.
La vie devient, est un Rubik's cube et cela est définitivement intemporel.
Alors, il faut tâcher de faire taire les gens pour avoir plus de couleurs semblables dans la même rangée.
Et pour cela, il faudrait qu'il y en ait certains qui aient la même tache que nous. Aligner des couleurs.
A trop écouter, on finit par parler. Et les mots ne sont pas des couleurs. C'est juste des mots.
D'ailleurs quand je t'ai connu, c'était des mots.
Aujourd'hui encore ce ne sont que des mots.
Les lettres sont le problème. Les couleurs, la solution de l'infernale équation.
Rien à voir avec du brouhaha philosophique, c'est des mots.
J'en suis loin de l'alignement et encore plus de l'unicité d'une surface de mon Rubik's.
Je suis peut être même ce qui fait orbiter et coincer à la fois les petits cubes.
Quelque chose d'insignifiant s'est passé. Et ça a coincé. Cela fait mal de ne plus voir mes couleurs tournoyer.
Et quelque part, un Rubik's cube ce n'est même pas une affaire de quotient mais de patience.

Nada.

Et puis quoi?
Et puis pourquoi?
La vie a au moins le charme des tourments et l'assiduité des foutages de gueule.
Et puis quoi?
Pourquoi s'en défaire? A quoi bon vouloir un ailleurs? Si je devais partir, ou mieux voulais, y'avait qu'à se donner la mort. Et même que c'est gratuit. Et même que dans tous les cas, j'aurais raflé la mise. Le gros lot, celui du rien.
Alors, il serait bon de se l'avouer. Ici, c'est beaucoup mieux. La vie c'est tout ou rien. Et souvent rien. Ce qui la différencie de la mort, c'est que y'a que y'a toujours cet espoir de rafler le tout.
Même si après y'aura rien. Mais c'est suffisant. A peine levée, tu bailles l'espoir. A peine endormie, tu l'enterres.
Et après? Rien.
Pas besoin de s'y éterniser. Ce ne serait que peine perdue. Ici ou ailleurs, l'espoir vaut le rien. L'espoir est un tout, jusqu'à ce qu'il n'en soit rien.


lundi 9 juillet 2012

-Un blog c'est dégueulasse
-C'est quoi dégueulasse?




Rodion retourne au stylo et aux feuilles.
FIN.

jeudi 5 juillet 2012

And the Northern Lights in the crystal nights came forth with a mystic gleam.
They danced and they danced the devil-dance over the naked snow;
And soft they rolled like a tide upshoaled with a ceaseless ebb and flow.
They rippled green with a wondrous sheen, they fluttered out like a fan;
They spread with a blaze of rose-pink rays never yet seen of man.
They writhed like a brood of angry snakes, hissing and sulphur pale…

–Robert W. Service, “The Ballad of the Northern Lights”

mardi 29 mai 2012

Tendre jumeau avorté, j'ai fait comme toi. Je me suis résignée. J'ai accepté. Et j'ai aimé.


...Même s'il m'arrive encore d'en pleurer.

dimanche 6 mai 2012

Double discours apolitique absurde asocial.

J'avais une idée. J'en ai toujours eu. Le problème n'est pas d'en avoir. Mais de s'en souvenir.

[La porte grince. Je commence à comprendre pourquoi les grincements des portes sont toujours présents dans les films et les livres. Ca traumatise tellement leurs auteurs que ces derniers se portent garants de contaminer le récepteur. Tout ça pour dire que ma porte grince et que je me fais auteur.]

Ils ont dit que j'étais un cadeau du ciel. Je me demande ce qu'ont les êtres humains à s'éprendre de leurs fardeaux. Tiens. Prométhée par exemple. On est d'accord que c'est un con fini ce titan. Mais ce qui est encore plus écrasant ce n'est pas sa connerie mais le fait qu'il serve à enjoliver les phrases où des gens se sacrifient pour les autres, colportent le savoir comme la peste en disant l'offrir gracieusement. Ne vient-on pas me dire après qu'un Prométhée ça jouit en bronzant sur une montagne à se faire sucer par un rossignol. Ils ont tous fini au bûcher ces érudits de mes deux. Ces bon saint maritain. Bien fait. L'homme n'a pas à être cru, ni à ce qu'on croit en lui. C'est d'une vanité ignoble de le faire. Ce serait se dire Dieu.

[Je détestais le fait que les portes avaient le droit de claquer avant. Non parce que je me pense juge des portes mais parce que moi je n'avais pas le droit de les claquer. Comme si cela changeait quelque chose. Que je le fasse ou qu'elles fassent d'elles mêmes. Il est vrai que toutes les fois où je l'ai fait c'était pour crier silencieusement "salope" à ma mère. Mais les grincements aussi c'est injurieux. C'est même très injurieux pour l'angoissée que je suis devenue aujourd'hui. Ce n'est pas un procès que je fais aux portes ou ma mère qui préférait me claquer moi. C'est juste qu'en claquer quelques une m'auraient peut être sauvé de l'angoisse.]

Je ne hais pas spécialement quelques un pour en apprécier d'autres. Je les aime tous les gens. Je les aime trop. Tellement... qu'il me faut toujours vingt mètres de distance quand un homo sapiens est aux alentours. Cette phrase a l'air de puer l'ironie. Que l'on se détrompe c'est juste pour le style. Les gens sont ma plus violente histoire d'amour. Ce sont eux qui m'ont tout ôté. Ce sont eux qui ont tout tâché, gâché, réprimé. Ils s'en acquittent tous. C'est cela le drame peut être. Ou le bonheur. Je ne sais pas. Mais je tiens à la bonne mémoire. Je tiens aux faits inébranlables et à la préservation de l'histoire. Eux? Non. L'histoire, ils en ont honte. La preuve, ils la réinventent depuis des lustres. Une seule bible pour des éditions de toutes formes et pour tous les goûts. Et s'il y a bien une chose pour laquelle je les haïrai jusqu'au seuil de ma tombe, c'est bien la cloison qui me tient à l'écart de celui que j'ai renié pour eux: Dieu.

[L'appel à la prière a une particularité. Il fait taire les pieux et la nature. La psalmodie s'arrête, le vent reprend du service. La télé elle gueule toujours. Et la porte re-grince. Décidément. La voisine au dessus fait sa marche digestive du soir. Trois petits tours à la salle à manger sur des talons bien hauts. Elle digère. Je m'allume une clope à défaut de crier.]

Entre Dieu et moi, il n'y a jamais rien eu. Je me suis résolue à m'accepter commune entre le commun des mortels. Je me suis crue sorcière à 12 piges et sainte à 20. Quelque part, je m'égare toujours entre le sein et le saint. Mais on me trouve pure. Moi je trouve que c'est ce qu'il y a de pire quand on est un homme parmi des hommes. Ma dite pureté est illusionnée par des êtres humains que je tolère. Voire dont j'apprécie la présence. Je ne sais pas s'il y a un lien entre leur illusion que j'alimente sournoisement et leur présence dans mon quotidien. Si c'est le cas, ce serait horrible. Ils aurait eu raison. Je ne sais pas, j'ai eu beau formuler des pourquoi, on répondait à cette grande question du "distillé" par de belles phrases très vagues qui ne me flattaient nullement.
Parce qu'au fond, je savais qu'à Lui on ne la fait pas. Que lui sait qui je suis. Et que de tous ceux qui se plaisent à dire qu'ils me connaissent, Lui seul a dessiné mon être. Lui, par contre, je lui voue un amour tout autre, de ceux qui ne sont régis ni par le bien ni par le mal. Cet amour est juste entaché par ma peur. Ma peur de ce qu'Il voit en moi. Sa perception de ce ce que je déteste en moi : mon signe d'appartenance à leur genre, l'ultime,mon humanité.

[La porte est ouverte. La voisine a fini son jogging. J'ai simulé un rire. J'ai feint le bonheur devant ma famille. Puis je suis retournée de là où je viens, les mots. Parce que s'il y a bien une chose qui puisse caractériser mon angoisse c'est que devant la virulence des mots les portes s'ouvrent.]

mardi 24 avril 2012

T'as l'air maline à te miroiter dans le meilleur, leur meilleur, ce qu'ils ont à donner et non ce qu'ils te retireront à la première dette impayée.
Essaye de te voir dans leur merde. Si cela te renvoie à un "tien" méconnu , ne t'en plains pas. Je t'ai formellement inhibée de te chercher ailleurs qu'en toi.

samedi 21 avril 2012

La nuit je mens

Cette maison, je l'ai aperçue à 16 ans en flemmardant fortuitement dans un quartier méconnu.
Elle n'était qu'une demeure que la vie a usé, ravagée par des colonisateurs très vite repentis d'y avoir vécu bonheur ou malheur. En tous cas, jusqu'à aujourd'hui, elle est désertée. Enfin, seul un déserteur y loge. Enfin, à ce qu'ils disent.




Le Déserteur



...J'ai quitté le bercail après vingt et un hivers sanglants. La vie était devenue beaucoup trop rude après autant de saisons pluvieuses. Le pays tremblotait sous les émois des gens qui s'animent avec les tourments du marché et de la finance. Moi, j'étais seul. Et j'avais décidé de l'être un peu plus. Enfin, beaucoup plus. Je n'ai pas tout emporté le premier jour. J'étais occupé à expliquer à ma mère que la vie c'est pas des plasmas. Cela m'a pris tout mon temps. Les jours suivants, il fallait décarpiller. Finalement, je n'ai rien emporté. Quelques sous que ma lâcheté m'a obligé à "emprunter" au paternel.
Je suis un bourgeois raté qui a décidé de changer de classe. Un peu plus bas monsieur, oui un peu plus bas. Au large, à la débauche et à l'errance qui impressionnait le gamin insouciant que j'étais. Ma bohème, je me chargeais de l'imaginer avant même de la trouver, avant même d'être sûr de la trouver. Loin, au loin le chaud des étreintes maternelles, mes rêveries oedipiennes, au loin les persécutions du sûr. Dévêtu devant la majesté de l'inconnu et la véhémence des départs désenchantés.
Je croyais ne jamais avoir aussi peu mangé les premiers jours, et les suivants je les ai passé dans une clinique qui s'indignait de soigner une vermine de mon espèce. Mes parents, mécontents, s'étaient contentés de payer mes bêtises en attendant les prochaines. Moi, je gardais l'arrogance de la bourgeoisie, assez pour m'adapter à la vie dans les sous-sols de la société. Je me suis essayé aux poubelles, au noir, aux putes, aux chambres d'auberge avec l'argent du noir. J'avais enfin les mains sales. Je m'étais enfin asservi à la plus pure des dictatures : Celle de l'état de la vie. Et pis, il y eut cette fille. Il en faut toujours une, de toutes les manières. Je la voulais. Au premier soir passé à ses côtés dans le bar de mes jours heureux, j'avais compris qu'elle ne serait à moi qu'un soir. Qu'elle ne serait que nue dans un lit où elle se languirait de se rhabiller à l'aube. Dans un lit dont je me presserais de lui faire oublier le nauséabond. Juste un soir. J'eus mon soir. Et j'eus ma première déception. Mais ma déception n'était plus aussi bourgeoise que l'avaient imaginé mes parents en me voyant écrire mes premiers poèmes lyriques. J'étais un paumé. Et cette fille s'était empressée de me le rappeler. Elle n'était plus une fille pendant mes soirées les plus sombres et les plus alcoolisées. Elle était des filles. Puis des gens. Puis toute une société, et pour finir une humanité. Qui s'était réjouie de me rappeler que ce que j'ai quitté par caprice d'autres le fuyaient par... Par quoi? Je ne sais pas. Amour? Envie? Sûreté? Confort? Besoin? Famille? Oui juste parce qu'il le faut.
Mon caprice devenait torturant. Jusqu'au jour où je vis la demeure déserte. Elle me convenait. Débraillée autant que je pouvais l'être à leurs yeux. Imperceptible autant qu'ils voulaient que je sois. Horrifiante comme je pouvais l'être quand l'argent sale se faisait devancer par le propre. J'y trouvai mon premier refuge. Et elle devint l'ultime et le seul. Acquitté de tout ce que la société imposait aux chasseurs de bonheur, ma seule tâche à moi consistait à guetter le passage de la police dans le quartier.
Accoudé au bord de ma fenêtre, je l'aperçus par ce jour printanier. Elle devait au pire guetter les 16 étés ensoleillés. Et elle regardait en ma direction. Elle n'avait pas l'air de me voir. Mais moi je la voyais. Je voyais surtout son regard. Ce devait être la première fois que je tressaillis de peur depuis mon départ d'il y a vingt ans. Effaré, je rejoignis le cadavre d'un fauteuil trouvé à la décharge et je m'y affalai comme si j'eus été cogné. J'ouvris mon livre "Le capital". Mon polar du moment ne m'amusai pas ce jour là, je repensai d'abord à mes parents. Puis à cette fille qui serait peut être assise à ma place dans vingt autres automnes. Ne sachant même pas si ses parents seraient vifs ou morts.

Ce jour là, mes cigarettes volées n'étouffèrent aucun de mes sanglots...






lundi 16 avril 2012

Non, Monsieur le Big Brother, je ne vous ai jamais aimé.

...J'avais toujours eu cette particularité d'étirer mon regard vers un vide beaucoup trop lointain. Ce qui me permit dès l'instauration de la loi des immatriculés, de ne jamais avoir trop de soucis avec les louangeurs des réformes et du nouvel état. Mon numéro est le 1111. Lorsque je sus mon numéro de matricule, le nombre me fit sourire intérieurement. Je découvris, en le voyant tatoué sur mon poignet, que désormais toutes mes émotions devaient fortement être confinées, réprimées, assourdies. De tous mes semblables, je devais être le seul que ça arrangeait.
Avant (2012 c'est désormais "avant"), j'étais d'ores et déjà préparé à l'immatriculation. Le petit vilain canard taciturne aimait son apathie, sa froideur et la rigidité de ses expressions. A 12 ans, une fillette m'avait rit au nez parce que je lui dis "je t'aime" comme on dirait "bonjour". A vingt ans, mes professeurs avaient été fortement agacé parce que je reçus mon diplôme de fin de scolarité comme on reçoit le pain de chez l'épicier.
Jamais, je ne m'étais imaginé cependant que mon passé d'angoissé allait me servir à ce point. Avant, j'étais affligeant, terrorisant. L'Elephant Man. L'inhumain. Aujourd'hui, parmi tous mes êtres lobotomisés, je suis le seul qui n'ait pas eu droit à la lobotomie. Je suis l'humain.
Le soir de l'excision des êtres, un responsable mortuaire s'écria: "Celui-là qu'on le tatoue toute de suite, il ne risque pas beaucoup de nous faire chier avec des élans libérateurs avec ce regard de paumé." La troupe de bouchers ricanèrent en choeur. Moi, je ravalai d'un trait une des plus grosses crises d'euphorie de mon existence. Mon regard s'éparpillai parmi les visages. Que dalle.Un autre inspecteur m'épiait presque avec ennui.
Non, la vie au dehors n'était que sensorielle pour moi. Et jamais mes sens ne se confondaient avec mes tribulations émotives. Tout se jouait dans ma tête. Tout était orchestré par le neuronal. La vie n'a jamais eu un intérêt véritable pour que je ne tache pas de la rebâtir en moi. Tout le mal que j'avais imaginé ma terre endurer, s'était réparti aujourd'hui avec toute l'assiduité du maléfique. A 11 ans, je m'étais gardé, après une remarque affligeante de la part de mon père, de partager mes visions apocalyptiques avec le monde extérieur. J'avais vécu toutes les années qui ont suivi à me préparer entre deux cauchemars éveillés, à ce jour particulier.
Et en ce jour, je suis libre.
Jamais, je ne m'étais senti aussi libre, jamais.
Il faut dire que mon comportement, mes attitudes, mes défenses sont les mêmes. Mais "avant", on m'avait rit au visage quand j'avais pointé du doigt ma tête à la grande question de la quête de la liberté. J'avais assisté à une révolution, je savais quand même ce que signifiait le liberticide.
Aujourd'hui, l'état est animé d'une transe du contrôle.
Tous mes faits et gestes sont guettés.
Ce que je suis à leurs yeux? Le 1111.

Moi,qui suis-je? Le païen qui s'est révélé prophète.

dimanche 15 avril 2012

Faits divers à la montagne de la mort.

L'homme en noir était entouré de sa belle foule, il était plus accoutré de ces gens, que de son parquas noirâtre.
Lui et ses moutons ne faisaient qu'un.
Nous étions dans un cimetière et j'étais la seule femme. Eux, ils ne me savaient pas femme.Un arrangement entre moi et la nature. Ils s'en passeront des détails, ils se passeront aussi du fait que je ne suis qu'un "liquide utérin fertile".
Le "berger" bouillonnait. Je connaissais ce genre de transes. Je connaissais le mythe d'Alamut. Je connaissais les meurtres au nom de la foi. Puisque dans la tombe reposait mon frère. L'homme avait très vite oublié "El Fatiha" qu'il devait à mon mort. Il s'élança dans ses réprimandes qui eurent l'air d'accabler plus l'assemblée que le macabre frigide.
"Qu'avez fait de votre vie?" Et c'est parti! Le Coelho macabre s'élance dans ses sermons à ne pas en finir.
Autour de lui, ça geindrait, ça hurlait en silence, ça pleurait en bons lâches qu'ils étaient.
J'étais en retrait, j'épiais la tendre mascarade, j'avais de la compassion pour cette humanité qui confond la peur des larves avec celle du divin. Celle du jugement avec l'amour qu'ils lui doivent. Un rire nerveux me prit ex-abrupto.
On regarda le jeune homme que j'étais à leurs yeux d'un air méfiant.
"Laissez, il ne mesure pas encore l'ampleur de sa vie de pécheur."
Je m'éloignai encore de la foule. J'avais peur de la contagion. J'étais à ce moment à plusieurs mètres d'eux. Je n'entendais plus rien. Au loin, la psalmodie de l'Adhén. Je levai les yeux vers le ciel et je les fermai. Mon rire nerveux était soudainement sourire béat. Tandis qu'ils s'élançaient tous en hâte vers la mosquée, je rejoignis le tombeau de mon frère, et je récitai avec mes larmes bénignes mon ultime adieu à celui qui m'a été ôté.
Avec une craie noire que je m'étais arrangée pour voler à l'école, j'écrivis : "Dieu est amour"
Loin de leurs râles de vivants en agonie, je m'élança vers ma demeure, retourner à ma vie de pécheur en mal de vivre. Celui de ne pas vivre assez. Celui de ne pas rendre honneur à cette essence transcendantale qui m'a été offerte. Je courais, le vent avait défait mes cheveux, j'étais à nouveau la soeur, la femme et la future mère. Et la future vie.

vendredi 13 avril 2012

Atteinte à votre nationalisme, attention, ne lisez pas!

-Mais c'est sidérant! A quoi jouez-vous? Je vis dans un pays où l'on se crame pour que d'autres, érudits en terme d'autopsie, qualifie notre mort de révolutionnaire, dégradante, fantasque, valorisante, blasphématoire, héroïque. Et vous, vous me demandez ce que je veux?
J'ai pas été là quand ils ont mis ce monde en place, je vois donc pas où je la trouverais ma place. Ces normes, ces idéaux, ces préceptes, ces idéologies, mais quelle plaie! A croire qu'ils aiment perdre leur temps, et me faire perdre le mien surtout. Me voilà accroupie dans un rang,dans une salle.On me demande de daigner me lever alors que le beau monde étouffe.On me demande même de saluer un drapeau.Saluer du tissu?C'est pour cette raison que ma mère a sué pendant 9 mois?Pour que je salue du tissu?Mais il est beau ce drapeau, c'est vrai.Mais qui d'entre vous peut me dire ce que c'est, à part un bout de tissu?La nation?Bah la nation elle s'en passera d'un couillon comme moi qui n'en a rien à branler de vos frontières.Jetez moi au front pour la prochaine guerre,je serais plus nationaliste que tous vos gaillards qui s'essoufflent à faire la cour à ce maudit tissu.Et puis, même s'il représentait réellement quelque chose,il ne vous unifie même pas.Généralement,l'unicité réside en des croyances communes.Comme celles que vous prétendez avoir,quoi.Enfin, vous vous êtes quand même arrangés pour qu'il y'en ait d'autres, des tissus.Diantre, que ça m'avance bien tout ça!Entre temps, l'homme cramé, on l'a vite oublié.Il est surement pas mort pour vos gueules.S'il s'est cramé, c'est qu'il doit pas être assez idiot pour croire en vous.Et sinon, à part la grande question de l'orientation sexuelle du ministre de l'intérieur et ses sex tape, il reste quoi aujourd'hui? Des caméras de surveillance dans le bled? Mais assumez votre tissu-phlie bon sang!Oh que vous avez l'air gentils à vous recueillir sur les tombes des vivants.Et un pauvre de sauvé!Et une organisation de lancée!Et le bénévolat!Et les photos!Et mon cul sur la commode!Et le pauvre, il nous plaint vous et moi.Enfin.Même pas.La bêtise est le luxe de ceux qui ont pu se payer des études.Et ça cogite!Et dieu que ça cogite!Et même que si la fin du monde en venait à être annoncée en sourdine,mon tendre pays en serait encore aux mains avec le dernier barbu qui a traité la fille de l'ex femme d'un digne militant mort il y a vingt piges.De pute.La belle affaire.Vous voulez que je sois digne du sang des martyrs?Vous qui fêtez leur journée en vous balançant au nom d'un idéal promis jamais conquis au premier rang de la mort? Enfin, escuzez-moi, mais là je suis tentée de vous rappeler que les martyrs des colons, vous les avez bien pleuré chez tonton Bourguiba.Et puis, désolée de vous emmerder encore en critiquant Vos idéaux en forme de V (le V ne me renvoie qu'au vagin,moi), mais n'en avez-pas marre de répéter les mêmes erreurs, les mêmes conneries? Vous voulez à ce point aussi crédules que vos ancêtres? Si l'un de vous a une envie de renouveau, qu'il sache que quelque part sur cette planète, un pays lui est en ce moment même en cours de suppression de la mémoire humaine. J'y ai bien cru à votre manège,à votre joli carrousel.Mais excusez moi,là je descends,j'ai la gerbe.

dimanche 8 avril 2012

Cette histoire qui n’a toujours pas de fin.




Histoire d’une fille, en vers, en rimes et en proses. Qu’on apostrophe de ses peines, qu’on qualifie avec ses rengaines. C’est l’histoire d’une fille qui est une acharnée des départs, assez pour ne plus savoir où aller.
Elle a mon âge, mes tresses, mes larmes et mes contes d’enfants balancés vite fait à l’apogée de l’aurore sous le monstrueux lit.
Elle a mes mots, et beaucoup de mes maux quand je la regarde dans le miroir.
L’histoire d’une fillette qui voulait plaire. L’histoire d’une fille qui a peur de s’éveiller seule.
L’écriture est une brillante carcasse. Les mots sont de vicieux boucliers.
Je voudrais rendre à cette fille ce qui lui appartient. Mais d’après certains dires, elle ne mérite même pas une fin.
Je n’aimais plus ce gars. Je l’ai quitté ce soir là. Et je suis partie la chercher.
Ce soir là, je voulais l’entendre me dire qu’elle m’aimait.
Ce soir là, je pensais que je pouvais m’aimer.
Je lui ai tout ramené sur du papier velours, sans mes mots de velours.
Je lui ai demandé de m’épier. De me regarder. Elle ne l’a jamais fait assez.
M’enfin, pas assez pour que je continue d’aimer ce gars. Pour que je sache qui a dit à ce gars qu’il fut aimé.
Je l’ai questionné sur ce que ses parents lui ont fait. Sur ce qu’elle demande, ce qu’elle veut ou déteste. Je l’ai regardé, non sans peiner, et me suis vue l’avertir de la vitesse excédante de la vie.
Et je lui réprimai sa désinvolture face au temps, aux ennemis, aux faux ennemis.
Son rictus, dévoilé sans gêne, je me le suis très vite approprié.
« J’ai des problèmes, je cherche à tout te raconter depuis des années, tu ne sais que fuir, tu ne fais que détruire, tu ne me laisses rien, tu ne m’as rien laissé. »
Elle rit.
« Aime moi donc, cela aura peut être une fin, qui sait.»
C’est là que j’eus mon deuxième rictus.
C’est là que j’étouffai mon premier sanglot.
Dans ma chambre vide, enfermée dans une histoire entre ce moi et moi…qui n’en finit pas.




dimanche 1 avril 2012

Pensées venimeuses autour d'un café acidulé

"Et dès lors, quand il s'agira d'écrire, vous n'aurez qu'à saigner devant votre feuille vierge."

Qu'arrive-t-il donc? Mon sang coagulerait-il? Ferais-je désormais partie des effrontées de ma génération qui tendent l'oreille à la vie et n'en rapportent rien? Qu'arrive-t-il à mes peines, mes désarrois? Mon émoi est-il aujourd'hui à confiner en mon intérieur?
Il est de ces drames dont on ne se relève jamais.
Les plus tenaces pour un transi des mots, c'est de ne plus en avoir pour peindre la douleur.
Imaginez l'acrylique en rupture de stock du temps de Monet ou les psychotropes formellement inhibés du temps de Burroughs.
Imaginez surtout mes plaies sans palliatifs, sans morphine, sans aucun foutu calmant.
Bonté divine, que suis-je entrain de me foutre?
Et chasser les mots, et leur faire la cour, et se languir de quelques phrases réussies, n'a jamais été mon fort.
De toutes les injustices dont j'aurais pu me prétendre victime, celle-ci est la plus abominable.
Il y a des mois de cela, j'ai senti ce malheur venir. J'ai senti l'emmerde qui puait sur ce sentier emprunté fortuitement.
J'avais eu la superstition avant de penser que je défiais les cieux en écrivant. Que je purgerais des peines immondes pour chaque mot transcrit. Mais la mauvaise augure s'est révélée bonne. J'ai vécu chaque mot que j'ai écrit pendant quelques jours. Les émotions se mutaient en des souffles saccadés. Mes "choses", mes "monstres", mes personnages quittaient mon monde, pour intégrer subtilement mon quotidien.
Je n'ai plus eu besoin de créer. Je me suis abreuvé sans satiété de vivre. Et il n'y a pas plus grand péché pour un transi des mots.
Quelle idée d'avoir un enfant, de bâtir un bercail en dessus d'un berceau, de rêvasser un plan qui se fout à deux et qui ne se reproduira jamais sur des lignes!
J'ai enfanté des êtres incessamment depuis mes premières règles.
Ma fertilité m'a cependant évité les avortements. Je n'avais ni de couches à acheter, ni de comptes à rendre aux gens.
Mes enfants étaient pure fiction.
Aujourd'hui, je n'arrive même plus à me relire. Tout est épars. Des feuilles jetées, d'autres brûlées, d'autres dans d'autres maisons où ils serviraient de bonnes sous tasse. Mes progénitures, je les ai toutes reniées quand je pouvais encore plaider la fécondité.
Aujourd'hui, je n'attends plus d'enfants, je ne leur trouve même plus de père, depuis que j'ai trompé l'amour des maux avec le premier bonheur venu.



vendredi 23 mars 2012

محمود درويش - عابرون في كلام عابر






ايها المارون بين الكلمات العابرة
احملوا أسمائكم وانصرفوا
وأسحبوا ساعاتكم من وقتنا ،و أنصرفوا
وخذوا ما شئتم من زرقة البحر و رمل الذاكرة
و خذوا ما شئتم من صور،كي تعرفوا
انكم لن تعرفوا
كيف يبني حجر من ارضنا سقف السماء
ايها المارون بين الكلمات العابرة
منكم السيف - ومنا دمنا
منكم الفولاذ والنار- ومنا لحمنا
منكم دبابة اخرى- ومنا حجر
منكم قنبلة الغاز - ومنا المطر
وعلينا ما عليكم من سماء وهواء
فخذوا حصتكم من دمنا وانصرفوا
وادخلوا حفل عشاء راقص..و انصرفوا
وعلينا ،نحن، ان نحرس ورد الشهداء
و علينا ،نحن، ان نحيا كما نحن نشاء
ايها المارون بين الكلمات العابرة
كالغبار المر مروا اينما شئتم ولكن
لا تمروا بيننا كالحشرات الطائرة
فلنا في ارضنا ما نعمل
و لنا قمح نربيه و نسقيه ندى اجسادنا
و لنا ما ليس يرضيكم هنا
حجر.. او خجل
فخذوا الماضي،اذا شئتم الى سوق التحف
و اعيدوا الهيكل العظمي للهدهد، ان شئتم
على صحن خزف
لنا ما ليس يرضيكم ،لنا المستقبل ولنا في ارضنا ما نعمل
ايها المارون بين الكلمات العابره
كدسوا اوهامكم في حفرة مهجورة ، وانصرفوا
واعيدوا عقرب الوقت الى شرعية العجل المقدس
او الى توقيت موسيقى مسدس
فلنا ما ليس يرضيكم هنا ، فانصرفوا
ولنا ما ليس فيكم : وطن ينزف و شعبا ينزف
وطنا يصلح للنسيان او للذاكرة
ايها المارون بين الكلمات العابرة
آن ان تنصرفوا
وتقيموا اينما شئتم ولكن لا تقيموا بيننا
آن ان تنصرفوا
ولتموتوا اينما شئتم ولكن لا تموتو بيننا
فلنا في ارضنا مانعمل
ولنا الماضي هنا
ولنا صوت الحياة الاول
ولنا الحاضر،والحاضر ، والمستقبل
ولنا الدنيا هنا...و الاخرة
فاخرجوا من ارضنا
من برنا ..من بحرنا
من قمحنا ..من ملحنا ..من جرحنا
من كل شيء،واخرجوا
من مفردات الذاكرة
ايها المارون بين الكلمات العابرة

LeDerviche

mardi 20 mars 2012

"Il a vraiment fait beau aujourd'hui."
J'ai tâtonné dans le noir d'une matinée éblouissante pour trouver ce maudit téléphone, écrire ce message et me rendormir sous le poids d'un mensonge auquel je n'ai pu croire. Le passé est composé, mon passé me compose et la matinée fut belle pour qu'il ne soit que simple. Quatre heures pour me décider à me réveiller. J'ai toujours été tardive, il  m'a fallut des années pour m'avouer les vérités les plus élémentaires, rien que parce qu'elles étaient aussi dérangeantes que ce réveil sans raison. A quoi bon se réveiller? Pleurer la sécheresse d'un pays antérieurement aride? Ni mes larmes ni la pluie n'abreuveront la soif de ma terre. Me réveiller? Moi l'exilé dans sa propre antre, pour ne rien faire d'autre que se pavaner comme un roi alors qu'on est le plus bas des esclaves?
Ni la vérité ni les mensonges ne changeront rien aux couleurs rouges des chaînes. Me réveiller? Avec tous ces regards inquiets, las, afflictifs. Avec l'odeur putride de la mort qui réveille les enfants en cris, et qui sermonne les vieux en sursis? Je n'ai plus les louanges des forts, ni la force des satyres railleurs. Me réveiller? Pourquoi le ferais-je ? Voilà, je le fais. Ma grand-mère me parle de son frère mort il y a trois semaines, elle ne verra jamais mes pleurs. Elle ne voit que le réconfort de mon sourire pieux. Un mort, un autre hier, hante facebook. Ici, le sang se lave et sèche très vite. Un autre à qui on a volé la vie au nom de celle de l'absolu. Les abrutis se pensent invincibles, les couards se croient super héros. Cela me fait amèrement sourire, que leur seul juge sera celui dont ils clament la protection. Mon chat, mon chat moche, oui, même parmi les bêtes, j'en choisis les plus excentriques, mon vilain canard vient s'affaler à mes côtés. Son air hautain se confond avec ma tristesse enjolivée de ce matin. Il a le visage tissé de cicatrices. Je lui cris dessus en larmes: " Pourquoi tu te fais ça ducon?". Le chat somnole, daigne lever le regard pour me rappeler ma bêtise et mes médicaments boycottés.
Je me retiens de me lancer dans un las monologue avec cette bête, je pourrais lui en vouloir de ne pas répondre. Il se taille, en baillant, me laisse avec tous mes deuils, tous mes amours envolés, toutes mes fausses promesses et toutes mes désillusions. A tort (ou pas), je dédie ce texte au plus humain de ceux qui m'entourent, Mehrez, le chat moche.

lundi 19 mars 2012

Incohérence et confession expérimentale

J'ai toujours l'idée de commencer mes phrases par des groupes nominaux. Ce qui est à l'évidence une preuve d'une certaine incohérence, devenue évidente mais vivable. Je m'en souhaiterais pourtant une pour écrire ce bouquin dont je rêve depuis assez longtemps.Je me la souhaiterais pour avoir une paperasse qui prouverait à une société modelée par les papiers cul, que je suis un cul valable. Même si ce n'est que pour qu'il soit mis sur une chaise, devant un écran. Je me la souhaiterais pour être dans les rangs des amoureuses bien foutues, bien pensantes, bien aimantes, moins torturées, moins torturantes. La cohérence ce n'est pas la méthodologie d'un essai pointé d'un 8 sur 20 en philosophie. Ou une animosité suffisante pour finir un texte littérairement léthargique de quelques lignes présomptueuses. La cohérence est ce qui manque à ma vie. Se réveiller tous les matins dans les mêmes lits. Non que je collectionne les amants. Je manque seulement de cohérence. Je commence toujours des trucs que j'oublie de finir. J'ai une fois commencé à être indépendante. J'ai oublié que ça ne consistait pas à quitter le bercail. J'ai aussi commencé le communisme, refusé les cartes de crédit, les intérêts des banques. J'ai oublié que retirer mon argent de chez la poste ou ailleurs, ça ne change rien au fait que des millions de chômeurs nourrissent un système auquel j'ai oublié que je n'y ferai rien.J'ai commencé le fortuit, j'ai oublié Dieu et la miséricorde.J'ai commencé un tas de choses, des études, des jobs, des amours, des querelles, des deuils, des départs, des retours, des fins, heureuses, malheureuses, je n'ai rien achevé. Et dans cet inaccompli, inachevé, avorté, réside cette malfrat d'incohérence usurpatrice de tout ce que je pourrais à l'heure qu'il est, considérer comme une fierté ou une vengeance sur la vie. Et à vrai dire, ce n'est ni affaire de sens ni de bon vouloir, ni de toute la chimie dont mon corps se plaint. Il n'est question que du bon vouloir. Non, tout compte fait, il n'est question que du non sens des deux phrases qui ont suivi cette dernière. Enfin, précédé je veux dire.

jeudi 15 mars 2012

You know i'm no good: Confession d'une haineuse/amoureuse anonyme.

J'évitais de prendre de ses nouvelles, d'approcher son quartier et ses rares connaissances qui l'ont connu sobre et souriant! Mais un con a cru bien faire, sa mère! Je suis forte, forte, forte! Lui? Il a toujours été faible, pour moi et surtout sans! Ce fils de pute a bien choisis son moment pour faire un malaise! J'ai déjà du mal avec mes propres échecs, alors ses échecs à lui! Je déteste cette odeur de tabac-deuxième-main celle qui s'échappe des vêtements le lendemain! 
- Madame, vous restez ? Il va bientôt se réveiller. 
- Non, ne lui dites pas que je suis passée!

Nous nous sommes aimés, enjolivés, séduits ainsi. Dans le fuis-moi, je te suis. Et quand moi j'ai arrêté de suivre, y'a pas que sa bouteille qui m'ait prise mon fauteuil préféré. Mon bougre était un transis des salopes bon marché, moi j'avais été la plus coûteuse. J'avais la sale manie de poser mes bottines sur sa table à deux milles livres. Celle qui m'a suivi se parfume à la Ricci, et le dresse à coups de tailleurs Vogue. Je ne me sentais même plus à l'aise à faire le renifleur dans les friperies. Et dieu que mon amour pour les vieilles affaires lui en a coûté. Je m'étais mise à me trouver laide, repue, incongrue dans la dynastie de Ève, plus proche des couillons que des Blanche Neige. La dernière fois où je m'étais décidée à emboîter le pas et aller lui parler, il puait encore la désinvolture et la lâcheté. C'était encore reparti pour un "suis-moi". De toutes façons,j'étais trop chère.Quand il eut terminé avec sa fausse convalescence, il se mit en tête, le con, d'épouser sa pute.
Le jeu allait devenir chiant. Une femme mariée aussi jalouse que mal baisée ça ne m’intéressait guère. Des pensées horrifiantes avaient suivi cette nouvelle annoncée prestement par des amis vaillants. Mon compagnon de jeu, fervent consommateur des cigarettes puantes, m'abandonnait. Bordel, même ses échecs faisaient dans la superbe. Non seulement il s'en remet. Mais en plus de cet affront à notre amour joueur, il abandonne la partie, ne me laissant nul autre choix qu'un "Game Over. Nouvelle partie."
Dieu ne joue pas aux dés mais il a crée les pires joueurs. De vils renards et de mauvais perdants. Et le jeu ne fait que commencer. Je m'étais mise à vivre ses échecs et à croire à ses illusions. J'ai beau faire le couillon aux bottines usées, je reste femme. Assez femme pour creuser une tombe pour deux.
Je crois que j'ai battu un record, des beuveries bien réparties faisant office d'activités et une bonne vingtaine d'amants dépressifs aux trousses. En deux ans, je n'avais plus aucune nouvelle de lui, mais je continuais à creuser le gouffre pour les deux. Le mien devenait de plus en plus spacieux pour accueillir son corps mou d'homme en fuite. J'avais rencontré par un soir où je tenais à me réchauffer autrement que par le poêle, la personne qu'il me fallait. Friqué, naïf et n'ayant pas connu l'usure de l'amour. Je lui ai payé son service, en tâchant de bien remplacer le poêle. Il avait l'air joliment effrayé quand il m'avait vu défaillir inconsciente sur le parquet. Une autre aurait très vite trouvé toutes les raisons pour l'aimer celui là, une autre, pas moi.
Il se mit à chercher avec virulence et hâte n'importe quelle adresse ou numéro à appeler dans mon appartement. Et c'est là qu'il me rendit le service sans même le savoir.
"Monsieur A, vous ne me connaissez pas, c'est au sujet de L, elle vient de perdre connaissance, vous êtes le seul numéro que j'ai trouvé dans son appartement, qui que vous soyez, aidez moi s'il vous plaît. Je crois que c'est grave.Je ne sais que faire, je ne sais que faire."

-Monsieur, vous restez?
-Non, je repasserai demain.


Merci commentatrice/commentateur anonyme.

lundi 27 février 2012

Mort d'une veuve solitaire

Le tapage frénétique de ce texte sent l'humus à l'eau de rose ou de vie.
Il faut bien que l'on souffre dit-on. Il faut bien que l'on perde. Que l'on dise juste mat alors que ce n'est qu'échec.
Là sont les lourdes loi de tout jeu. Et des plus cruels, seul celui de la vie est le plus attrayant pour les hommes/âmes.
Cela ne nous ennuie guère de miser le tout pour un rien. Cela ne nous ennuie guère de nous essayer aux roulettes russes.
"Ne viens pas pleurnicher après" Disait souvent maman, tata et mamie.
Elles avaient raison. La déraison de l'adulte est la raison de l'enfant/joueur. Et inversement.
Je n'ai pas assez joué dans mon enfance. J'ai préféré le faire en grandissant. Des fois,je me surprenais à m'imaginer fuir le jour de mon mariage pour aller me prendre un bon café chaud, loin, devant l’éclaboussement d'une mer désinvolte.
Je me suis imaginée le retrouver lui. Dans un ailleurs, où il ne dirait pas non à un baiser que j'ai beau chassé depuis des années.
J'ai joué à faire d'un homme celui d'une vie. Le pointer d'un doigt et crier à tort, à travers, à remords : C'est lui! Mon amie en ce temps m'avait conseillé de retourner jouer avec mes poupées.
Bougre! Elles n'imaginait même pas ce que ça m'a demandé comme effort pour ne plus noyer Barbie dans ma baignoire.
Les jeux des adultes deviennent cependant différents au vu de leurs âges et de leurs dites expériences. Chacun son dada, dit-on. Moi je dis, tout le monde est un joueur d'échecs.
Et en choeur, j'ai vu des hommes scander tout haut : Mat! Mat! Mat.

Moi, j'ai fait dans le particulier.
Ma compagne a un moment m'a faite abandonner Ken.
Je ne m'en suis pas remise jusqu'à ce jour.
Mais ma tendre amie la faucheuse ne se contente pas de me voler mes êtres.
Elle rit de mes élans de possession d'être vaniteux, me snobe, en m’annonçant par certains soirs qu'elle ne saura tarder à en repêcher un le lendemain.
A mon réveil, je suis déjà amenée à me travestir de noir à un nouveau funérarium.
Cet homme que je viens de perdre ne m'était pas particulièrement cher. Les hommes bons, je n'y ai jamais été indifférente. Mais je n'ai pas non plus à le pleurer. Je cède le chagrin à sa veuve. Cette femme qu'il a laissé, aimé, choyé. N'ayant pas eu la félicité ou la malédiction d'enfanter, ils étaient deux gosses. Deux vieux gosses. Deux tendres amants.
Sa veille (le jour qui précède la mort d'un homme lui est complètement dédié), une douleur m'a déchiquetée.
Une vieille douleur. A laquelle je n'ai jamais cru. Affaire de bon sens. Quel goujat se prétendrait capable de prévoir la mort. Mais cette douleur là, je la connais. Elle a crié "Échec et Mat" à 6 heures du mat'. A bout de souffle, à bout de somnifères, je m'étais affalée sur mon lit de circonstance. Je me pensais assez forte pour ne pas me réveiller. Et j'aurais réellement aimé ne pas bailler 8 heures après en fumant ma première clope et en buvant ma caféine.

"F. réveille toi bordel! Il est 15h, il fait beau. Sors prendre l'air!"
"Le sommeil ou l'éveil, trouve moi une seule différence et je me lèverai de ce lit."
Leurs rires francs m'ont amenée rageuse à me réveiller.
Une heure a su donner raison à ma léthargie. M.N était mort.

Je suis une amnésique. Un déserteur. Une solitaire aigrie. Cela faisait plus de deux ans que je ne l'avais pas vu. Mais je me suis habituée.
Je ne me vois pas m'affilier à l'ange de la mort. Je ne me vois dans le prémonitoire des départs. Je ne me vois pas donner ma sensibilité hyperbolique, prétexte à ce pressentiment toujours incongru.
Mais  M.N est bien mort.
H.G aussi.
R.I
S.W
Et un voisin de pallier dont la mort m'a épargné juste le nom.
Et quelque chose me dit que devant l’échiquier de la vie, je serai toujours la plus abjecte des spectatrices.








Note: God works in mysterious ways.

dimanche 26 février 2012

Dieu, cette peine est incommensurable...Suis je la châtiée de la mort?

Rabbi yarhmik M.N.

vendredi 24 février 2012

Non, je ne tolère pas l'injustice. Au péril de mon souffle de vie.

jeudi 23 février 2012

Psi : la lettre grecque la plus incongrue dans l'alphabet.

Si l'on consent à signer le contrat de la vie, il faut dès lors accepter que TOUT se produit et que RIEN n'arrive.
J'avais eu l'idée farfelue d'attendre la mort il y a une semaine ou deux de ce moment où je transcris ma phrase actuelle. C'était bête je dois l'avouer. Odieux même. Et si je me révèle centenaire. Trois paquets de clopes et une grève de la faim n'y feront jamais rien. J'avais oublié qu'on peut même survivre aux suicides. Survivre à tout en fait, et mourir d'un rien. J'avais cependant continué ma scarification tordue pendant des jours et des jours. Je m'étais dite avec banalité que "sans lui, je n'avais aucun lieu d'être". Et que vivre était pénible, et bla et bla et re bla.
De toutes les saloperies de la vie, j'avais omis le plus particulier. La pathologie la revigorante des hommes, l'espoir. Qu'est ce qu'une connerie pareille est venue faire dans mon calendrier funèbre d'or et déjà tracé?
Je n'en sais rien à vrai dire. Je ne cherche pas à savoir. J'ai fini par m'habituer à l'amour de cet homme. Il m'a longtemps gardé en vie. Et ça n'allait s'arrêter de si tôt.
J'ai quand même gardé ma résignation à arrêter de manger. Et mon estomac, et mon potentiel ulcère me font même sourire en ce moment. Je sais que j'ai de forte chances de survivre. A tout. Sauf à son amour.
Et ça me flagelle. Et ma béatitude me flagelle. Et je reste là tel un pendu à me languir de ma corde et de mon inertie.
Je ne donne pas de leçons. Je n'en reçois pas. Cela fait aussi un bon bout de temps que je déserte l'école.
Au fond, qu'est ce que je fous ces temps si j'ai arrêté d'attendre la mort? Je m'extasie devant l'ironie du destin.
Les sarcastiques m'ont longtemps plu. Hommes, femmes. Alors que dire de l'ironie du ciel.
Il y a quatre ans, un médecin m'a demandé si je voyais des lumières bleues. Naïve, j'ai répondu "Oui,souvent". Diagnostic? Schizophrénie. Aujourd'hui, ça me fait rire. Je voudrais revoir le médecin. Lui conseiller Avatar le film. En 3D. C'est magnifique le 3D. Mais pas plus magnifique que de lui balancer mon diagnostic actuel.
Diagnostic? Etre humain.
Aujourd'hui, il faut se garder de me parler psychanalyse. J'en ai reçue des claques. J'en ai connu des divans et des lits. Je ris à l'idée qu'ils ont cherché à déraciner l'amour avec des piqûres qui coûtent la peau des fesses, au sens littéral et figuratif.
Je ris aussi en repensant à ce vieux bouffon qui avait une cassette des Floyd dans son bureau, juste pour amadouer les ados en ébullition.
J'en ai vu de toutes les couleurs. Surtout du bleu. Rire amer.
Merci pour ce 23.

Reflexion IX

Un fétichiste des détails, qui de plus croit aux signes, est décidément mal barré.

mercredi 22 février 2012

Mais tu es seule!
...Non, je commence juste à préférer les lumières tamisées aux lumières aveuglantes, la cécité véritable est de ne rien ressentir. Ma solitude est mon ultime refuge. Lorsque le fait qu'un bouquin puisse être une meilleure compagnie qu'un être humain te semblera évidence, tu pourras peut être me comprendre. Et ne t'avoues jamais con à me trouver incohérente ou au contraire bien pensant. Évite cependant les jugements de valeur quand mes semelles te sont trop grandes ou trop petites.
Les gens sont tout le temps effrayés. Comment peux-tu me reprocher mon stoïcisme primaire? Je ne sais pas mentir, j'ai fini par abdiquer les masques de clown. Je ne suis là ni pour faire rire, ni pour alimenter la pitié. Les cadavres que je vois m'ont faite détester la médecine légale. Je pourrais y prendre goût et vouloir la mort. A constater leurs cris stridents et leur obsession de se vanter d'avoir une vie, je me surprends à penser que les pôles s'inversent. Et que la vie n'est que la mort en fait. Pourquoi alors pratiquer la médecine légale, quand je me fais médecin légiste rien qu'en étant entourée d'eux?
Non, non, je ne suis pas obscène au point de leur porter une haine quelconque. I, a un jour dit que la misanthropie est l'amour inconditionnel pour l'homme. Et quand on aime l'humain comme je l'aime, on ne fait que l'éviter. I, avait raison. Mais I. a peut être mal compris Bukowski ou m'a mal comprise. Je ne sais pas. Je l'évite.
Je ne suis pas une morgue, une chambre à gaz peut être, mais pas une morgue. Et les plus hardis me connaissent parce qu'ils ont appris à respirer. Parce qu'ils savent que fumer c'est respirer. Enfin,je ne sais pas. Pour eux et pour moi, c'est ainsi.
Ne me pense ni différente, ni marginale, et n'ose même pas faire de moi un cliché.
Ma vie n'est pas une oeuvre. Je suis de passage et je l'accepte. Blâme mes lectures mais pas moi. Enfin, au fond, blâme moi, je n'en ai rien à secouer.

Tu parles trop.

Tu m'as pensé seule. Alors continue dans ton acheminement. Essaie les bougies mon ami. Essaie les ténèbres. Essaie le froid. Essaie la faim. Essaie la chasteté. Essaye tout ce que la vie peut prétendre immaculé. Puis réfléchis à tous leurs antipodes. Le contraste effrayant des choses est l'ultime vérité.
La seule prise de conscience (que je te souhaite) est dans un tube d'acrylique noir balancé sur une grande feuille blanche.

Tu es dangereuse parce que tu es convaincante.

Je le suis peut être, mais il est vrai que l'on préfère les flingues aux mots tranchants.
Le trafic des armes est illégal, abjecte surtout. Il ne sert qu'à faire taire le trafic présomptueux des grands mots. Je préfère sincèrement qu'on me tire dessus. Je serai surement un macchabée souriant. Imagine, à ne rien trouver à rétorquer, on m'offre le salut de la mort. Pardon, de la vie d'après.

mardi 21 février 2012

Quand une porte se ferme, une autre s'ouvre.

Le jour où tout a changé.

Laissezmoicreverdignement

Tu veux que je t'avoue un truc? Je prépare un sale coup. Hein? Depuis quand? A en croire la famille, depuis ma naissance. Un enfant qui préfère les arbres aux dessins animés, c'est effrayant. Il paraît qu'ils ont pris des précautions. Moi aussi, d'ailleurs. A toi je te l'avoue. Je suis devenue intelligente avec le temps. Oui vas pas croire à ces sornettes de classification et de quotient, l'intelligence s'acquiert. Sauf pour pour de rares cas. Et ils ne s'en plaindront jamais. Seuls ceux qui croient à la connerie individualiste se crèveront l'oeil. Pourtant il est évident qu'elle n'est qu'universelle. Oui, l'homme universel existe et il est bête. Sinon, divisés en petites particules d'êtres, nous sommes tous intelligents, si nous le souhaitons. Cela va de soit. Ma paresse à moi a contaminé tout hormis mes élasticités neuronales. Passons. Avec le temps, j'ai compris que ce n'était forcément une bonne idée de faire l'érudit. A force, ayant choisi la paresse, beaucoup m'ont pensé folle. Et cela a accru mon besoin de me faire plus intelligente. Mon sale coup? Avoue que tu en crèves de ta sale curiosité. Bon, bon, t'as raison. J'arrête avec ces grands airs. C'est la boisson. Je ne suis pas habituée à la liqueur les soirs de départ. Alors mon coup mon cher ami? Tu vas te marrer. Le diable s'avère vertueux. Oui je cherche à redéfinir le bien et le mal. Non, pas avec un clip à la "born to die". Ni avec des mots dégueulasses. Ni avec des plans tordus. Non. Bien plus que ça. Je veux leur prouver que seule la différence compte dans un monde transformé en enclos. Vivre une vie qui aura un sens, une portée, qui ramènera mes gosses (que dieu me préserve de la maternité ceci dit en passant!) de l'égarement à la droiture qu'ils auront choisit. Je cherche à prouver que les ratures sont les lignes de la vraie réussite. Celle d'avoir dignement vécu sa vie. Non, pas le tralala du genre "la vie est courte, profitons en". Non, bien plus. La vie est cette éternité que l'on pourrait se voir voler à chaque moment pour se voir flanqué une autre. Qu'ils comprennent ces bougres que tout leur sera repris, et que tout leur sera donné. Qu'ils sachent que donner n'a jamais eu de connotation méliorative dans un monde pareil. Qu'ils croient à l'amour, bon sang!! A voir les livres de Musso (un papier à moucher en forme de livre) s'envoler comme des petits pains, on les penserait vraiment vivants, aimants, tragiques. Le drame mon ami c'est que la seule tragédie qu'ils vivront sera leur petite mort minable. Et encore! Certains voient le tragique dans le néant qui suit l'existence. Mon dieu, j'ai beau être ivre, je suis plus clairvoyante que trente six milles de leurs minables fakirs. Ils se pensent invincibles, les surhommes de Nietzsche. Nietzsche a bien fait de mourir. Sa mort a été sa plus belle oeuvre. Tu imagines le dernier des hommes se prétendre surhomme du vivant de Nietzsche. Un philosophe perd toute crédibilité quand il se suicide. Bordel, ne voient ils pas ce qui les entoure? Ce ciel, ces sept mers, ce cosmos. Non, non mon ami, ils préfèrent la télévision. Le romanesque qui leur échappe. Le tragique bon marché. La foi hypocrite. Ou l'athéisme marchand. A ce moment précis, je considère mon intelligence comme la suprématie de ce que j'ai acquis de mon vivant. Sais tu pourquoi camarade? Parce qu'elle me permet de les supporter en attendant de leur vomir ma mort, en ayant vécu dignement.