-Je m'en grille une.Cette manie vient avec le temps, avec un tabagisme presque lié au vital.Fumer pour consumer.Fumer pour se consumer,dès le matin.
Je déambule dans le siècle de la consommation.Rien de plus naturel pour un être du 21 ème d'être incorporé dans le "J'achète,je bouffe,je me bouffe".
Et pis chacun a sa manière propre de remplir son vide,le mien est assez efficace à mes yeux. Il ne submerge pas seulement tous ces creux en moi,qu'ils soient psychiques ou physiologiques. Il est aussi une manière d'imposer un remplissage aux autres. Des fois même,c'est ma fumée qui délibéremment se propage doucereusement dans leurs vides. Certains s'en voient ravis et s'y mettent à leur tour.
En apparence,c'est une avidité de rebéllion.Ma première cigarette n'a pas été un plagiat. Seulement un ras le bol. Et depuis,elle accompagne tous mes bols de céréales. Oui,je suis précoce,mais je suis aussi attardée.
Il fallut un abandon oeudipien,et la castration exagérée d'une maman pour me retrouver dans la déchéance des abimes. Et rien de plus. Des fois, la vie a cet absurde que la logique ne connait point. Dès lors,il s'agissait plus de remplir que de vivre. Et tout était bon pour cela. On se voit acquérir des richesses incommensurables,rien qu'en bataillant contre les catacombes du néant.
Une bibiothèque,des rencontres,une psyché de plus en plus déséquilibrée et une posture d'analyste des comportements humains.
Et plus on s'aventure dans ces intellectualisations solitaires, plus on se rend compte que le seul moteur qui anime nos vies est ce besoin de remplir des cases vierges.
Ce vide. Ce gouffre qui avale et qui ne recrache pas. Combien sont tombés la tête la première dedans,combien en sont sortis morts en se disant vivants. Les gens balivernent souvent sur leurs vies ,leur quiétude,ils aiment se dire heureux, se voir attribués tous les mérites d'une vie bien garnie,ayant le portefeuille qu'il faut. Ceux qui me font le plus rire,ce sont ceux qui clament cette euphorie du fond du gouffre. Ceux là sont bien bêtes de croire leur creux indicernable. Ils oublient l'arrogance de certains êtres comme moi,qui clope bien ancrée dans le bec, n'ont rien d'autres à foutre que voir au delà de leurs sourires figés par la bienséance du bonheur inventé pour les occasions.
Alors on comprend comment en est-on arrivés là. On comprend comment un réfrégitaire peut faire le bonheur d'une personne. Même si je trouverai toujours cela risible, nous l'avons en commun, ce remplissage. Que pour moi mon seul soucis matinal est une cigarette ne me rend pas meilleure que celui qui dort en comptant ses économies pour l'ordinateur qu'il veut,au lieu de compter des moutons qui ne sauront guère taire cet effroyable vide.
samedi 19 novembre 2011
vendredi 18 novembre 2011
Etre là sans l'être véritablement.
La cadence de la vie est insurmontable pour les êtres meurtris.La rythmique de leur psyché faillible subordonné aux notes violentes du requiem originel donne un grand brouhaha...INTENABLE.
Maman,Papa,et pis le mari et les gamins. La vie est peut être un long fleuve tranquille. Mais le Styx est aussi un fleuve.
Quand on est fragilisé,le moindre mal est exagéré. Et il devient dès lors plus que communicatif. Un mal communicatif est un mal qui chasse tout et tout le monde. Alors on en est réduit, à la flagellation d'une solitude qu'on dit méritée. Alors que ceux qui créent le mal au lieu de le subir sont dans toute l'impunité et la désinvolture.
L'avanie est presque voulue,on se dit indigne de vivre alors qu'on est dans l'amour virulent de la vie,de chacune de ses parcelles negligeables pour autrui. Etre là sans être véritablement là n'annule pas la conscience de chaque chose. Et quand on est conscient,on n'en peut qu'être malheureux.
Voici mon drame,mon savoir hyperbolique de la vie. Mon potentiel exacerbé à l'analyser et à être dans le vrai preque à chaque fois.
Ce n'est pas une vantardise,ceci est de loin le plus affligeant des fardeaux à porter . La tristesse d'un ouvrier prenant le même métro que moi le matin est un agglomération de mal qui m'est automatiquement lancée en plein coeur. Au début,je me pensais avoir assez de tripes pour utiliser ces énergies à bon escient. Le drame est que face à l'inconnu l'impuissance est la cime du mal être de toute personne se disant empathique.
Alors,naissent ainsi,mélancolie,conflit et une insoutenable culpabilité.Pour un rien,et surtout pour un tout.
Et la culpabilité est un rongeur avide. La plupart du temps assoifé de bonnes intentions. C'est ainsi qu'elle se nourrit cette mégère. Des bonnes intentions. Et quand la satiété est là,elle s'en va laissant une charogne puante,qu'est la douleur de son impétueux chatiment.
Les êtres de ce genre,de mon genre, ne savent jamais le pourquoi de leur venue au monde. Et ils s'en trouvent démunis. L'absurde mêlé à la douleur donne assez de légitimité pour au moins pouvoir choisir le comment de son départ de ce monde.
Le monde est une grande gare. Et les trains sont divisés entre plusieurs classes, avec différentes destinations.Des destinations inconnues.Ceux qui me sidère c'est les passagers de la 1 ère classe. Ils ont l'air tellement dans le confort qu'il m'est inconcevable de penser que quelqu'un ne leur aurait pas chuchoté la destination,clandestinement.
Maman,Papa,et pis le mari et les gamins. La vie est peut être un long fleuve tranquille. Mais le Styx est aussi un fleuve.
Quand on est fragilisé,le moindre mal est exagéré. Et il devient dès lors plus que communicatif. Un mal communicatif est un mal qui chasse tout et tout le monde. Alors on en est réduit, à la flagellation d'une solitude qu'on dit méritée. Alors que ceux qui créent le mal au lieu de le subir sont dans toute l'impunité et la désinvolture.
L'avanie est presque voulue,on se dit indigne de vivre alors qu'on est dans l'amour virulent de la vie,de chacune de ses parcelles negligeables pour autrui. Etre là sans être véritablement là n'annule pas la conscience de chaque chose. Et quand on est conscient,on n'en peut qu'être malheureux.
Voici mon drame,mon savoir hyperbolique de la vie. Mon potentiel exacerbé à l'analyser et à être dans le vrai preque à chaque fois.
Ce n'est pas une vantardise,ceci est de loin le plus affligeant des fardeaux à porter . La tristesse d'un ouvrier prenant le même métro que moi le matin est un agglomération de mal qui m'est automatiquement lancée en plein coeur. Au début,je me pensais avoir assez de tripes pour utiliser ces énergies à bon escient. Le drame est que face à l'inconnu l'impuissance est la cime du mal être de toute personne se disant empathique.
Alors,naissent ainsi,mélancolie,conflit et une insoutenable culpabilité.Pour un rien,et surtout pour un tout.
Et la culpabilité est un rongeur avide. La plupart du temps assoifé de bonnes intentions. C'est ainsi qu'elle se nourrit cette mégère. Des bonnes intentions. Et quand la satiété est là,elle s'en va laissant une charogne puante,qu'est la douleur de son impétueux chatiment.
Les êtres de ce genre,de mon genre, ne savent jamais le pourquoi de leur venue au monde. Et ils s'en trouvent démunis. L'absurde mêlé à la douleur donne assez de légitimité pour au moins pouvoir choisir le comment de son départ de ce monde.
Le monde est une grande gare. Et les trains sont divisés entre plusieurs classes, avec différentes destinations.Des destinations inconnues.Ceux qui me sidère c'est les passagers de la 1 ère classe. Ils ont l'air tellement dans le confort qu'il m'est inconcevable de penser que quelqu'un ne leur aurait pas chuchoté la destination,clandestinement.
mardi 15 novembre 2011
Amour,gloire et beauté
La dévergondée du village baise les moeurs de nos tendres et latentes bonnes femmes. Elle rend vains les attributifs luxurieux qui ne lui sont pas voués. Elle ranime les corps lobotomisés des maris mal aimés. Ce qui les rend tous fous d'elle,c'est que contrairement aux autres femmes, L ne demande jamais l'amour. Elle sait peut être qu'en l'acclamant, on se voit se le refuser, facilement.
La folle des corps me renvoie à ma terrible chasteté, moi la petite vierge qui épie toutes ces salades qu'on raconte sur elle,dans les rassemblements bienséants. Ces salades que j'aime me raconter la nuit pour m'imaginer des ébats déchirés entre un bonhomme que la vie a égaré dans les bras de la satiété de l'amour et du désir. J'ai longtemps écrit sur cette femme dont je ne sais rien, j'ai longtemps imaginé de longs dialogues avec cette elle, L, aile du péché. Vainement peut être.Le village,petit, la porte de sa maison,pas très loin, je ne me suis quand même jamais aventurée à aller la voir.
Le désir m'a longtemps été conceptuel, je ne pouvais qu'être admirative devant la pratique. Ma couardise a fait de moi une pécheresse conceptuelle repentie en adolescente "comme il faut" . Les hommes m'effraient et je ne pouvais me languir à l'idée d'être aimée un jour du moins corporellement. Le mien était un territoire vierge et inexploré. J'avais beau regardé, me questionner, "me former", on ne se connait vraiment qu'à travers l'autre.
C'est ainsi que j'ai vécu ma puberté, entre refoulement de mes envies les plus simplistes et fascination pour cette "pute extravagante qui ferait mieux de se trouver un mari qui saurait lui sceller les jambes". Phrase empruntée à l'épicière à laquelle je me rends tous les matins,prétextant le pain,ne cherchant que les derniers ragots sur cette Femme.
Et pis, il eut ce jour qui avait tellement mal commencé que je sentais qu'il allait être soustrait du morne de mon amer quotidien. La matinée, j'eus une violente dispute avec mon père, avant que ce dernier ne s'empresse dans ses élans stigmatisés de père voulant insulter et rabaisser sa progéniture pour se sentir mieux après une nuit tellement agitée avec ma bougre de vieille maman,j'étais déjà lancée dans les rues matinalement désertes du vieux port. Je pressais le pas sans savoir où aller, j'étais tellement petite devant ce soleil qui peine à se lever, tellement aigrie par cette journée dramatiquement entamée. Lasse, je traînais des pieds à l'aveuglette,jusqu'à me retrouver devant un portail que j'ai toujours épié de loin, de très loin.
Je me décide à aller la voir,de toutes les manières,cette journée est une de celles où on se dit,sans se mentir,que l'on a rien a perdre,quoi que l'on fasse.
Je frappe, elle ouvre, je me présente, elle dévisage. Elle est drôlement belle sur ce perron qui me refuse autant qu'elle. Je demande à entrer, et sans gêne , elle me dit que vu mon age et mes taches de rousseurs pucelles je n'ai rien à "foutre" ici.
J'insiste et je me retrouve dans un salon baroque où les antiquités se mêle aux images qui m'ont toujours hanté de la beauté sulfureuse et aristocrate de L.
Elle ramène deux cafés et s'assoit avec une de ces postures qui différencient les belles femmes des rejetons de l'esthétisme féminin trivial.
"Qu'as tu donc fait bougre pour que ton père s'amuse à te foutre dehors?"
"Je suis partie de mon gré."
"C'est que mademoiselle fait dans la rébellion."
"Non,je n'aime pas quand les mâles font dans l'impétueux,je ne me pardonne jamais la soumission."
"Pourtant, la soumission a ses charmes."
Petit sourire espiègle, le contexte sexuel est mis sur le tas, la discussion pourrait très vite m'être profitable,mais ..
"Et l'école?"
"Oh, L commencez pas!"
"Tutoies moi, ma chérie."
Ce ton maternel,je lui avais jamais associé auparavant. Bougre que je suis,j'ai toujours eu cette sale manie de dissocier les femmes des mères. N'ayant pas connu les joies d'être ni l'une ni l'autre.
"Tu me penses femme?"
"Tu es là pour m'entendre relater du De Beauvoir ?"
"Non,elle, je ne l'aime pas."
"Tu m'en vois ravie"
Ainsi,elle est née femme? Ou est elle aussi machiste que moi? Les questions coaguleraient presque, je devais en extraire quelques unes, je ne pouvais pas me permettre de rater cette "chance" qui m'est offerte.
"Le premier amant est il le dernier L?"
"Mais qui t'a bourré avec ces sornettes ma douceur?"
"Des contes,mon âge, la vie, ou le simple fait que je suis une ignare."
"Parce que tu penses que c'est une affaire de savoir?"
"Non justement. Mais, .." Les mots se tordent, je n'y arrive plus, j'oublie soudain la raison de ma venue, puis je me rappelle rassurée qu'il n'y en a pas de raison, que c'était cette rencontre est le seul aveu que je pourrais confesser dans l'immédiat de ma situation et que cela devait changer. Il me semblait, et il m'a longtemps semblé que seule L pourrait remédier à mes attitudes mes idées et mes visions piétinés par les coutumes et les restrictions.
"Qu'aime-t-on chez un homme?"
A partir de ce moment,du moment où j'ai posé cette question banalement formulée,une suspension s'est incrustée dans le naturel d'une conversation entre une femme mature et une adolescente dont le peu d'expérience est la perdition. Cette suspension a figé deux vies,inversant rôles et acquis et je sus que ma question n'était pas sans attrait pour mon L. J'avais entrouvert tout un univers que L avait passé des années à barricader.
"Je .. Je ne sais plus..."
Elle eut l'air d'une petite fille dans les émois de la dyslexie. Celle de cette drôle de femme n'était pas seulement sémantique, elle était aussi sentimentale. Je baisse mon regard,il n'est même plus pointé au sol, il est dissout dans le parquet minutieusement nettoyé. Je lui avais causé du tort et tout ce que je souhaitais c'était de disparaître dans une des failles de ce bois étanche.
"Voulez vous que je vous parle de lui?"
"Hein? Heu, pardon,je n'ai compris ma douceur."
"Lui,l'amant imaginaire,l'amour qui m'attend aux aguets de la vie ou de la mort, l'amant que je connais sans pouvoir répondre comme vous à ma question si bête.."
Un sourire triste, dans la même mélancolie douce de son fin épiderme,de son teint de femme du monde, de ses airs délicats dans cette supercherie d'un monde bâti sur les protocoles de la bonne tenue et de la bienséante parole,de la bonne attitude et de la bonne façon de vivre. Comme s'il était possible bonté divine de déterminer ce bon qui donnerait un sens à toutes leurs pieuses prêches.
"Le cimetière,il faut aller au cimentière et demander cette réponse que nous ne saurions formuler au mâle dont le mal a consumé juste au moment où je sus ce qu'est aimer.Il s'appelait M.Mois.Allez demander,moi,je ne sais plus que faire parler mon corps et il me semble que vous n'êtes pas de ceux qui amalgament la bénédiction d'aimer un être avec cet acte ignare de soudoyer sa chaire."
Cette fois,le ton était tranchant,je sus que je devais partir. Je la remercie vivement, et je me détourne avec la même rapidité de son regard devenu pénible à soutenir.
Il était évident où mes jambes allaient me mener après. Passée la gêne de se surprendre impatiente,je me mis carrément à courir. Et je riais en pensant au funèbre de cette course,Rimbaud s'en verrait envieux,et je ris aussi précipitamment que ma désinvolture m'avait illusionnée que j'avais compris L.
Le tombeau n'était pas si dur à trouver, je lus la transcription de l'épitaphe plusieurs fois. A la quatrième,j'éclate en sanglots.
M.Mois (1967-1993)
"Au temps où ce coeur s'est arrêté,vaines furent les trente années pour trois années passées à tes côtés.Vienne la nuit,sonne l'heure,les jours s'en vont,que tu demeures.A L.Corps,âme et poussière."
La folle des corps me renvoie à ma terrible chasteté, moi la petite vierge qui épie toutes ces salades qu'on raconte sur elle,dans les rassemblements bienséants. Ces salades que j'aime me raconter la nuit pour m'imaginer des ébats déchirés entre un bonhomme que la vie a égaré dans les bras de la satiété de l'amour et du désir. J'ai longtemps écrit sur cette femme dont je ne sais rien, j'ai longtemps imaginé de longs dialogues avec cette elle, L, aile du péché. Vainement peut être.Le village,petit, la porte de sa maison,pas très loin, je ne me suis quand même jamais aventurée à aller la voir.
Le désir m'a longtemps été conceptuel, je ne pouvais qu'être admirative devant la pratique. Ma couardise a fait de moi une pécheresse conceptuelle repentie en adolescente "comme il faut" . Les hommes m'effraient et je ne pouvais me languir à l'idée d'être aimée un jour du moins corporellement. Le mien était un territoire vierge et inexploré. J'avais beau regardé, me questionner, "me former", on ne se connait vraiment qu'à travers l'autre.
C'est ainsi que j'ai vécu ma puberté, entre refoulement de mes envies les plus simplistes et fascination pour cette "pute extravagante qui ferait mieux de se trouver un mari qui saurait lui sceller les jambes". Phrase empruntée à l'épicière à laquelle je me rends tous les matins,prétextant le pain,ne cherchant que les derniers ragots sur cette Femme.
Et pis, il eut ce jour qui avait tellement mal commencé que je sentais qu'il allait être soustrait du morne de mon amer quotidien. La matinée, j'eus une violente dispute avec mon père, avant que ce dernier ne s'empresse dans ses élans stigmatisés de père voulant insulter et rabaisser sa progéniture pour se sentir mieux après une nuit tellement agitée avec ma bougre de vieille maman,j'étais déjà lancée dans les rues matinalement désertes du vieux port. Je pressais le pas sans savoir où aller, j'étais tellement petite devant ce soleil qui peine à se lever, tellement aigrie par cette journée dramatiquement entamée. Lasse, je traînais des pieds à l'aveuglette,jusqu'à me retrouver devant un portail que j'ai toujours épié de loin, de très loin.
Je me décide à aller la voir,de toutes les manières,cette journée est une de celles où on se dit,sans se mentir,que l'on a rien a perdre,quoi que l'on fasse.
Je frappe, elle ouvre, je me présente, elle dévisage. Elle est drôlement belle sur ce perron qui me refuse autant qu'elle. Je demande à entrer, et sans gêne , elle me dit que vu mon age et mes taches de rousseurs pucelles je n'ai rien à "foutre" ici.
J'insiste et je me retrouve dans un salon baroque où les antiquités se mêle aux images qui m'ont toujours hanté de la beauté sulfureuse et aristocrate de L.
Elle ramène deux cafés et s'assoit avec une de ces postures qui différencient les belles femmes des rejetons de l'esthétisme féminin trivial.
"Qu'as tu donc fait bougre pour que ton père s'amuse à te foutre dehors?"
"Je suis partie de mon gré."
"C'est que mademoiselle fait dans la rébellion."
"Non,je n'aime pas quand les mâles font dans l'impétueux,je ne me pardonne jamais la soumission."
"Pourtant, la soumission a ses charmes."
Petit sourire espiègle, le contexte sexuel est mis sur le tas, la discussion pourrait très vite m'être profitable,mais ..
"Et l'école?"
"Oh, L commencez pas!"
"Tutoies moi, ma chérie."
Ce ton maternel,je lui avais jamais associé auparavant. Bougre que je suis,j'ai toujours eu cette sale manie de dissocier les femmes des mères. N'ayant pas connu les joies d'être ni l'une ni l'autre.
"Tu me penses femme?"
"Tu es là pour m'entendre relater du De Beauvoir ?"
"Non,elle, je ne l'aime pas."
"Tu m'en vois ravie"
Ainsi,elle est née femme? Ou est elle aussi machiste que moi? Les questions coaguleraient presque, je devais en extraire quelques unes, je ne pouvais pas me permettre de rater cette "chance" qui m'est offerte.
"Le premier amant est il le dernier L?"
"Mais qui t'a bourré avec ces sornettes ma douceur?"
"Des contes,mon âge, la vie, ou le simple fait que je suis une ignare."
"Parce que tu penses que c'est une affaire de savoir?"
"Non justement. Mais, .." Les mots se tordent, je n'y arrive plus, j'oublie soudain la raison de ma venue, puis je me rappelle rassurée qu'il n'y en a pas de raison, que c'était cette rencontre est le seul aveu que je pourrais confesser dans l'immédiat de ma situation et que cela devait changer. Il me semblait, et il m'a longtemps semblé que seule L pourrait remédier à mes attitudes mes idées et mes visions piétinés par les coutumes et les restrictions.
"Qu'aime-t-on chez un homme?"
A partir de ce moment,du moment où j'ai posé cette question banalement formulée,une suspension s'est incrustée dans le naturel d'une conversation entre une femme mature et une adolescente dont le peu d'expérience est la perdition. Cette suspension a figé deux vies,inversant rôles et acquis et je sus que ma question n'était pas sans attrait pour mon L. J'avais entrouvert tout un univers que L avait passé des années à barricader.
"Je .. Je ne sais plus..."
Elle eut l'air d'une petite fille dans les émois de la dyslexie. Celle de cette drôle de femme n'était pas seulement sémantique, elle était aussi sentimentale. Je baisse mon regard,il n'est même plus pointé au sol, il est dissout dans le parquet minutieusement nettoyé. Je lui avais causé du tort et tout ce que je souhaitais c'était de disparaître dans une des failles de ce bois étanche.
"Voulez vous que je vous parle de lui?"
"Hein? Heu, pardon,je n'ai compris ma douceur."
"Lui,l'amant imaginaire,l'amour qui m'attend aux aguets de la vie ou de la mort, l'amant que je connais sans pouvoir répondre comme vous à ma question si bête.."
Un sourire triste, dans la même mélancolie douce de son fin épiderme,de son teint de femme du monde, de ses airs délicats dans cette supercherie d'un monde bâti sur les protocoles de la bonne tenue et de la bienséante parole,de la bonne attitude et de la bonne façon de vivre. Comme s'il était possible bonté divine de déterminer ce bon qui donnerait un sens à toutes leurs pieuses prêches.
"Le cimetière,il faut aller au cimentière et demander cette réponse que nous ne saurions formuler au mâle dont le mal a consumé juste au moment où je sus ce qu'est aimer.Il s'appelait M.Mois.Allez demander,moi,je ne sais plus que faire parler mon corps et il me semble que vous n'êtes pas de ceux qui amalgament la bénédiction d'aimer un être avec cet acte ignare de soudoyer sa chaire."
Cette fois,le ton était tranchant,je sus que je devais partir. Je la remercie vivement, et je me détourne avec la même rapidité de son regard devenu pénible à soutenir.
Il était évident où mes jambes allaient me mener après. Passée la gêne de se surprendre impatiente,je me mis carrément à courir. Et je riais en pensant au funèbre de cette course,Rimbaud s'en verrait envieux,et je ris aussi précipitamment que ma désinvolture m'avait illusionnée que j'avais compris L.
Le tombeau n'était pas si dur à trouver, je lus la transcription de l'épitaphe plusieurs fois. A la quatrième,j'éclate en sanglots.
M.Mois (1967-1993)
"Au temps où ce coeur s'est arrêté,vaines furent les trente années pour trois années passées à tes côtés.Vienne la nuit,sonne l'heure,les jours s'en vont,que tu demeures.A L.Corps,âme et poussière."
mercredi 9 novembre 2011
La douleur ou comment (n)être écrivain
Elle n'est qu'un long sentier. Une route qui vous mène d'un instant de bonheur à autre. Les deux entrecoupés de ce déchiquetement qui n'épargne personne. La douleur est une chose qui vous aggrippe dès que vous avez le dos tourné,et le visage rieur. Elle est sournoiserie,elle est vice,elle est ce mal qui s'étale dès le sourire vous quitte. Elle donne un sens à vos émois, vos amours, vos amitiés ,vos moments de haine. Elle est le précipice de celui qui ne sait que la mort pour délivrence. Barricadez vous si cela vous amuse, elle saura tout de même vous trouver. Elle possèdera le corps de votre amant juste pour vous prendre. Et quand vous seriez bien au chaud dans le piège doucereusement tendu,elle sera votre hote, votre balance votre équilibre votre bien et elle ne vous quittera plus.
Et là,vous l'aimerez ...Et là,vous écrirez.
Et là,vous l'aimerez ...Et là,vous écrirez.
samedi 5 novembre 2011
La veille d'un égorgement prémédité dans une maison désertée,ou comment mon mouton est parti brouter ailleurs.
La télévision du salon est allumée. Un des colocataires a peut être cru bon de faire respirer la maison en faisant circuler de tendres versets pour l'occasion. Je suis dans ma chambre. En haut. J'entends cette voix se faufiler doucereusement pour malmener mes vieilles rancœurs. Je n'ose pas éteindre. Ou plutôt, je ne le veux pas. La maison pue un certain deuil, une dame proche s'est éteinte,il y a quelques jours. Je ne veux pas faire subir la même chose à ce qui me fait maintenant pleurer. Je ne veux pas éteindre la lueur de cette foi qui crépite ce soir. Les flots s'étalent sur les joues, les versets coraniques enflamment mes prunelles, je dois avoir le ton pourpre de quand j'avais 11 ans et que je pleurais pour un rien. La mort simulée de ma poupée ou la petite voiture que mon frère réclamait beaucoup trop vite. "Mes larmes ont beau tailladé mon visage, il reste loin. Il reste inaccessible le bon Dieu." Cette expression est aussi niaise que mes larmoiements. Dieu n'a nul besoin ni de mes pleurs,ni des attributifs ni même des notions bêtes et stupides qu'ont les hommes du mal et du bien. Mon mal à moi n'est pas à coupler à dieu,il lui est même soustrait. Que je me sente dans l'abandon ne regarde que moi, que mes bassesses de ce soir me font oublier toutes ces vies que la faucheuse usurpe en ce moment même, ce n'est qu'à moi de l'assumer. Si je ne suis plus fichue de clamer haut et fort des convictions qui me sont chères, ce n'est que mon propre tort. Si aujourd'hui, je semble incapable de mener ma quête parce que je ne trouve aucun lien entre celle de Brel qui me plait et celle de ma spiritualité qui m'effraie, c'est que je suis bête.Si pour moi, Sartre est à lire indépendamment du livre qui m'est sacré,alors je n'ai rien compris à la vie. Et si aujourd'hui, je m'adresse au divin pour m'aider à faire ce qu'il m'est possible de faire ,rien qu'en levant le cul de cette chaise, ce n'est que par paresse ignominieuse.
Ceci est un texte has-been même pour ceux qui ont l'age d'être mes grands parents.
Je vous épargnerai ces réflexions dès que j'aurai un calepin.
Ceci est un texte has-been même pour ceux qui ont l'age d'être mes grands parents.
Je vous épargnerai ces réflexions dès que j'aurai un calepin.
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