samedi 25 juin 2011

Je n'ai que 24 heures,je n'ai que 24 ans.Cette journée est drôlement ironique.Pour un gars qui excelle dans le sarcasme,se travestir en soldat est le meilleur cadeau d'anniversaire que l'on pourrait s'offrir.Oui,aujourd'hui,je n'ai que 24 ans.Plus que 24 heures à passer dans les rangs de la bataille de la vie,parce que demain j'irai défendre.
Un drapeau,une nation,un troupeau,un hymne,des valeurs,des champs,des maisons,des réverbères,des vases.
Des femmes,des moches et des plus belles,des mères,des soeurs,des bébés,des gosses,de vieux chnoques et de tristes mégères.
J'irai défendre un idéal auquel je ne crois pas,j'irai chercher paix là où les hommes crèvent par milliers.
Courir,tirer,tuer,oublier de se faire tuer,résister pour l'accomplissement de ma nation.Pour que le putain de branleur qui préside mon pays,ait plus de crédibilité lors des prochaines élections.
Au fond,j'aime les idéaux,ça a la faculté étonnante de me faire oublier mon nihilisme.
Je vous le dis,l'ironie est ma malédiction:un nihiliste qui part à la guerre.
Il est neuf heures du matin,je cache le télégramme dans une vieille armoire,mon instinct de survie se mêle à un soudain sentimentalisme,que je ne me connaissais pas d'ailleurs.
(A suivre,ou non)

lundi 20 juin 2011

"Les adieux ont la cruauté de l'infini,les au revoir,la pénitence de l'impatience."Anonyme désireux garder l'anonymat.

dimanche 19 juin 2011

Affaire de transfert,en amour,comme en littérature,il s'agit de faire passer,de s’octroyer,de prendre et de re-balancer,de rendre la pareille en mieux ou pire,même au risque de plagier,se miroiter ou miroiter les mots,se complaire à apprendre un langage,et à l'adopter,vider remplir condenser et mélanger,à partir de là,nos meilleurs textes seraient tout bonnement nos interminables conversations.

Réflexions matinales d'une mièvre insomniaque qui ne voit plus le temps passer.

mercredi 15 juin 2011

Que l'on soit sur de rien.Que l'on soit sur de tout,c'est du pareil au même.
T'es là,sur ce petit canapé,dans cette petite chambre puant le bordel estival,t'es là à somnoler,après une veillée,que tu regrette,à te dire que tu prends de mauvaises habitudes,à prétexter en te disant que c'est l'été,même si au fond,la canicule n'y est pour rien,tu redoute les jours à venir,et tu te répète inlassablement tes speechs de looser,tu te traite de tous les noms,tu radote de vieilles incantations,conjurer un sort,je voudrais conjurer ce sort,tu te dis que t'es qu'une gamine qui se laisse trop prendre par les sentiments,tu repense à un vieux texte que tu as lu ou écrit,i put a spell on you,tu t'étais dite pleins de fois que l'amour c'est bon pour les fiottes,que toi,t'es destinée,à autre chose,à mieux ou pire,à une cause,ou à une vie de prose,tu te ramollis au fond,et tu le sais,tu t'étais dite,ailleurs,pas n'importe où,par hors de ce monde,juste ailleurs,de toutes façons Baudelaire,c'est aussi pour les fiottes,et là l'ailleurs se condamne,il devient précis,un peu trop cerné,un peu trop cadré,un peu trop à deux,tu replonge,il te faut de la bouteille et de la baise,et puis tu te dis que même si tu n'es pas une fiotte,tu es une sainte ni touche,tu revois la discussion,les lacunes,les niaiseries,les conneries qu'on sort quand on est intimidé,tu te dis pour te consoler que se battre pour une cause,aussi solitaire soit elle,est mieux que ce bourrage de gueule qu'est l'amour,même que ce matin,tu as une gueule de bois affreuse,même que ce matin,tu t'es surprise à jeter des regards inquiets au miroir,les détails,on s'en passera,tu te tiens la tete et tu cries "assez!" tu larmoies,tu t'affliges,et tu condense le tout,le café devient hétérogène,un sourire te parcourt les lèvres ( la sale manie du moment),tu allume ta énième clope,depuis quelques temps,tu ne les comptes plus,ton estomac s'en charge,tu prends des résolutions,tu gueule,tu te demande "mais pour qui il se prend ce merdeux",tu souris encore,au fond tu sais que ça te passera,au fond tu sais que ça te dépassera,au fond tu sais que tu n'en sais rien.

lundi 6 juin 2011

Nuit du 05/06/11 au 06/06/11:
Piensa en mi.
Photos dans documents.

Des fois,je me comprend,et c'est suffisant.
Reflexion I:
Dans le royaume de Dieu,le bruit d'un orage n'interrompt jamais un appel à la prière.

dimanche 5 juin 2011

Catch me if you can

Ils aiment pas le changement.
Non.
Il ne faut pas troubler la quiétude de leurs manies.
Que tu sois soustraite de la masse,non plus.
Toute action visant à leur faire changer leurs habitudes,ils la refusent obstinément.
Pour eux,tout est ordre,que tu sois chaotique,c'est une dérogation à la règle,ce qui entraine une activation des neurones,ce qui est synonyme de changement d'habitudes.On ne peut que se prélasser dans l'abrutissement.Pourquoi le quitter.
Que tu sois marginalisée,et que tu ne le vives que trop bien,ils ne le supportent pas,les marginaux souffrent,les marginaux crèvent sous les ponts ou finissent artistes et meurent d'une overdose  ou d'un suicide.
Que tu le vives bien.Non,ceci est inadmissible.Il te faut faire comme les autres,il ne faut rien changer aux normes, même quand elles sont entassées dans une marge,non aucun changement n'est permis,alors,il te faudra périr,il te faudra sombrer et ils y mettront un point d'honneur.Oh qu'ils le feront.
Qu'un jour,tu choisisses de plein gré de te joindre à eux,ou de périr dans la norme de la marge.
Aucune autre façon de vivre ne te sera permise.
Pour ça,ils ont les moyens,des films,des bouquins,des rêves,des musiques,et en useront comme attrape nigaud,quand tu entreras dans le cercle miteux,ils te féliciteront,t'aduleront,utiliseront ta vanité,pour te parasiter.
A ce stade,un cancer est déclaré,un mal s'est fait,tu connais l'enfer,ici,puisque celui de dieu ne tardera pas à t’accueillir et tu oublieras même de te dire que l'enfer n'existe pas,qu'il a même été inventé par les hommes,mais il sera trop tard pour que tu t'en rappelles.A ce stade,tu auras deux options: être dans la norme ou être dans la norme de la marge.
D'ici là,je trouverai la troisième option.

samedi 4 juin 2011

Le taxiste qui revient de loin

Deux gars libyens harcèlent une fille voilée,je me dis avec ironie que ça leur aurait peut être bien servi à ces deux cons de faire la guerre,aux cotés de Gaddéfi bien sur,je ne suis pas une sale pro américaine moi,lassée de marcher et de mes réflexions humoristiques à deux balles, j’arrête un taxi.

-Vous sentez le tabac ou c'est moi?
Je sentis mes joues s’empourprer légèrement,me ressaisis vite,en me disant que ce n'est pas un mal,dont il faudrait tirer hantise.
-Oui,je fumais.
Dubitative je m’apprête à me lancer dans mes justifications de la petite sainte piégée à son insu dans les vices de la vie.
-Vous savez,après 33 ans,les clopes n'ont plus le même gout.

Des yeux peut être verts,la tiédeur y est,pour sur,les cheveux d'un quadragénaire qui fait le juste nécessaire pour être présentable,la barbe naissante,des oublis ou de la paresse,il me regardait dans le rétroviseur,il a dut être joli garçon à 20 ans.

-Votre première clope c'était à quel age?
Non mais mon indiscrétion est sans limites.
-12 ans.
Rassurée mais non véritablement étonnée,je lui rétorque un simple:
-C'est précoce.
-Si vous saviez quelle drôle d'aventure m'a entraîné à fumer,vous n'en reviendrez pas,tiens,vous allez rire.

A douze ans,l'hyperactivité est un fait dont il faut s'accommoder,les enfants à cet age là,ne tiennent jamais en place,lui,il s'est aguiché de petits boulots d'été,de ceux dont seuls les enfants sont capables,il vendait des paquets de cigarettes sur la plage,des glibettes aussi,mais les cigarettes remplissait beaucoup plus sa bourse de gosse de père aisé mais de nature agitée et hyperactive.
Un jour,une mauvaise farce,et un gars qui lui promet qu'il vendra beaucoup plus sur ce grand bateau qui part dans quelques minutes,à ce qu'il disait,n'ayant que le sens de l'analyse des enfants et leur capacité à faire confiance à de parfaits inconnus,il s'était retrouvé à faire la conversation à un monsieur dont les mots étaient beaucoup trop latins.Il a du parcourir tout le bateau pour admettre que quelque chose clochait.
Tete entre ses mains,larmes,jurons appris grace à ses ainés,et qui servent beaucoup dans des moments comme ceux là.
Arrivé à bon port,il était forcé de constater que ce n'était plus la Tunisie mais l'Italie.

-L'Italie!Bonté divine!Mais mais vous aviez douze ans,vous ne connaissiez personne?comment vous en etes vous sorti?Bonté divine.
-"Rabbék" m'a aidé,la providence a voulu que des gens bienveillants m'ont trouvé accueilli logé et appelé ma famille pour leur dire que je rentrerai dans un mois.Et c'est dans ces rues latines,que j'ai commencé à fumer.

1d300,montant de la course,je ne sus rien lui rétorquer,je souris,non mais vraiment,mes joues s'en voyaient exténuées,un "que dieu vous préserve" et un sourire qui ne me quitta que lorsque je passa la porte de chez moi,mais ça c'est une autre histoire.