mardi 31 mai 2011

Les larmes du bègue coulèrent à flot,il se demanda si ces humains bienpensants savaient qu'on pouvait communiquer autrement que par les mots.
..On l'appelait le bègue triste,il avait l'insolence des gens terriblement seuls,la froideur des délaissés trop aigris,et l'empathie de ces êtres qui aiment leurs semblables de loin,de très loin.
Le vent semble narguer ses larmes ce matin dans ce grand parc dans cet eden des enfants hyperactifs qu'on veut fatiguer pour mieux les broder le soir.
Les cris des gosses,joyeux pour la plupart,ne semblaient pas troubler sa quiétude,il était là perdus dans ses pensées,à se demander s'il pourrait lui même être père un jour.
Il était sur qu'il serait un excellent papa.
Meme si pour un simple "je t'aime fiston" il devra répéter immuablement toutes les voyelles.
Les pensées s'éparpillent,les songes se confondent,il lui sembla pour un bref instant que son handicap n'était qu'une allégorie d'un mal qui refoulait depuis bien des années déjà.
Une femme vint s'assoir à coté sur le banc où il s'était oublié,il ne remarqua pas sa présence,il dut meme sursauter quand elle lui demanda l'heure.
Rattrapé en plein vol,il tenta de se resaisir,les mots fuyait,les mots semblaient crever,les mots refusait de quitter le palais de sa bouche.
"Il est..est..i i i i il ... il est"
Lassée,elle rétorque un simple merci, et s'en va.

"Midi,il est midi,ça se voit pourtant dans mes gestes ma voix mes yeux mon air évasif qu'il est midi,ces mots,toujours ces mots."
Il sourit.

lundi 30 mai 2011

Je ne sais pas si c'est cela avoir mal.
Je ne sais si c'est cela le deuil.


Une douleur qui vous accompagne jusqu'au pied de votre tombe.Oui c'est cela.Ca ne peut etre que ça.
Peiner à respirer c'est rien,que vous ayez tout le thorax en ébullition,ce n'est rien non plus,que votre cigarette vous prenne un souffle de vie à chaque bouffée,que vous ayez cette apathie qui vous transforme en macchabée rageant continuellement contre toute la race humaine,que vous n'ayez aucune stabilité sociale,aucune activité constante,aucun reve,aucune ambition,que vous erriez comme un parfait déserteur dans ce champ de bataille qu'est la vie,que vous toisiez chaque matin votre génitrice d'un regard haineux et qu'elle vous le rend bien,que vous ayez connu le bonheur et qu'aujourd'hui vous ayez l'impression "de tapoter sur la porte du paradis",tout ça,c'est rien,c'est vraiment rien,on s'y fait,on vit avec,meme si on ne s'en défait presque jamais.
Mais qu'une vérité inébranlable vienne fausser votre joie la plus pure,vous enferme dans le doute,et que la plus hallucinogène des drogues,la plus forte liqueur ne vous fera pas oublier,ça,c'est une tragédie.


...A un moment,l'enfer,se dit on,c'est ici...


Qu'une personne soit liée à vie à une autre,ça pourrait avoir un certain esthétisme.
Mais quand une femme se dit veuve alors que le défunt époux mène la belle vie,quelque part ailleurs,ça n'a rien de joli,c'est même minable.

dimanche 29 mai 2011

Le train était en marche,laissant ces formes déambulant sur le quai de la vie,agitant des mains lassées du geste répétitif des adieux.Parmi ces fantomes laissés pour compte,la petite fille s'essuyait les joues,et criait,un rale d'enfant,le rale d'un enfant que la vie a privé de toute innocence,et la voix ereintée vociférait des "je t'aime maman" trop vite étouffés par le bruit du train en marche.
20 ans plus tard,enfermée dans une chambre juvénile,sur la commode,toutes ces photos,tous ces souvenirs,toutes ces lettres sans destinataires,des posters accrochés aux murs,des notes de piano jonchant le sol,des reves en suspens et qui demeureront en suspens,tout était bon pour ne pas sentir le poids d'une solitude précoce,la petite fille,n'a jamais revu sa mère,la petite fille a pris soin de grandir entre temps,de se réfugier dans le monde des adultes,ce monde qui accueille les enfants à bras ouverts pour mieux les délaisser après,et ce matin,ses clopes bon marché,semblent porter le souffle d'une vie esquintée,son dentifrice est aussi amer que le départ de sa mère,sa garde robe est aussi rempli que le quai de gare après minuit,et dieu est aussi absent que sa maternelle.Ce matin,c'est le dernier dimanche du mois de mai.

Rien que parce que des enfants sont abandonnés quotidiennement,les autres devraient avoir honte de célébrer la fête des mères.

mercredi 25 mai 2011

Du er borte.

Résolution 2011:apprendre une langue.
Pour tout connaitre,il faudrait ne rien connaitre.
Quand on nait,pas besoin de paraitre,ou de bon vouloir,la nature suit son cours,sans que l'on soit véritablement pour,ou meme contre,on est,à l'encontre de rien,tout est mis à part,le monde,la mère féconde,ou des notes tragiques à l'école.
On est,enfant,ou non,on est, indépendamment de toutes les questions des adultes bienpensants,indépendamment du tragique du monde qui entoure,qu'on ait six huit,dix,le chiffre est le même,tant qu'on ne passe pas la décennie,rien ne compte vraiment,rien n’érafle,rien n'atteint,pendant la première décennie de la vie de tout être humain,on est.
Le fait qu'un autre chiffre s'additionne à un quatre à un cinq six ou neuf,est un drame.

jeudi 12 mai 2011

H.E.L.P

Gâcher?
Le gauche de cette roche que je suis.
L'appui sur la gâchette d'un détonateur.
Le rachitisme d'un coeur qui aurait du battre moins ce matin.
La rage de ne pas savoir conduire un vélo.
Le beige sur le mur de ma chambre.
La peinture rêche sur le même mur de ma chambre.
La brèche que tu as entrouverte,et que je peinerai à refermer.
La barbe,les yeux,et meme ce Che de Chet Baker.
La musique la nuit et toi.
Gâcher le va et vient
Gâcher un témoignage d'une vie sans témoins
Gâcher mon "je sais où je vais"(je ne sais plus où je vais,et tant mieux si je reste là)
Gâcher toutes les phrases que je voudrais écrire pour me rappeler les jours passés dans les jours à venir.
Gâcher la joie d'avoir à nouveau de la peinture sur les mains.

Et tacher de rendre grâce à la garce que je suis.
Tenez vous bien,tenez vous droit,j'ai encore le coeur en lambeaux.

 

mercredi 11 mai 2011

Juccstapausission

Je songe à larguer des amas.
Je songe à te laisser là.
Et ce sera 'tant pis pour toi'
Les jours me seront comptés.
Depuis le temps,que je sais que tu ne sens
Rien,à part le ton passé.
Je m'inflige tes songes.
Je me dorlote entre tes mensonges.
Je me dis que t'es qu'un pauv' ange.
Que des phalanges il t'en faudra.
Pour me ramener à nouveau,sur le terrain.

A choisir entre le vin ou mon rein,je te choisis toi.

vendredi 6 mai 2011

Trois petits mensonges et puis s'en vont.
Trois petits cons et avec le temps tout s'en va.

Suis je damnée à me pendre les couilles à l'écrit?

Ca va,ça vient,ça ne repart plus.
Y'en a mal à la fin!
Je t'assure,la fourrure c'est pas fait pour moi.
Les putes de mi septembre ne s'indignent jamais du froid.Alors pour moi,qu'est ce que ça change?
Ne t'y méprends pas.Je n'ai pas une tête de bourge russe.
Je n'ai pas non plus toute ma tete.

A quoi bon?

Si tu comptes chaque pas,tu risque de sauter quelques unes des marches de l'escalier.

A deux pas,pourtant,des gens rient,je me demande comment ils font pour pas avoir mal aux joues,et pis pourquoi moi ça me fait mal?
L'arbre du lac,ça n'a plus aucun de sens,depuis que je sais,que le beau ne se ballade plus aux bois.
Je la sens venir,et meme que ce sera pire,dans les jours à venir.
La crise de convalescence.
La prise de l'essence par les démons des vieux tourments.
Je ne veux pas la sagesse.Et je déteste les sottes prouesses de l'esprit.
Il m'a dit : ris,ris en,et d'un rien,ma peine ressemblait à du riz décomposé.
Pourtant,j'avais rit.

Il faut se foutre de tout.
Il faut s'en foutre de tout.
Et il ne faut surtout pas mélanger le foutre avec le riz.

mardi 3 mai 2011

Mémoires d'outre-tombe (et d'autres tombes)

Je suis un cafard.Pas Kafkaïen.Mais du genre,le sale type crade et païen.
Mon ex m'appelait le cafard.
Au fil des années,j'ai fini par me réhabiliter dans le rang poisseux des insectes fuyant les insecticides.

Noire,noire était ma poire.
Mouton de panurge,je purge la peine de toutes ces années de haine.

Et je déteste la maison de mes aïeux.
Je les vois se faufiler le soir entre le ciel ombrageux et la porte entrebaillée jamais fermée à double clé.
Que je puisse m'enfuir,dans certains cas.
Je les vois me soutirer l'oreiller,et ça m'épouvante parce que blanc comme un linge je sais qu'au fond ils reposent tous dans le cimetière du coin.

Avril 2011
Je sens le froid.
Je sens que moi,je ne durerai pas.
Même si on me traite de dure.
La dure à cuire.
La dure aux cheveux couleur cuivre.
On me nomme ainsi.
On me flagelle ainsi.
Quoi donc?
Do ré mi.
Je crois que je perçois la folie.
Pas très loin.
Deux pâtés en comptant l'épicier.
Embarquez moi,disait la fée.
C'était pourtant le capitaine crochet qu'il fallait enfermer.

02/05/11
La solitude est la seule certitude.Certains d'etre saints,ils comblent le vide des rides,le creux des joues,les bides déformés,les comblent,le comble,de gouffres.Comme si le vide ne suffisait pas,qu'il eut fallu disparaitre totalement.
Promis je ne mens pas.

02/05/11
Je suis supposée, sur-posée, soupesée. Et ça pèse...lourd.
Cours!Je n'aime pas vendre mon cul à mon cou.
Je suis amnésique,immunisée,immunisante.
Mais je plaisante!
Il disait:
Rien à foutre de toutes façons.C'est la merde de toutes façons.

02/05/11