dimanche 25 décembre 2011

26 ème heure

-Mais qu'est ce que tu nous fait là?


Ai-je l'âge de la déraison? Ou est-ce incongru de juxtaposer démence avec âge,dans une question tout aussi futile?
Les gens disent toujours "Tu as passé l'âge" pour responsabiliser. Responsabiliser quoi au juste?Une personne qui ose faire ce qu'eux même rêveraient de faire?
Il a toujours fallut des fous dans ce monde pour apprendre aux autres abrutis, aux autres lâches de la norme, à bien se tasser dans les files.
Les couards se disent aimer leurs vies, aimer leur merde, aimer le bon Dieu, en n'y connaissant rien au bon Dieu.
Comment peuvent-ils aimer quoi que ce soit sans risques, sans danger, sans sacrifice, sans bataille, sans courage.
De quel courage je parle... Sotte que je suis, je me noie à nouveau dans les supercheries d'un Narcisse se croyant érudit.
Le courage, c'est de se penser courageux et de se dire lâche. Voilà de quoi manque les populaces. De modestes couilles soustraites de tout exhibitionnisme et sublimation.
En leur disant tout ce ramassis de bonnes paroles, ils me rétorqueront un simple " Tu n'es pas bien placé".
Mais qui l'est bon sang?
Surement pas moi, qui s'éventre à vous sourire en ne cueillant que des hypocrisies bienséantes.
Vous êtes un champs de ruine, et j'ai beau planté des arbres, vous ne savez de la vie que le déracinement. N'ayant vous même aucune fichue racine.
Vos patries me font rire. A croire que le sein chaud de maman a été remplacé par vos frontières bien gardées.
Vous ne savez même pas ce qu'est la mer, vous la préférez calme, huileuse, docile, toute sage à briller sous un soleil, dont vous vous protégez..Ironie assassine.
Vous ne connaissez ni les montagnes ni les prés ni même la beauté des aurores.
Vous fuyez les insomnies. Dieu merci, vous les subissez encore. Dieu merci, vos somnifères vous sont remboursés par une sécurité sociale. Tout aussi asocial que vous.
Rêvassez derrière vos plasmas. La guerre est toujours loin derrière un plasma. Sortez vos jolies tirades repêchées sournoisement à votre contact dont vous ne savez rien, en croyant tout savoir. Derrière des pixels auxquels vous aimez vous enchaîner.
Jouissez, porno, poupées gonflables, masturbation que je vous aurais souhaités intellectuelle. Mais qui n'est rien d'autre que l'étirement saccadé de votre affligeante solitude.
Ne soyez pas surpris si un mal vous frappe et qu'à votre chevet, les fleurs de l'infirmière se fanent.
Les fleurs, elles, n'en ont que faire d'accompagner votre mort. Le wifi les a longtemps délogés.
Le temps des représailles est là. Assumez et ne gémissez pas. Faites nous l'honneur de mourir aussi lâchement que vous aurez vécu,vous taisant à chaque injustice commise, singeant la bienséance et le "comme il se doit".

samedi 19 novembre 2011

-Tu fais quoi à ton réveil?

-Je m'en grille une.Cette manie vient avec le temps, avec un tabagisme presque lié au vital.Fumer pour consumer.Fumer pour se consumer,dès le matin.
Je déambule dans le siècle de la consommation.Rien de plus naturel pour un être du 21 ème d'être incorporé dans le "J'achète,je bouffe,je me bouffe".
Et pis chacun a sa manière propre de remplir son vide,le mien est assez efficace à mes yeux. Il ne submerge pas seulement tous ces creux en moi,qu'ils soient psychiques ou physiologiques. Il est aussi une manière d'imposer un remplissage aux autres. Des fois même,c'est ma fumée qui délibéremment se propage doucereusement dans leurs vides. Certains s'en voient ravis et s'y mettent à leur tour.
En apparence,c'est une avidité de rebéllion.Ma première cigarette n'a pas été un plagiat. Seulement un ras le bol. Et depuis,elle accompagne tous mes bols de céréales. Oui,je suis précoce,mais je suis aussi attardée.
Il fallut un abandon oeudipien,et la castration exagérée d'une maman pour me retrouver dans la déchéance des abimes. Et rien de plus. Des fois, la vie a cet absurde que la logique ne connait point. Dès lors,il s'agissait plus de remplir que de vivre. Et tout était bon pour cela. On se voit acquérir des richesses incommensurables,rien qu'en bataillant contre les catacombes du néant.
Une bibiothèque,des rencontres,une psyché de plus en plus déséquilibrée et une posture d'analyste des comportements humains.
Et plus on s'aventure dans ces intellectualisations solitaires, plus on se rend compte que le seul moteur qui anime nos vies est ce besoin de remplir des cases vierges.
Ce vide. Ce gouffre qui avale et qui ne recrache pas. Combien sont tombés la tête la première dedans,combien en sont sortis morts en se disant vivants. Les gens balivernent souvent sur leurs vies ,leur quiétude,ils aiment se dire heureux, se voir attribués tous les mérites d'une vie bien garnie,ayant le portefeuille qu'il faut. Ceux qui me font le plus rire,ce sont ceux qui clament cette euphorie du fond du gouffre. Ceux là sont bien bêtes de croire leur creux indicernable. Ils oublient l'arrogance de certains êtres comme moi,qui clope bien ancrée dans le bec, n'ont rien d'autres à foutre que voir au delà de leurs sourires figés par la bienséance du bonheur inventé pour les occasions.
Alors on comprend comment en est-on arrivés là. On comprend comment un réfrégitaire peut faire le bonheur d'une personne. Même si je trouverai toujours cela risible, nous l'avons en commun, ce remplissage. Que pour moi mon seul soucis matinal est une cigarette ne me rend pas meilleure que celui qui dort en comptant ses économies pour l'ordinateur qu'il veut,au lieu de compter des moutons qui ne sauront guère taire cet effroyable vide.

vendredi 18 novembre 2011

Etre là sans l'être véritablement.

La cadence de la vie est insurmontable pour les êtres meurtris.La rythmique de leur psyché faillible subordonné aux notes violentes du requiem originel donne un grand brouhaha...INTENABLE.
Maman,Papa,et pis le mari et les gamins. La vie est peut être un long fleuve tranquille. Mais le Styx est aussi un fleuve.

Quand on est fragilisé,le moindre mal est exagéré. Et il devient dès lors plus que communicatif. Un mal communicatif est un mal qui chasse tout et tout le monde. Alors on en est réduit, à la flagellation d'une solitude qu'on dit méritée. Alors que ceux qui créent le mal au lieu de le subir sont dans toute l'impunité et la désinvolture.
L'avanie est presque voulue,on se dit indigne de vivre alors qu'on est dans l'amour virulent de la vie,de chacune de ses parcelles negligeables pour autrui. Etre là sans être véritablement là n'annule pas la conscience de chaque chose. Et quand on est conscient,on n'en peut qu'être malheureux.
Voici mon drame,mon savoir hyperbolique de la vie. Mon potentiel exacerbé à l'analyser et à être dans le vrai preque à chaque fois.
Ce n'est pas une vantardise,ceci est de loin le plus affligeant des fardeaux à porter . La tristesse d'un ouvrier prenant le même métro que moi le matin est un agglomération de mal qui m'est automatiquement lancée en plein coeur. Au début,je me pensais avoir assez de tripes pour utiliser ces énergies à bon escient. Le drame est que face à l'inconnu l'impuissance est la cime du mal être de toute personne se disant empathique.
Alors,naissent ainsi,mélancolie,conflit et une insoutenable culpabilité.Pour un rien,et surtout pour un tout.
Et la culpabilité est un rongeur avide. La plupart du temps assoifé de bonnes intentions. C'est ainsi qu'elle se nourrit cette mégère. Des bonnes intentions. Et quand la satiété est là,elle s'en va laissant une charogne puante,qu'est la douleur de son impétueux chatiment.
Les êtres de ce genre,de mon genre, ne savent jamais le pourquoi de leur venue au monde. Et ils s'en trouvent démunis. L'absurde mêlé à la douleur donne assez de légitimité pour au moins pouvoir choisir le comment de son départ de ce monde.

Le  monde est une grande gare. Et les trains sont divisés entre plusieurs classes, avec différentes destinations.Des destinations inconnues.Ceux qui me sidère c'est les passagers de la 1 ère classe. Ils ont l'air tellement dans le confort qu'il m'est inconcevable de penser que quelqu'un ne leur aurait pas chuchoté la destination,clandestinement.

mardi 15 novembre 2011

Amour,gloire et beauté

La dévergondée du village baise les moeurs de nos tendres et  latentes bonnes femmes. Elle rend vains les attributifs luxurieux qui ne lui sont pas voués. Elle ranime les corps lobotomisés des maris mal aimés. Ce qui les rend tous fous d'elle,c'est que contrairement aux autres femmes, L ne demande jamais l'amour. Elle sait peut être qu'en l'acclamant, on se voit se le refuser, facilement.

La folle des corps me renvoie à ma terrible chasteté, moi la petite vierge qui épie toutes ces salades qu'on raconte sur elle,dans les rassemblements bienséants. Ces salades que j'aime me raconter la nuit pour m'imaginer des ébats déchirés entre un bonhomme que la vie a égaré dans les bras de la satiété de l'amour et du désir. J'ai longtemps écrit sur cette femme dont je ne sais rien, j'ai longtemps imaginé de longs dialogues avec cette elle, L, aile du péché. Vainement peut être.Le village,petit, la porte de sa maison,pas très loin, je ne me suis quand même jamais aventurée à aller la voir.

Le désir m'a longtemps été conceptuel, je ne pouvais qu'être admirative devant la pratique. Ma couardise a fait de moi une pécheresse conceptuelle repentie en adolescente "comme il faut" . Les hommes m'effraient et je ne pouvais me languir à l'idée d'être aimée un jour du moins corporellement. Le mien était un territoire vierge et inexploré. J'avais beau regardé, me questionner, "me former", on ne se connait vraiment qu'à travers l'autre.

C'est ainsi que j'ai vécu ma puberté, entre refoulement de mes envies les plus simplistes et fascination pour cette "pute extravagante qui ferait mieux de se trouver un mari qui saurait lui sceller les jambes". Phrase empruntée à l'épicière à laquelle je me rends tous les matins,prétextant le pain,ne cherchant que  les derniers ragots sur cette Femme.


Et pis, il eut ce jour qui avait tellement mal commencé que je sentais qu'il allait être soustrait du morne de mon amer quotidien. La matinée, j'eus une violente dispute avec mon père, avant que ce dernier ne s'empresse dans ses élans stigmatisés de père voulant insulter et rabaisser sa progéniture pour se sentir mieux après une nuit tellement agitée avec ma bougre de vieille maman,j'étais déjà lancée dans les rues matinalement désertes du vieux port. Je pressais le pas sans savoir où aller, j'étais tellement petite devant ce soleil qui peine à se lever, tellement aigrie par cette journée dramatiquement entamée. Lasse, je traînais des pieds à l'aveuglette,jusqu'à me retrouver devant un portail que j'ai toujours épié de loin, de très loin.
Je me décide à aller la voir,de toutes les manières,cette journée est une de celles où on se dit,sans se mentir,que l'on a rien a perdre,quoi que l'on fasse.

Je frappe, elle ouvre, je me présente, elle dévisage. Elle est drôlement belle sur ce perron qui me refuse autant qu'elle. Je demande à entrer, et sans gêne , elle me dit que vu mon age et mes taches de rousseurs pucelles je n'ai rien à "foutre" ici.
J'insiste et je me retrouve dans un salon baroque où les antiquités se mêle aux images qui m'ont toujours hanté de la beauté sulfureuse et aristocrate de L.
Elle ramène deux cafés et s'assoit avec une de ces postures qui différencient les belles femmes des rejetons de l'esthétisme féminin trivial.

"Qu'as tu donc fait bougre pour que ton père s'amuse à te foutre dehors?"
"Je suis partie de mon gré."
"C'est que mademoiselle fait dans la rébellion."
"Non,je n'aime pas quand les mâles font dans l'impétueux,je ne me pardonne jamais la soumission."
"Pourtant, la soumission a ses charmes."
Petit sourire espiègle, le contexte sexuel est mis sur le tas, la discussion pourrait très vite m'être profitable,mais ..
"Et l'école?"
"Oh, L commencez pas!"
"Tutoies moi, ma chérie."
Ce ton maternel,je lui avais jamais associé auparavant. Bougre que je suis,j'ai toujours eu cette sale manie de dissocier les femmes des mères. N'ayant pas connu les joies d'être ni l'une ni l'autre.
"Tu me penses femme?"
"Tu es là pour m'entendre relater du De Beauvoir ?"
"Non,elle, je ne l'aime pas."
"Tu m'en vois ravie"
Ainsi,elle est née femme? Ou est elle aussi machiste que moi? Les questions coaguleraient presque, je devais en extraire quelques unes, je ne pouvais pas me permettre de rater cette "chance" qui m'est offerte.
"Le premier amant est il le dernier L?"
"Mais qui t'a bourré avec ces sornettes ma douceur?"
"Des contes,mon âge, la vie, ou le simple fait que je suis une ignare."
"Parce que tu penses que c'est une affaire de savoir?"
"Non justement. Mais, .." Les mots se tordent, je n'y arrive plus, j'oublie soudain la raison de ma venue, puis je me rappelle rassurée qu'il n'y en a pas de raison, que c'était cette rencontre est le seul aveu que je pourrais confesser dans l'immédiat de ma situation et que cela devait changer. Il me semblait, et il m'a longtemps semblé que seule L pourrait remédier à mes attitudes mes idées et mes visions piétinés par les coutumes et les restrictions.
"Qu'aime-t-on chez un homme?"
A partir de ce moment,du moment où j'ai posé cette question banalement formulée,une suspension s'est incrustée dans le naturel d'une conversation entre une femme mature et une adolescente dont le peu d'expérience est la perdition. Cette suspension a figé deux vies,inversant rôles et acquis et je sus que ma question n'était pas sans attrait pour mon L. J'avais entrouvert tout un univers que L avait passé des années à barricader.
"Je .. Je ne sais plus..."
Elle eut l'air d'une petite fille dans les émois de la dyslexie. Celle de cette drôle de femme n'était pas seulement sémantique, elle était aussi sentimentale.  Je baisse mon regard,il n'est même plus pointé au sol, il est dissout dans le parquet minutieusement nettoyé. Je lui avais causé du tort et tout ce que je souhaitais c'était de disparaître dans une des failles de ce bois étanche.
"Voulez vous que je vous parle de lui?"
"Hein? Heu, pardon,je n'ai compris ma douceur."
"Lui,l'amant imaginaire,l'amour qui m'attend aux aguets de la vie ou de la mort, l'amant que je connais sans pouvoir répondre comme vous à ma question si bête.."
Un sourire triste, dans la même mélancolie douce de son fin épiderme,de son teint de femme du monde, de ses airs délicats dans cette supercherie d'un monde bâti sur les protocoles de la bonne tenue et de la bienséante parole,de la bonne attitude et de la bonne façon de vivre. Comme s'il était possible bonté divine de déterminer ce bon qui donnerait un sens à toutes leurs pieuses prêches.
"Le cimetière,il faut aller au cimentière et demander cette réponse que nous ne saurions formuler au mâle dont le mal a consumé juste au moment où je sus ce qu'est aimer.Il s'appelait M.Mois.Allez demander,moi,je ne sais plus que faire parler mon corps et il me semble que vous n'êtes pas de ceux qui amalgament la bénédiction d'aimer un être avec cet acte ignare de soudoyer sa chaire."

Cette fois,le ton était tranchant,je sus que je devais partir. Je la remercie vivement, et je me détourne avec la même rapidité de son regard devenu pénible à soutenir.


Il était évident où mes jambes allaient me mener après. Passée la gêne de se surprendre impatiente,je me mis carrément à courir. Et je riais en pensant au funèbre de cette course,Rimbaud s'en verrait envieux,et je ris aussi précipitamment que ma désinvolture m'avait illusionnée que j'avais compris L.
Le tombeau n'était pas si dur à trouver, je lus la transcription de l'épitaphe plusieurs fois. A la quatrième,j'éclate en sanglots.


M.Mois (1967-1993)
"Au temps où ce coeur s'est arrêté,vaines furent les trente années pour trois années passées à tes côtés.Vienne la nuit,sonne l'heure,les jours s'en vont,que tu demeures.A L.Corps,âme et poussière."

mercredi 9 novembre 2011

La douleur ou comment (n)être écrivain

Elle n'est qu'un long sentier. Une route qui vous mène d'un instant de bonheur à autre. Les deux entrecoupés de ce déchiquetement qui n'épargne personne. La douleur est une chose qui vous aggrippe dès que vous avez le dos tourné,et le visage rieur. Elle est sournoiserie,elle est vice,elle est ce mal qui s'étale dès le sourire vous quitte. Elle donne un sens à vos émois, vos amours, vos amitiés ,vos moments de haine. Elle est le précipice de celui qui ne sait que la mort pour délivrence. Barricadez vous si cela vous amuse, elle saura tout de même vous trouver. Elle possèdera le corps de votre amant juste pour vous prendre. Et quand vous seriez bien au chaud dans le piège doucereusement tendu,elle sera votre hote, votre balance votre équilibre votre bien et elle ne vous quittera plus.

Et là,vous l'aimerez ...Et là,vous écrirez.

samedi 5 novembre 2011

La veille d'un égorgement prémédité dans une maison désertée,ou comment mon mouton est parti brouter ailleurs.

La télévision du salon est allumée. Un des colocataires a peut être cru bon de faire respirer la maison en faisant circuler de tendres versets pour l'occasion. Je suis dans ma chambre. En haut. J'entends cette voix se faufiler doucereusement pour malmener mes vieilles rancœurs. Je n'ose pas éteindre. Ou plutôt, je ne le veux pas. La maison pue un certain deuil, une dame proche s'est éteinte,il y a quelques jours. Je ne veux pas faire subir la même chose à ce qui me fait maintenant pleurer. Je ne veux pas éteindre la lueur de cette foi qui crépite ce soir. Les flots s'étalent sur les joues, les versets coraniques enflamment mes prunelles, je dois avoir le ton pourpre de quand j'avais 11 ans et que je pleurais pour un rien. La mort simulée de ma poupée ou la petite voiture que mon frère réclamait beaucoup trop vite. "Mes larmes ont beau tailladé mon visage, il reste loin. Il reste inaccessible le bon Dieu." Cette expression est aussi niaise que mes larmoiements. Dieu n'a nul besoin ni de mes pleurs,ni des attributifs ni même des notions bêtes et stupides qu'ont les hommes du mal et du bien. Mon mal à moi n'est pas à coupler à dieu,il lui est même soustrait. Que je me sente dans l'abandon ne regarde que moi, que mes bassesses de ce soir me font oublier toutes ces vies que la faucheuse usurpe en ce moment même, ce n'est qu'à moi de l'assumer. Si je ne suis plus fichue de clamer haut et fort des convictions qui me sont chères, ce n'est que mon propre tort. Si aujourd'hui, je semble incapable de mener ma quête parce que je ne trouve aucun lien entre celle de Brel qui me plait et celle de ma spiritualité qui m'effraie, c'est que je suis bête.Si pour moi, Sartre est à lire indépendamment du livre qui m'est sacré,alors je n'ai rien compris à la vie. Et si aujourd'hui, je m'adresse au divin pour m'aider à faire ce qu'il m'est possible de faire ,rien qu'en levant le cul de cette chaise, ce n'est que par paresse ignominieuse.

Ceci est un texte has-been même pour ceux qui ont l'age d'être mes grands parents.
Je vous épargnerai ces réflexions dès que j'aurai un calepin.

vendredi 28 octobre 2011

Lettre à un Big Brother

La dense mosaïque des peuples affamés suit avec des yeux ronds ses corps rôtir tels le gibier d'un festin sans fin.

Les grands ne connaissent point de satiété,les grands se parfument avec du sang et exultent avec les statistiques des enfants assassinés.Et les peuples ,léthargiques, évoquent des luttes,des représailles,des vendettas, qui ne voient le jour que la nuit dans les plus sombres inconscients...Nous sommes leurs moutons de panurge,et le berger sait quoi,qui,comment manger.

Dans mon monde,l'impérial nous a appris que l'hymne est une boite de pandore...ou un piège à con.
Quand je frémis à un lointain souvenir d'un martyr que je ne connaîtrai jamais, ma voix se tord mon futur se confond avec celui de l'assemblée des rêveurs anonymes de la patrie ... ou plutôt des premières cotes du gibier du roi.

Je sais pas si un jour je serais assez chanceuse pour n'éprouver que de l'aversion pour le genre humain,pour être un gendre lointain d'un Nietzsche bad gamme,ou une Marie-Antoinette la tête à moitié coupée...Moi qui n'ai même pas les couilles de n'être autrement que fidèle à ma personne.

dimanche 2 octobre 2011

When you are strange

No one remembers your name...

Je marche seule..Je marche et je ne gueule pas,pour une fois...C'est que cette fois,les "je te baise salope" ne me sont pas lancés en chemin...La ville est froide,lassante...Je m’agrippe au ciel...Mais la grisaille me somme de regarder au sol..."Habit rassik naik"...Au loin,une foule,rassemblée,autour d'un bref blessé,aussi bref que fut sa vie..et l'attroupement de ses voyeurs,la foule se disperse quand je la gagne...Au sol,gît ce corps...Le mort,les yeux grands ouverts,et le sourire béat...mort,mort,mort...J'en connais des gens qui lui ressemblent...Je les vois chaque soir dans mon miroir de ce dit,boudoir..Mais ce soir,j'en croise un...

Alors,je me dis que peut être,peut être,...,celui ci me répondra....


-"C'est comment là bas?"
-"Bon..."
-"Je continue ou est ce cause perdue que de s'adresser aux macchabées?"

-"Tu sais,je ne sais pas si je te dois un verset pour ce que je te fais là,ce moment de paix que je crois te retirer..tu m'excuseras l'arrogance des vivants...j'ai besoin de réponses le mort...on m'a dit que vous connaissez Dieu...que google n'arrive pas à vous géo-localisé ,puisque l'au-delà n'existe sur aucune de nos sombres cartes...Mort,peux tu me dire qui je suis? Peux tu me dire ? On est pareil,tu sais...Moi-même,je ne suis que corps...Je ne suis plus vie..vante....Tu sais,on dit que les fous sont les damnés de l'enfer...C'est insensé,diantre!...De tous ces bons pensants,seuls les fous cherchent rédemption...Toi,l'inerte,peux tu parler à Dieu en mon triste nom,lui demander si j'ai tout faux,tout vrai ou si parce qu'ayant ni corps ni âme ni raison,seule la purgation m'attend?
Mort,questionne celui qui t'a accordé le plus serein des sommeils,si j'aurais un jour,un nuage pour oreiller ou une auréole pour couverture...Dis le qu'ici là,on ne couche que sur ses remords,que l'on ne se drape qu'avec sa vanité et que l'on ne dort qu'avec ses regrets ...
Tu sais,le mort,je ne fais qu'écrire...depuis que Dieu me l'a commandé...ne me ris pas au nez...lire rime avec écrire...ne me ris pas au nez...seuls les fous le savent...que les vivants les pointent du doigt,ce n'est qu'un rien qu'on oubliera..mais toi le mort...
Dis lui,maintenant que je me suis pardonnée ma satiété,mon ébriété et mes messes noires...Me pardonnera-t-il à son tour? Ou est ce encore un mauvais détour?"

Je lève mon regard,je cherche le ciel mais un panneau publicitaire me  rattrape ... "Tout ce que vous direz,sera retenu contre vous...Dites lui tout,elle saura vous retenir..La nouvelle Mercedes classe A,la classe,on l'a ou on ne l'a pas.."
Je ravale mes sanglots,je lui clos ses lourdes paupières et envieuse,je pars au bar,chercher"magie noir pour délivrer mon corps du sort qu'on m'a jeté"...

jeudi 29 septembre 2011

Father and Mother

La grisaille automnale couve des corps éparpillés sur une terre qui peine à se fertiliser...

Je suis de ces enfants d'automne,nés des soirs de pleine lune...
Je suis cette fillette dont le biberon a été jeté d'un troisième étage...
Je suis cette âme errante,garante de ses responsabilités,fervente de ses rêves refoulés..
Je suis amputée,et un orphelin n'est qu'un amputé au fond...

Des jeux ? A quoi bon ? Quand on est un double je,monopoly et scrabble c'est bon pour les fils à papa,les filles à maman..Moi,je suis amputée..

L'intime s'égare,je sais faire,je suis d'un machiavélisme quand il s'agit des mots,je suis un loup et mon chaperon est un verbe..
Je suis la gosse d'une ère où le personnel est une fiche à remplir,alors que valent ces réprimandes..Nudisme textuel vous dites?
Que l'on m'excuse alors ma bonne foi,et mon coeur suant la naïveté..Mais je préfère les cabarets des textes aux bars à putes.

22 piges bonté divine,à croire que je l'avais méritée cette vieillesse prématurée,à croire que je l'avais cherchée,à croire que je suis un exilé qui n'a jamais quitté le sol de sa patrie...A croire que pour toucher un lecteur,il faudrait avoir purger ses peines,dans toute la virulence d'un enfer terrestre.

Je suis cette gosse de la lune,et ma mer est ma mère,simple rhétorique de passage,mais quand je vous l'avez dit,de mes yeux puant le deuil,vous aviez pensé que ce n'était que de simples métaphores de passage d'une amputée qu'on calme et que cette sur-dosée n'est que sous-dosée.

Il y a certains deuils bien particuliers.Ces deuils là sont tranchants,assassins,virulents et monstrueux.
Les deuils des vivants.

Aux deux F et à Mémo.

mardi 20 septembre 2011

http://www.youtube.com/watch?v=gYlgrLbsqAg&feature=player_embedded#!


-"Joyeux anniversaire Faustine,Grim,Rodion,Léopoldine,Akarine,Kyrie,Ulsuria,Balthazar,Grigori,Dmitri,Dépêche-toi,Aurore,Morhange,Tzolinée,Zoé,Winstonlights,joyeuses années à vous tous,puissiez vous vous échapper de mes textes,errer dans un ailleurs intemporel,quitter mon corps et ma douleur,et n'être que des personnages,et non des damnés,désertez mes méandres,démons."
A cela,ils rient,soufflent mes bougies et rétorquent:
-"Puisses-tu Fatma savoir qui tu es véritablement,puisses tu connaitre la paix sans chercher culpabilité,puisses tu rêver sans trêve pour finalement mourir dignement."




A celui qui m'a guérie,merci de n'être qu'un ange.
"La vie est un long chemin sinueux et les meilleurs détours sont les belles rencontres."Fatma

jeudi 8 septembre 2011

La veuve putain,la putain de veuve

Acre est de ces femmes qui aiment le jeu.
L'argent,les mondanités et les amours sans lendemains,sont le quotidien de cette nymphe.Autant dire que telle une Erato,sa beauté faisait d'elle le meilleur joker qui soit.
Son épanouissement n'a jamais été une quête,elle ne vivait qu'à travers des euphories d'un soir.
Les hommes ne manquent jamais à l'appel,seule,elle,s'occtroit la légitimité de feindre leur coup de fil.
Maquillage,talons aiguilles et robe rouge vif.Acre est une femme comme on en trouve peu dans le pays des épouses fidèles.

Les femmes fatales sont la damnation des mâles obsédés par la mort.Et Acre est létale.

Acre vit aux dépens,elle ne sait faire que ça,les dépenses asservissent ses "clients".Et cette servitude est la dualité subtile qu'Acre a réussi à instaurer. "Une femme ça s'entretient" aimait elle à répéter entre deux verres de whiskey,en riant à pleines dents.
Elle n'a jamais trop parlé,elle sait qu'en dire trop,en revient à porter d'autres vêtements ou masques au choix,et elle,elle n'aimait que les porte-jarretelles.
Au fond,rares sont ceux qui connaissent véritablement cette jeune femme espiègle et tenace qui obtient toujours ce qu'elle veut.
Et moi,je ne connais Acre que trop bien.


Il y a 4 ans,cette nymphe égayante à souhait,passait d'interminables journées,dans un hopital en reclus de la ville.Elle veillait un homme,elle allégeait une agonie,celle de l'être qu'elle aura le plus aimé dans toute son existence.Mariée ou non,Acre et ce monsieur séripositif,dont je ne sais rien à part la maladie,ont été depuis le lycée,les inséparables de mon village natal.Longtemps,je les ai envié,pour leurs mains soudés.Pour ce lien du sang,qu'ils semblaient avoir pactisé.Pour leur amour débordant et qui gênaient les chomeurs rageurs qui les épiait lorsqu'ils passaient devant le bar du village.
Notre village est cotier.Et la mer,elle seule,sait préserver les amours,autant qu'elle sait les emporter.
Tel un déferlement d'une tempête impétueuse,la vie de Acre et son amour s'est vue balayée un jour par une séropositivité assassine.
Jamais un coupable n'a été désigné.Ils étaient malades,mais surtout amoureux.
Malencentreusement ou non,les médecins ont déclaré que seul le garçon était mourrant.Le "il n'en a plus pour longtemps mademoiselle" a transformé un amour qui défiait l'éphémère en une tragédie Shakespearienne privée de toute niaiserie.
Les jours passaient,et les heures emportaient le jeune homme.Un jour,Acre ne réussit pas à le réveiller.
Le lendemain,il n'était plus qu'une sépulture.

J'ai revu Acre deux ans plus tard.Cette drole de veuve,je me retrouvas à lui parler au tour d'un verre dans une de ces fêtes où on choisissait l'accoutrement qu'il faut pour la réputation qu'on veut.
Je ne sais pas si c'était l'effet d'une ébriété que je n'avais pas prévu,mais je me suis retrouvé à la draguer.Elle,parfaitement sobre,me toisa de ce regard hautain et attendri à la fois et me dis:"Allons au premier étage,nous serions plus tranquilles."
En montant l'escalier,elle se retourna et me dit: "Tu sais,Mortèz,il n'y que les putains qui méritent le respect".

mercredi 7 septembre 2011

Poésie morose et autres recueils extraordinaires

Amant
Bois à mon
salut
Amant,à mon lu,
A mon tu,
Tue
Mais
ne te tue-toi jamais
Vouvoie les
Nargue les
Fermes toutes les voies
A ton toi
A ton toit
On ne sait jamais
Ils ne frappent pas
aux portes
Aux aguets,alors
Aux armes alors
Parce que ton fumoir
est combustible
est ostensible
Et l'ostentatoire
est la fin
Et le vu,non tu
te tuera
nous tuera
Tu verras
Moi,je ne l'espère pas
Je te veux père
Non déserteur
L'homme vil
vit
aux dépens
des monts
des roches
des toisons
des maisons
et le triste son des clairons
Le vil ment
Il sent
Il pend
Et nous serions son fumoir
Il tue,il ne se rue meme pas dans les rues
Il arpente,patiente
Son "Tuer" est notoire
Alors tire et
pose ton arme
Barrons nous
Notre bière
nous attend
à l'assommoir.

Demain est un autre soir.


لو كان لي قلبان

Toutes ces choses qu'on ne dit pas,finissent par se condenser,créer un abcès.Cet abcès,qu'on peinera à crever,explosera.Tout le pus emportera nos âmes,à la dérive,dans un styx nauséabond et fatal.

Khadija ne quittait jamais le berceau,même à 30 ans.Notre jeune femme a été élevée dans du coton pour certains.Mais en psychanalyse,il n'y a pas lieu de taxer les gens autrement que par des névroses homologuées.

Donc,pour Khadija,il ne s'agissait que de cordon,rien que d'un cordon.
Le premier amour que connait un enfant est celui de sa mère.Je ne vous apprends rien.Et je ne vous cache surtout rien.
Khadija a longtemps pensé que la seule personne qu'elle pouvait aimer sans avoir le coeur en lambeaux,était,indéniablement,sa mère.


Elle,qui n'a jamais su être autre qu'une progéniture,s'est un jour heurtée à la réalité de ne plus pouvoir en être une.
Khadija s'est longtemps habillée comme sa mère.
Khadija s'est maquillée trop tôt et joué trop tard.Et la plupart du temps,ce n'étaient que des jeux interdits.
Khadija a choisi de faire Médecine.A souffert le martyr pendant 10 piges.Et à chaque fois qu'on lui demandait ce qu'elle étudiait,sa phrase commençait par Maman pour s'achever par Médecine.
Les deux mots prenaient des majuscules sans être transcrits.

Khadija,a une fois,perdu la paroi qui fait d'une fille une épouse comestible.Maman l'a appris,elle l'a mariée.
Khadija a aimé un mari,qui n'était au fond qu'un compagnon de baise mais surtout et au fil du temps,un compagnon de chambre.
Khadija a eu des enfants qu'elle n'a jamais négligé,mais qu'elle offrait à sa mère en compensation,ou plutôt en divertissement lors des longues heures à tuer qui lui restaient,avant le face à face avec la faucheuse.
Un jour,Khadija a appris que son mari la trompait par un voyeur de voisin.
Ne pouvant divorcer,elle s'est longuement occupé de ses gosses avec toute la hargne des épouses mal baisées et mal aimées.
Un jour,le mari est parti.
Le surlendemain,son aîné comparaissait devant un tribunal pour trafic de bas age.
Et le jour d'après,son dévouement au serment d’Hippocrate n'a rien changé à la donne.
Elle n'était plus qu'une hypocrite de dépravée indigne de porter l'enseigne d'un honorable médecin.

Allo maman,bobo.

Khadija a fini par couper ce maudit cordon.
Elle est enfin libre.
Elle porte un lourd passé,mais elle a quitté le berceau.
Parce qu'un berceau sans mère pour le faire balancer doucement en fredonnant une vielle cantine n'en est plus un.
Khadija a brisé la chaîne qui la reliait à sa génitrice,le soir où cette dernière lui fit ses adieux.


Cela fait un an,que la mère repose au dortoir des inhumés,Khadija,venant réciter sa prière machinalement se mit à sangloter.La femme chuchotait inlassablement une drole de phrase,qui ne ressemblait en rien à du coran.
"Tu es une fille indigne,tu me fais honte,j'ai hâte de rejoindre Dieu,rien que pour ne plus vivre avec la hantise de t'avoir pour progéniture".

L'amour est aveugle,surtout quand il est haineux.

Ma triste confession,mon triste semblant de vérité

Après tout,pourquoi autant de peine pour un rien ? Si un tout ranime la haine,si je ne suis qu'un fou parmi d'autres apôtres du sens dessus dessous,à quoi rime toutes ces syllabes?
J'ai longtemps écrit sans but,sans aucune autre alternative que de finir mon texte et de me féliciter à sa re-lecture.Ces textes qui ne sont que fantasmagories d'une personne à qui on chuchote souvent un "ta gueule",et quand ce n'est pas le cas,cette même personne se poignarde à coup de "ferme la".

Les mots,les plus réels,les pleins véhéments,je les écris,je ne l'ai jamais dit ,je ne les ai qu'écrit.
Je n'en ai rien fait d'autres.
Ecrire c'est saigner.Dans un de mes délires les plus funestes,et les plus glorifiants,je me dis qu'à force de juxtaposer des lettres,je perdrai tout mon sang.Drole de façon de concevoir la vie à 22 ans,presque,à peine,sauf que j'en sais trop.
Je sais,pour ne citer que moi,que les balivernes d'un destin tracé dont on se dit maître est un festin indigeste,et rares sont ceux qui ont de l'appétit,terrés six pieds sous terre.Même que la rareté est un euphémisme.La seule digestion qui se fait est celle de ce que le destin a fait de nous.Cette digestion est la décomposition de notre chair.

Longtemps,m'en a-t-on voulu pour mon morbide,pour ces allégories étouffantes de scènes de vie qui s'achèvent en pilules ou des rêves qui se suspendent au dessus des sépultures.De mon moi à mon surmoi et des fois même à mon ça,je ne me cache pas le fait que je ne vois pas très loin,ni pour ma personne,ni pour mes semblables.

Quand les fêtes battent leur pleins,que les gens se servent alcool et ébriété à profusion,il y a toujours ce petit mesquin tenant un verre entre deux mains tremblotantes assis dans un coin dans une solitude contrastante à souhait avec la désinvolture ambiante.Et j'ai longtemps été cet étranger sans nom,qui va vient,fantomatique et presque indiscernable dans le brouhaha.

Le gout de la joie m'est insupportable,non que je sois vouée aux larmoiements,mais parce que dans les méandres de mon siècle assassin,joie ne rime qu'avec artifice.
Alors,quand je suis seule,c'est à dire tout le temps,c'est à dire seule entre trente milles semblables,mon unique occupation est de chercher le beau dans ce morbide que tous ces spectres oublient entre deux chariots bien remplis ou deux soirées bien trop arrosées.
Aimant le difficile,cherchant perpétuellement à défier ma petitesse,je voulais l'allégresse sans l'artificiel.
Je l'ai trouvée.Et elle a été aussi brève,qu'une gueule de bois,le lendemain d'une bonne cuite.

"Ton fatalisme te tuera" Encore un euphémisme,encore des mots perdus,atones,dans une inertie qui n'a rien à voir avec la littérature.

Longtemps j'ai écrit sans savoir que littérature n'était que l'esthétisme des mots,quand je l'ai su,j'ai choisi mon  "beau",j'ai choisi l'alignement de mes mots/maux.Un rang,un champs lexical,une route jonchée du vocabulaire du tragique.Et des scènes violentes,dont on ne devrait que garder la "'beauté".Au fond personne ne peut me demander des comptes quand je ne fais que narrer la stricte vérité.Nous ne sommes qu'un humus pensant pendant une certaine longévité,cette longévité expirée,il n'en reste que l'humus.Et la mémoire/narration des hommes.Ou pas.

Fond Sonore:  Noctune N 20 in C sharp minor

samedi 3 septembre 2011

Tes yeux noirs


"Et le passé n'est plus qu'une postérité noyée dans l'inconnu..."

Tsariane est attablée dans sa petite cuisine aux couleurs provinciales.L'air chaud de la compagne verdoyante ranime d'anciens souvenirs.Elle débouche une bouteille qu'elle avait brillamment cachée sous son lit.Et à deux centimètres de cette bouteille,quelques pilules.Sans lendemain.
Elle se verse un verre,deux,trois.
Entre temps,son lecteur cassette que lui a offert un amant mort né,jouait inlassablement "Les yeux noirs",valse tzigane,russe,je sais plus,mais bel et bien une ritournelle d'adieu.
A mesure que le verre se vidait,un moment de la vie de Tsariane était supprimé,éradiqué,déchiqueté,comme la précédant dans les sombres abîmes qui l'attendait.
La valse devenait virulente,elle se mit debout malgré le tournis,malgré le vide,malgré sa servitude soudaine à la gravité,et elle dansa.
Le verre à la main,les comprimés dans l'autre,elle suivait un mouvement circulaire sournois,une ultime allégorie des cercles vicieux et elle savait que pour que ces derniers soient rompus,le prix était toujours fort payé.
Sa voix ivre fredonnait les rythmes les notes les lamentations d'un violon agonisant.
Tsariane voit la réalité se décomposer,elle sourit,elle sait que le départ est imminent.
Mais elle ne sait où elle couchera ce soir.

jeudi 1 septembre 2011

http://www.youtube.com/watch?v=drJD-92G8hU

La silhouette fantomatique surgit du néant.Elle arpente les murs,touche du bout de ces doigts à peine humains,mon corps muet.La chambre est glaciale,malgré que le chauffage est sensé garantir une chaleur assez intense.
Son apparition,je m'y attendais.Depuis le temps,j'ai fini par ne plus être surprise,je me suis même surprise à l'attendre.
Sa forme ondulée est dépourvue de yeux,et cela ne m'a jamais effrayée.En fait,rien ne m'effraie en ma visiteuse hybride.
Elle commence à me toucher,lassante,et moi lassée,je lui dis:"on va encore jouer au même jeu ce soir?".Elle se garde de me répondre.Les ténèbres vont de paires avec les fantasmagories fantomatiques et ce n'est pas de simples mythes reçues.
Et dans le noir somptueux,le blanc de sa peau est d'une beauté fatale et tragique.Elle continue à effleurer ma peau,ses caresses me font douter de l'hyperthermie de l'enfer.J'ai froid,je sanglote,je grelotte mais je ne l'arrête pas.Mon ton lassé de tout à l'heure n'était qu'un jeu théâtrale.Si elle n'a pas répondu,c'est qu'elle sait que depuis des années,je me complais à jouer avec elle,malgré l'ennui,malgré le risque,malgré le danger imminent de gésir inerte si elle oublie de s’arrêter.
A un moment,de sa main,elle me presse le bras,et c'est comme si,noyée dans une mer de l’antarctique,mon inertie n'était plus qu'une affaire de secondes.Sa voix rauque,qui avait ébranlé ma raison la première fois où elle m'avait parlé,vint repêcher cette fois,mon corps presque atone.
Elle me relâcha et me dit:"Il est mort"
A peine avait-elle prononcé ces mots meurtriers,la visiteuse s'était évaporée.

Je ne sais plus ce qui s'était passé après.Le matin,au réveil,tous mes livres étaient déchirés,ma commode était renversée,les murs étaient tachés de peinture rouge,qui vue de plus près,se révélait n'être que du sang,l'armoire était vidée,mes vêtements jonchaient le sol,ma couette était déchiquetée,comme après le passage,d'un chien enragé,à qui on aurait pas donné assez de viande.Et il était évident que dans cette chambre,quelque chose avait été avalé.
-----------------------------------
Mon médecin m'avait déclarée malade,il y a quelques années.
Mes parents m'y avaient emmené de force,pensant bien faire.Mon corps subissait une hypothermie inquiétante qu'aucune médecine ne semblait pouvoir expliquer.Et dans ces cas là,il était évident que les séances de divan étaient la seule solution.Sinon autant avouer que la science n'est qu'un amas de sornettes.
Cependant,j'avais très mal pris le diagnostic.Je ne suis pas retournée le voir.
En ce temps là,je rageais contre les rites machiavéliques de la psychanalyse.Pourquoi me taxer d'un mal rien que parce que je n'agis pas comme la masse?
Je m'étais gardée,cependant,de prendre trop de risques.J'évitais les gens,j'évitais les enfants,j'évitais les animaux.J'avais peur de moi pour toute vie qui m'était extérieure.
Seule la mienne ne subissait aucune sur-protection.Sans doute,je savais qu'au fond,les envies suicidaires n'étaient pas mon fort.
D'années en années,une misanthropie s'était installée dans la morgue de toutes les pensées et les idées que je me refusais,mon inconscient.Mais elle se ranimait comme un lapsus à chaque contact humain.
Et l'humain,au fil du temps,devint rareté dans ma vie.
-----------------------------------
Mon beau-père m'avait élevé sans ma mère.Et je l'avais hait de m'avoir privée du luxe de l'orphelinat.Longtemps,très longtemps.
Mon beau-père avait 50 ans quand je me mis à avoir les traits de ma mère.Ou plus explicitement,à être un clone de ma défunte mère.J'avais un teint laiteux froid glacial,qui contrastait avec ma chevelure orange flamboyante,et à mesure que je grandissais,ses exclamations "Dieu que tu lui ressembles" ne faisaient que se dupliquer.
Nous vivions en reclus,dans une maison,qui s'est vue pourvue d'un ramassis de légendes occultes par  les gamins railleurs du quartier.Et le visage hirsute du beau papa n'arrangeait pas la donne.
Ma chambre donnait sur la sienne,et mon corps semblait le passionner plus que la télévision.A 15 ans,on ne pouvait pas comprendre.Je me suis donc contentée de le haire encore plus.Et plus je le haïssais,je voyais ma chambre se remplir d'offrandes.
Sa culpabilité de m'avoir dépucelée dans une sorte d'inceste glauque l'obligeait à m'offrir des choses en compensation de ce qui m'avait été ôtée.
Bien plus qu'une virginité,bien plus que l'innocence,bien plus qu'une sexualité saine,le beau père m'avait ôtée le droit de chérir tranquillement le souvenir de ma défunte.
----------------------------------
Ce matin là,je venais d'avoir 18 ans,le bol de céréales empestait la journée hivernale.Je me languissais de penser que cette année,mon anniversaire ne serait pas aussi froid.
Et pour cela,j'allais m'offrir un très beau cadeau.J'allais m'offrir une vie,une paix,de la chaleur.J'allais enterrer son cadavre aux cotés de son épouse.


L'ordre est dérisoire.

mercredi 24 août 2011

L'enfant qui détestait jouer

Je la regarde.

Qu'es tu devenue petite lanterne?
C'est quoi ce ton terne?
C'est quoi ces cernes?
Qui a volé l'auréole?
Que je le tue,moi Cain,que je tue cet être qui m'a privé d'un ange.Du seul songe d'une rédemption.

Tu t'es éprise des phalanges,tu déserté les bacs de sable,et tu as défié le sablier...et le temps filait,à vile allure.Ta perte est le sacrilège d'une enfance que la vie n'a pas épargné.
Il ne faut pas nier les sacrifices,tu étais trop jeune,trop bon enfant pour déjà savoir que les artifices ne durent qu'un temps.

Qu'ont ils fait poupée?
Que font ces mèches par terre,est ce un énième ciseau avec lequel tu as trop voulu jouer?
Pourquoi ces airs d'ascèse,alors que toutes les aires de liberté t'offrent libertinage?
N'as tu pas assez grandi?Papa t'a pourtant grondé le jour où tu as cassé l'horloge du salon pour inverser les aiguilles.
Que t'es tu faite petite insolente?

Il fallait rire.Au lieu de cela,tu ne savais que lire.Tu aurais pu narguer les adultes,tu as voulu leur ressembler.Tu n'as jamais porté la robe de maman,mais tu as dérobé les vieux journaux de grand papa.
Tu pouvais tout envoyer,en l'air,tu n'as fait que t’asseoir par terre.A dix ans,il était trop tard pour les manèges,et papa t'a emmené voir la neige.Papa ne t'a pourtant pas grondé ce jour où tu piétiné le sol blanchi de tes bottines dont tu ne savais même pas le prix.

Dans la cour,les élèves singeaient,pourquoi cherchais tu les fourmis?Un camarade tend sa main,te demande de venir te joindre au cache cache,tu lui souris avec un non,tu te cachais déjà assez,pourquoi le faire aussi pendant la récré.
Le soir,dans la chambre qui ne dort jamais,tu vivais,tu laissais masques et fards,seule la veilleuse était le phare de ton port.Tu veillais jusqu'au matin avec toutes ces effigies dont ceux de ton age ne savaient rien.Tu voguais au gré des lignes.D'années en années,l'innocente liseuse indolente défiait le temps.

Je la regarde.Le miroir me renvoie son image,je décèle ses traits,je décèle son art de l'imaginaire,sa froide nature solitaire.Je cligne des yeux,il me faut l'auréole,même si ce ne sera qu'une illusion optique,il me faut revoir son auréole.Rien.Une larme nargue nos joues,je lui souris,je lui lance mon mensonge le plus meurtrier:"tout ira bien.".Et là pour un instant seulement,pour un instant,je revois l'auréole dans ces yeux pétillants,elle n'aimait pas mentir,elle ne faisait pas d'exception ce soir,encore,elle pointe son doigt vers moi,et chuchote un "je te pardonne",avant de me laisser devant mes 21 ans.




dimanche 21 août 2011

Hasta la muerte

Je veux pas qu'ils crèvent Chef.
Chef,je n'aime pas ce pays pour ces terres qu'ils croient nous voler.
J'ai honte chef,vous qui scandez inlassablement "la nation avant tout",moi qui chuchote "les citoyens avant tout".
Ne suis je pas nationaliste,Chef?
D'aimer ces gens au lieu d'aimer les frontières qui les abritent.
Vous croyez que je ne vois pas loin,pas aussi que je devrais,surement.
La postérité,il faut s'en foutre pour tenir ce genre de discours.
Non,Chef,je n'ai juste pas envie qu'ils crèvent.

La mort est solitaire Chef,rares sont les cas où elle est salutaire.

Chef,que les envahisseurs crèvent,que mes gens survivent.
Chef,je sais que je suis d'un sentimentalisme absurde,que mes propos ne sont que niais,bêtes et indignes.
Mais Chef,moi,j'ai toujours préféré être le déserteur de Boris Vian.
Sachez,cependant,que je me défilerai pas,je n'arborerai pas le "non je n'ai pas la trouille" de mes vingts ans,innocent et menteur.Je continuerai à manier armes et mots,jusqu'à ce que la mort soit mon seul salut.
Et mon seul salut,Chef,est de ne plus voir mes gens agoniser sur nos terres.

samedi 20 août 2011

A.C.A.B

L'homme franchit la ligne.Passé la rouge,tu es mort,lui a t on dit.
Lui,porte une chemise noire.
Il mise le tout,les forces de l'ordre l'encerclent,et il crie : " forces du désordre,tirez,par pitié tirez"
Les monstres de l'ordre ricanent déjà sur son corps agonisant.
Ne pouvant savoir,les piètres bouchers,que devant eux un mort cherchait résurrection.
"Tirez!!!"
Le cercle des justiciers ricanaient,attendaient les injures,les prétextes d'un "marre!tire!"de plus.
Et l'homme blasphémait,et l'homme criait,et l'homme baisaient leurs mères et l'homme les tenait par les couilles.
Personne aux alentours,la foule trimait pour le pain,pour la faim,pour une fin heureuse.
Marre!!!Tire!!!
Les piètres bouchers tirent.
Il avait gagné.Il l'avait rejointe.
--------------------------------------------------------------------------------------------------------
La jeune demoiselle aux cheveux noirs portait sa plus belle jupe,son plus beau corset.Sa vanité oubliée,ses rêves profanés,sa vie flagellée,ce soir elle dansait.
Longtemps elle s'était demandé comment les derviches tournaient,tournaient,autant.
Ce soir,elle sait,ce soir,les gens voient une danseuse de ballet que les jours ont transformé en putain de cabaret,la foule applaudit,le tournis la prend.Le tournis et l'amour,les derviches dansent par amour.
Elle déambule dans  les fantasmes des mâles de la salle,ravissant les femmes jalouses,ranimant les flemmes des couples brisés,il fallait tourner,tourner pour mourir.
Applaudissez que je meurs.Applaudissez.
Cancéreuse,la jeune fille aux cheveux noirs le voit,voit la ronde des bouchers la féliciter,certains lui font de l'oeil,elle voit son corps agonisant piétiné par la foule que le pain affole.
Et elle s'écroule.
Le rideau tombe.Elle avait gagné.Elle l'avait rejoint.




" من عشق فعف وكتم فمات مات شهيدا"

jeudi 18 août 2011

Je ne suis qu'un homme et mon h ne prend pas de majuscule.

« Que celui qui lutte avec des monstres veille à ce que cela ne le transforme pas en monstre. Si tu regardes longtemps au fond de l'abîme, l'abîme aussi regarde au fond de toi. »Nietzsche

L'intellect nous soudoie,les idéaux font de nous des prostituées et nous,pauvres insolents,que nous sommes,rêvons d'immortalité,se sachant mortels.
Inébranlables?Invincibles?Laissez moi rire.

Que des adultes soient les seuls vrais lecteurs des BD de Batman et Superman est aussi désolant que la famine en Somalie.Pour un Somalien de dix ans il est évident que les BD ça ne se mange pas.Et que Tintin n'est pas un boulanger.

Rêvons!Les slogans n'ont jamais manqué de nous le rappeler.Rêvons!Bonheur!Bonheur!Rêvons!
Et les érudits s'écrient:"Vous êtes votre propre dieu!"
La nuit,le seul rêve que nous faisons (érotisme et perversion mises à part)  est d'avoir le bonheur.
Se moque t on de nos gueules depuis des lustres?Mais qu'est ce que le bonheur?
Idéaux dites vous?
Qu'est ce qu'un idéal,quand on ne trouve rien à dire à ceux qui en ont été victimes?
Si je suis mon propre dieu,que font mes proches à chialer comme des cons sur ma tombe?

Nous pensons,nous établissons,nous instaurons,nous cherchons,nous débattons puis nous faisons des guerres pour bien les perdre,pour mieux nous haïr,pour bien nous séparer,pour oublier entre deux méchants génocides que nous ne sommes que des mortels.

Avec toute l'arrogance de ma nature bien humaine,je pense que le seul vrai bonheur qu'ait connu Nietzsche est d'avoir fini sa vie en pianiste fou.
Où est ton surhomme grand penseur?Je ne vois que le dernier.Cause de toutes tes crises de démence.Jusqu'à ta mort.


Petite note ironique:http://www.ammppu.org/litterature/nietzsche/syndr_nietzsche.htm
Les êtres humains se sont crus des personnages de Dieu,pour se venger,ils se sont mis à créer les leurs.
Certains choisissent de parler à leurs amis imaginaires,d'autres (les plus vils) font parler ces amis en appelant ça "littérature".Ceux qui liront,aimeront détesteront s’identifieront,sans se soucier du fait que la "littérature" ce n'est que "lis tes ratures".

Yédd'kom,yéddi.

Le crépuscule te bouscule,je reste bouche bée,devant ce soleil qui peine à se lever.
N'étant que de tristes nocturnes,n'étant qu'une vingtième nocturne.
Chopin ne vend pas du pain,que m'importe le commerce,les bourges ne sont que des tiers,
...tiercés gagnants?
Revenons à nos moutons,ou laissons les vagabonder dans l'enclos du pré.
Toi et moi,nous serons candides comme des colombes,autant de fois que la bible aura été ré-écrite.
Je ne veux pas de rites,je ne me sens pas capable de sorts,jetés ou ensorcelée,je ne veux que connaitre le sort que je mérite.
Les gens se payent notre tête,n'ayant pas toute not' tête,n'ayant pas leur amour des fêtes.
Nous,on se dit,que le plus triste,le mieux ce sera,le pire c'est qu'on y croit.Et que l'on soit deux,contre un,contre tous,ça leur fout la frousse.Le tragique qui les a fait rêvé,les fait rire aujourd'hui.
Drôle d'époque mon ami.

Non,je n'ai jamais été un monstre,n'ayant pas de montre,n'étant pressée que pour aimer,ils m'ont enfermée,puis relâchée,affaire close,cas désespéré. Drôle d'époque mon ami.L'amour est dérision.L'amour est peur.Pourtant l'horloger crie "fin des temps imminente".
Et l'horloger devient gourou,et l'horloger devient fou,mais lui ils ne l'auront jamais

Des fois,je sais pas,je me dis que t'aurais peut etre du ne pas avoir autant de foi.En moi.Mais le sourire du moment l'emporte,j'avais tort de croire à leurs sornettes.Je n'ai pas la tête d'un monstre.
Et toi,non plus.Et toi,loin de là.
Finalement,ça te dit un loin d'eux?


mardi 16 août 2011

Ne jamais revenir sur les lieux du crime.Dans ce cas,il me faut un passeport.

Réflexions sottes,en compensation.

samedi 13 août 2011

Les malheurs du vice (ou le monologue de Sainte-Justine)

Piétinez mon corps
Scarifiez ma peau,mutilez ma chair
Crevez moi les yeux
Déchiquetez mes entrailles
Bouffez les,si vous avez un peu trop faim
Ruez vous sur moi,
Abattez vous,
Tabassez,
Prenez votre revanche,
Je suis votre défouloir
Prenez mes rêvez,volez les,faites en les vôtres,
Interdisez moi les pleurs,ou riez moi au nez,faites de moi,le bouffon de votre royauté
Plagiez,médisez,radotez sur tout ce que je ne suis pas
Ranimez vous,à travers moi
Gardez espoir,mes espoirs,gardez les,et enviez moi mes sinistres sourires
Prenez tout
Et jetez moi,comme vous m'avez prise,jetez moi

Lorsque je n'aurais plus rien à vous offrir,gratifiez moi de quelques versets,et rangez moi dans la vacuité de votre âme,à laquelle j'aurai pourtant tout donné.

En attendant,je vous direz toujours que vous êtes beaux,que vous êtes merveilleux,que vous êtes des exceptions,que vous êtes humains,et que je ne vous en veux pas.Je continuerai à vous sourire autant de fois que ma sincérité me le permettra,et j'arrêterai le jour où,m'étant tellement hait,je ne pourrais plus vous aimer.

Il nous faudra toujours des coupables,certains choisissent d'être des victimes et d'autres se damnent à être leur seul bourreau.Il ne s'agit ni de bien,ni de mal,il s'agit de choix,et rien d'autre.




vendredi 12 août 2011

Eros VS Logos

Je t'aime,quoi?Tu me crois pas?Ben je t'aime,ça veut dire quoi je t'aime?Bah je sais pas moi,en tous cas,c'est pas des papillons dans le ventre,ou du moins même si c'est des papillons,c'est pas les blancs qu'on voit dans la petite maison dans la prairie,c'est plutôt les nocturnes,ceux qui colonisent les rideaux de ma chambre.En tous cas,cet amour qui papillonne je me suis acharné à le chasser,lui et ces insectes putrides qui animent mes nuits d'angoisse et d'insomnie,mais le sort ne se conjurera pas,j'ai beau essayé,ma piaule donne sur un jardin amazonien,et celle qui l'occupe se donne toujours ces airs d'amazone,alors qu'elle n'est au fond qu'une nymphe.
Alors,oui je t'aime,et pis si t'arrêtais de me regarder comme ça,oui,c'est bien,détourne ton joli visage,moi au moins je sais que tu m'aimes pas,hein,pourquoi?Ben parce que Antoine de Saint-Exupéry m'a apprise (puisse t il reposer en paix) que l'amour ce n'est pas se regarder l'un l'autre,je t'en colle une,hein?Bon je sais,c'est pas drôle,mais le fait est,que tu m'aimes pas,et si on regardait dans la même direction?Hein?Tu crois que tu pourrais?Ou as tu tellement peur qu'au moment où tes yeux quitteraient les miens,je m'enlaidisse,je vieillisse ou que je disparaisse tout simplement et qu'il n'y ait plus lieu de parler amour,non?Je sais,c'est pas drôle.Et si on arrêtait de parler?Et si tu me disais tout ce que tu as toujours eu envie de me dire en te taisant?Si deux personnes arrivent à communiquer en silence,n'est ce pas là la preuve tangible que je te/me/nous cherche?
Bon tu sais quoi?Je prétexte.Je ne sais plus comment faire,je ne sais plus comment aimer,oui,moi l'amazone,cette battante qui s'en bat les couilles de tes je t'aime,c'est du pipeau,je ne sais plus comment aimer,et tu sais quoi?Je ne veux même plus apprendre.
Ce qui s'est passé?Je ne sais pas exactement,je sais juste que si Aphrodite en personne avait eu mon vécu,elle s’esclafferait comme je m'esclaffe quand tu me dis que tu m'aimes.

jeudi 11 août 2011

Correspondances entre un mourant et une suicidaire

Chère Apostine,

Je ne sais comment entamer cette lettre,je vais laisser le tumulte des mots et le chagrin qui les enfante,me guider.

Qui suis je? Ou plutôt quel lien nous unit? Vous,qui allez recevoir cette lettre anonyme dans les jours à venir,allez surement vous poser cette question,ou peut être simplement jeter avec une rage polie ce bout de papier sur votre table de chevet.

Ma chère Apostine,la mort me connait,puisqu'elle me guette chaque nuit du fond de ma chambre de vieil homme aigri et solitaire.La mort est une tortionnaire,ma douce,elle attend,dans une patience qu'aucun être homme ne connaîtra jamais.Je me dis même dans mes élans d'intellectualisation,qu'elle est notre parfait opposé.Je vous évite mes manières estudiantines dont je n'ai pas pu me débarrasser.

Mon Apostine,pour dire vrai,ma fille portait votre nom,et l'imparfait que j'emploie,incombe que cette lettre sera ré-écrite.Je ne tiens pas à ce que mes larmes fassent taches.
Vous parler d'elle c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour raviver votre regard,à l'heure où tout le corps médical qui vous assiste se déploie à vous enterrer vivante. (Vous m'excuserez ma sénilité)
Mais vous ne partagez pas seulement un prénom,vous avez aussi la même date de naissance.En Novembre,Berlin s'est vue dépourvue d'un mur,et moi,je me suis trouvé,pourvu d'un enfant.Imaginez ma joie,ce cliché du père qui se voit éduquer,nourrir,bercer,mais surtout aimer. Imaginez moi quand le corps médical qui a assisté mon Apostine m'a déclaré que mon gosse n'allait pas vivre.Et ils avaient dit vrai.Apostine est morte deux jours,après sa naissance.

22 ans,votre age,aujourd'hui,22 printemps que j'aurais aimé vous offrir,au lieu de ces 22 hivers qui ont fait de vous,une impatiente guetteuse de la mort,et de mon enfant,un tas d'os enterré dans ce cimetière que je connais plus que les bars et les cafés.

Ma fille m'a été ôtée,par cette rustre désinvolte qu'est la mort,je ne peux donc pas rester là,les bras (ou les mains) croisés,à savoir qu'une Apostine se fait séduire par ce monstre deux décennies plus tard.
Puisque cette lettre est aussi bien un requiem qu'un hymne à la vie,je voudrais que je vous sachiez que je n'en ai plus pour longtemps,moi et ma lettre qui devient un peu trop longue d'ailleurs.
Vous recevrez un coup de téléphone de mon avocat dans les jours à venir,je vous lègue donc ma vie,et celle de mon enfant mort-né,ma tendre Apostine.

Ayez en bon usage.

Tendrement,
Un vieux sénile qui prend sa revanche sur une garce.



mardi 9 août 2011

Plus de huit heures à trier de la paperasse,j'étais assommé étourdi,repensant à mes années juvéniles où le temps prenait la peine de se faire sentir,sur mon bureau,des feuilles et encore des feuilles,un téléphone,des faxs reçus la matin,des dossiers,et toute l'artillerie bureaucrate,devant l'impeccable de mon bureau,seule une vieille photo dans un cadre joliment orné faisait tache,la photo d'une femme,ou d'un souvenir plutot,l'ombre d'un passé glorieux,les restes d'une vie qu'on peine à retrouver.
La femme en question,si amochée que méconnaissable devait m'attendre avec rage devant notre diner,qu'on ne partagera pas,ce soir encore.
L'air de ma soirée estivale beaucoup trop comptabilisée m'était insoutenable,le regard hagard,les gestes fébriles,je me sentais si affligeant,dans ce grand immeuble,vide à l'heure qu'il est,j'en aurais presque déchiré mon contrat signé ce matin avec la société que je convoitais depuis des mois,mais toute  bravoure herculienne considérée,je me contentas de défaire ma cravate.
Puis voilà que je me perds dans mes songes,voilà que ce soir je ressens soudainement le besoin de me rendre des comptes,des années que je m'évite les grandes questions,m'étant dit que l'existentialisme je l'avais laissé sur un des bancs de ma fac de lettres,bien du chemin depuis,mon père qui ne riait plus à la blague du fils qui se dit professeur de mythologie grecque m'inscrivit de force dans une école de finance,mes notes devinrent exemplaires,et ma vie aussi abstraite que tous ces chiffres que je croisais,à ma sortie de l'école,tout se cadrait,les traits de mon existence était durement sculptés,en gras,de parfaites lignes droites,un chemin bien dessiné s'offrait,et les détours se décimaient à mesure que je grandissais,comme le disait mon bougre de père,j'étais destiné à la vie dont il a toujours rêvé,riche et comblé,mon père,en analogie aux autres papas,avait une franchise qui faisait que je lui pardonnais tout,même l'inébranlable fait que j'avais raté ma vie,les évènements se succédaient,j'avais trouvé la femme qu'il fallait pour m'accompagner dans ma quête de la gloire,ce n'était même pas une compagne,c'était un trophée que je m'offrais,après la brune aux yeux bleus,vint la maison qu'il faut,la voiture qu'il faut,et tous les rudiments de la vie de l'homme qui avait tout réussi.
Mes premières années de mariage ont été les plus belles de ma vie,je me donnais des airs de Paris,aux cotés de son Hélène,elle m'aimait,je partageais sa ferveur au lit,et mieux,je payais tous ses caprices.
Mais mon Hélène,après deux nourrissons morts-nés,s'était résolue à ne jamais être mère.
Et c'est là que j'ai perdu ma femme,c'est là que d'Hélène je m'étais enguichée d'une Eurydice,un peu trop névrotique et maniaque,désespérément vouée à etre un drame de plus dans ma vie.

Et ainsi,me voilà,la quarantaine,à mi chemin entre un rondelet qui s'achète les plus beaux complets pour se faire oublier sa calvitie et une sorte de requin de la finance que tout le monde craint et respecte.

Je sentis l'air peiner à transpercer mes poumons,las de ce jeu,de ce bilan catastrophique que je m'étais fait,de ce tourmentant tableau que je voyais de loin à présent,las de toutes ces choses qu'aucun chéquier ne m'offrira,je m'armas de mon seul bouclier dans des moments pareils,la débauche des époux insatiables et désirant se refaire une jeunesse ou une vie dans mon cas.

Je fermas mon bureau presque machinalement et allais rejoindre Erato,le genre de nymphe qu'on retrouve,dans de vieux hôtels que personne ne connait.
جَلَـــــسَت والخــــــوفُ بـــعينـــيها
تــتــأمّــَلُ فــنجـــانــي المقـــلوب
قــــــــــــــالت:
يـــا ولدي.. لا تَــــــحزَن
فـــــالحُبُّ عَليـكَ هــوَ المكــــتوب
يـــــا ولـــــــدي،
قـــد مــــــــــــــــــاتَ شهيداً
من مـــــاتَ على دينِ المحـــبوب
فنـــــجانك دنيــــا مرعــــــــبةٌ
وحـــــياتُـــــكَ أســـــفــارٌ وحــــروب..
ستُحِبُّ كثيراً يا ولدي..
وتموتُ كثيراً يا ولدي
وستعشقُ كُلَّ نساءِ الأرض..
وتَرجِعُ كالملكِ المغلوب
بحياتك يا ولدي امرأةٌ
عيناها، سبحانَ المعبود
فمُها مرسومٌ كالعنقود
ضحكتُها موسيقى و ورود
لكنَّ سماءكَ ممطرةٌ..
وطريقكَ مسدودٌ.. مسدود
فحبيبةُ قلبكَ.. يا ولدي
نائمةٌ في قصرٍ مرصود
والقصرُ كبيرٌ يا ولدي
وكلابٌ تحرسُهُ.. وجنود
وأميرةُ قلبكَ نائمةٌ..
من يدخُلُ حُجرتها مفقود..
من يطلبُ يَدَها..
من يَدنو من سورِ حديقتها.. مفقود
من حاولَ فكَّ ضفائرها..
يا ولدي..
مفقودٌ.. مفقود
بصَّرتُ.. ونجَّمت كثيراً
لكنّي.. لم أقرأ أبداً
فنجاناً يشبهُ فنجانك
لم أعرف أبداً يا ولدي..
أحزاناً تشبهُ أحزانك
مقدُورُكَ.. أن تمشي أبداً
في الحُبِّ .. على حدِّ الخنجر
وتَظلَّ وحيداً كالأصداف
وتظلَّ حزيناً كالصفصاف
مقدوركَ أن تمضي أبداً..
في بحرِ الحُبِّ بغيرِ قُلوع
وتُحبُّ ملايينَ المَرَّاتِ...
وترجعُ كالملكِ المخلوع..









Nizar Qabbeni

lundi 8 août 2011

La fille qui tuait pour écrire

22h30
Kyrie regardait le cadavre gisant sur le sol.Son inertie la troublait,ce même homme qui,quelques heures plus tot,gesticulait,conversait et buvait son champagne,n'est plus.

"Kyrie,ma Kyrie qu'as tu encore fait?"

La jeune femme baillant,pris une chaise.Elle tira un bloc note de son sac,et prise d'une soudaine transe inqualifiable,se mit à griffonner despotiquement sur le carnet.A voir ses mains tremblantes et ses yeux injectés de sang,nul doute que Kyrie était beaucoup calme,quelques heures plus tot.

20h
M sonne à la porte,une jolie jeune femme rousse lui ouvrit.
M comprit tout de suite pourquoi il s'était dit que cette fille serait sa perdition depuis ce matin où il avait sa connaissance dans un parc du centre ville.
Elle était belle à en crever,mais pour M ce ne sont que des métaphores,des stupidités d'un amoureux se croyant érudit.
Elle était vêtue de noir,contrastant à merveille la chevelure flamboyante.
Nul doute,M en perdait ses moyens.

Ils se servirent à boire.Fumant,jacassant sur leurs déconvenues,leurs déboires,ils s'échangeaient de temps à autre leurs poèmes préférés et leurs rêves étouffés de connaitre des vies tragiques d'écrivains se voulant maudits.

Premier baiser.
Il la voulait et elle le sentait,se gardant de penser à ce qui suivra cette dernière étreinte.
Ils firent l'amour sur le sol,M s'excitait,il ne l'avait jamais fait de cette manière,il se surprit à penser qu'elle avait deviné ses fantasmes,ou qu'elle était juste comme lui.La tiédeur du par-terre enflammait leurs corps,M ne savait pas que sur ce même sol,sa vie lui sera ôtée.

Minuit
Kyrie sanglotante,déposa un baiser sur le front du macchabée et alla passer un coup de fil.
"Oui,viens m'aider à débarrasser"

"Ce sont nos passions qui esquissent nos livres, le repos d'intervalle qui les écrit."Marcel Proust

dimanche 7 août 2011

des personnes,là (zization?)

Le huis clos de l'inéxistance ou la lettre d'un amoureux fictif


...Puryke enseignait une matière assez particulière pour les lycéens littéraires,je l'avais su le jour,où j'avais toisé la liste des profs de mon air mauvais.
"Education islamique"était joliment transcrite avec un nom que je trouvais fin et donc féminin,pauvre bougre boutonneux que j'étais.
Ce jour là,j'étais en avance,je m'assis à la dernière table,dans cette grande salle,où j'avais connu mes plus longues heures d'émerveillement,généralement assoupis.
La tête posée sur la table,je griffonnais des paroles d'une chanson,en attendant sa majesté et ses sujets.
Un bruit se fait entendre,mais rien ne me troublait,une chaise qu'on tire avec rage,puis plus rien.
Je commençais tout juste à m'assoupir quand un nouvel intrus fit irruption.
-Bonjour.
Je ne levais pas la tête,même si Puryke était évidemment là.
-Bonjour,où sont vos camarades?
-Ben ailleurs.
-Commencez pas,vous êtes bien insolente pour un premier cours.
Puryke,un prénom fin,mais finalement,pas si féminin que ça.Le prof et non la prof donc,s'adressait à la rageuse qui avait troublé la première ma quiétude.
-Votre nom.
-Akarine.
-Bon Akarine,on va pas les attendre ces merdeux,de toutes façons,il est 10 h passée.
Toujours dans ma posture de l'homme dormant ou invisible plutôt,je me languissais à être là,me ravissant,pour une fois,de ma capacité,à me faire tout petit.
-Faites moi une fiche.
-Vous prenez vos médicaments là?
Puryke toussait,mais c'était à l'évidence,de la gêne.
-Oui,mademoiselle.
-Qu'est ce que vous avez?
-Je ne suis pas obligé de répondre.
-Bah,c'est sur,c'est moi qui me fait noter ici.
Soupir,je n'avais pas besoin de voir la scène de mes yeux pour comprendre que Puryke avait soudainement un élan de sympathie pour la camarade.
-C'est une névrose,vous y comprendrez rien.
-Essayez tout de même.
-Impression d'inexistence,de fiction,le malade n'est plus acteur de sa vie,une apathie enfin..vous voyez,des trucs d'adultes dépressifs agonisants et très emmerdants surtout.
-Vous êtes un creep,vous aussi...
-Hein?
-Un creep,un monstre,une sorte d'être humain bizarroïde,et qui est tellement bizarroïde qu'il vit en reclus des autres.
-Moins 5 pour le terme "monstre" mais oui,y a du vrai.
Un troisième épiait leurs mots,de sa table du fond de la classe,mais ils ne le savaient pas,et ça me convenait.
-Et vous le vivez comment?
-Je me soigne,en attendant de guérir.
-Mais vous n'êtes pas malade.
-Vous en avez de bonnes Akarine,vous savez,moi je n'ai pas 17 ans,et c'est ma dernière conquête qui m'a faite découvrir Radiohead,d'ailleurs je devrais peut être en parler au psychiatre.
-Nous sommes à la limite des fantômes,mais pas des malades,expliquez cela comme cela vous semble,mais le fait est que la donne est la même,nous sommes inexistants,dans la capacité du non-percevoir et nous sommes incapables de nous situer dans le réel des autres.Ce qui rejoint les symptômes vite repêchés chez un vicelard freudien.
Essayez,monsieur,de voir les choses autrement,nous sommes là,à parler,mais ni l'un ni l'autre,nous ne sommes dans l'échange concrets de paroles,pourtant nos mots sont sensés,et même que moi,je suis douée en grammaire.Ce n'est pas une maladie,monsieur,c'est un trait,une spécificité,une tare ou une bénédiction,mais le fait est que tout ce que vous ferez et obtiendrez surtout ne sera qu'effet placebo,rien de plus.
-Et après?
-Après,la réalité nous appartient,et nous n'avons même pas ce besoin qu'ont les autres de la fuir des fois,puisque nous n'en sommes pas esclaves.
C'est là,que je lève la main et m'écris:
-Monsieur Puryke,le troisième creep de la salle,approuve Akarine....

Je ne sais pas pourquoi je te raconte ça,S.C'est peut etre pour que tu me comprenne,pour que tu comprenne que ce jour là,ne pas être là,ne signifiait rien mais que 10 ans plus tard,chaque caresse ou chaque baiser imperceptible fait de moi,ce que Akarine n'a pas mentionné,l'esclave de la fiction.

Avec tout mon amour,
Ton fervent personnage,L.


Note:http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9personnalisation (Hypocandriques s'abstenir!)

mardi 2 août 2011

Je suis un Homme

Je ne sais plus quand je suis né,je ne sais pas quand je mourrai,ou si la clémence divine est aussi divine que je la conçois pour que je meurs.
J'ai été un enfant,un enfant de la rue,un enfant des cités gardées,un enfant des garderies,où mon innocence devait etre gardée,j'ai été un gosse obèse,un nourrisson rachitique et des fois on me disait que maman ne pouvait pas me garder parce qu'elle n'avait que 17 ans.
Puis j'ai grandi,j'ai été à l'école,certains disaient que c'était celle de la vie,d'autres se félicitaient de mes notes,j'ai pleuré la première fois où papa a battu maman,je suis sorti fumer avec des potes la fois où un homme a pris ma place dans le lit de maman,y'avait meme une fois où j'ai entendu mes parents geindre et j'avais trouvé cela très tellement horrible,que mon seul refuge était mon ipod.
J'ai eu mes règles à 13 ans,j'ai fumé mon premier joint à 16,j'ai été amoureux d'une fille au lycée qui était tellement belle qu'elle était trop riche pour moi,j'ai été violée par le concierge de mon foyer,j'étais sérieux studieux,j'étais cancre et douteux,j'ai été viré du bahut,j'ai eu mon bac avec mention,mais je n'ai jamais fait d'études.
Puis j'ai été socialiste,j'ai accroché un poster volé d'un che enterré,j'ai été dans un gang d'anarchistes dont les actions ont dépassé l'idéal visé,je me suis vue en Simone De Beauvoir,mais au fond je n'ai connu de la philosophie que la sagesse de Mouldi,le serveur du café du coin.
Je suis un adulte,un barman,un banquier,un maçon,une prostituée,une femme au foyer,une chef d'équipe dans une grande société.Je suis riche,je suis pauvre.Je suis seule,seul,marié,mariée,veuve ou divorcé,qu'importe le mal est fait.
Je suis malade,très malade.Mon mal se soigne,ou ne se guérit jamais,certains disent que je ferai mieux de me retirer et d'aller prendre l'air à la compagne,d'autres me disent avec nonchalance,que l'amour ne se guérit pas,mes proches affirment que des études se font pour guérir le cancer des poumons,ma voisine m'a sermonnée ce matin sur mes fréquentations douteuses,et tous les soirs je finis au poste de police,ou dans un  lounge pour un diner d'affaires.Qu'importe ? le mal est fait.
Des fois,je n'ai pas assez pour me payer mon paquet de cristal légères,des fois ma cravate m'étouffe,des fois ma mère me manque,des fois,je me dis que je ferai mieux de prendre un prêt pour une voiture,rien que parce que les bus on ne les rattrape jamais.
Des fois,je me dis que je deviens vieux,et je m'achète des lotions l'oréal histoire de bien faire l'amour à mon vieux.
Y a des moments comme ça,où je sens la mort me regarder de près,presque droit dans les yeux,je déjeune seul avec une chaise vide,le seul hommage que je fais à ma défunte épouse,et quand je m'en lasse,je regarde mes petits enfants grandir de loin de près mais souvent de loin.
Je suis dans un lit,clinique,hopital,simple hospice,(ou kén 7chitou) entouré(e) des miens,je fais mes adieux,ou rabbi iyhéz mté3ou.Mais je sais,que je suis pas mort(e).Parce qu'au fond,nous ne sommes qu'un.

samedi 30 juillet 2011

Je ne suis pas un troubadour

Ecrire?Complaire?Sublimer?Ou simplement saigner.
Si je pouvais jouer au piano,je ne serai pas entrain d'écrire ces lignes,en justification.
Je serais enfermée,dans une chambre,une quelconque chambre,sans artifices..Dans un tel silence,que moi seul aurait le droit de déverger,en si en la et en des do mineurs dont je ne sais rien.Absolument rien.
Je saurais juste qu'un piano,ça vous répond.Qu'un piano tabassé,par des mains frénétiques et véhémentes,pleure en mineur.Voilà ce que je sais.Voilà,ce que je ferais,au lieu de combiner des lettres,alors que tous mes cris sont muets.

Certains noient la peine,le chagrin,dans la liqueur,d'autres font leurs deuils en s'accoutrant de noir,et puis il y a ces piètres machiavéliques qui utilisent la mélancolie à leurs fins.

Le piano,lui,est un catalyseur.Il n'a pas les manies humaines,il n'a pas nos/vos jugements.Il répond,se contente de répondre.Dans de rares cas,il transforme.Les etres humains appellent ça du génie.
A moi il répond,et même qu'il s'en fout,si je ne suis qu'une piètre joueuse machiavélique.

 

samedi 23 juillet 2011

Trou de balle ou six pieds sous terre au choix

Qui êtes vous?

Homme numéro 1:
-Je ne me sens pas dans une quelconque appartenance au genre humain,et je n'ai jamais su quoi répondre à cette question,je l'ai tantôt trouvé bête,tantôt mystique.Mais le fait que je ne lui cherche pas de réponse,alimente ma dissociation de ces crapules que sont les êtres humains.Plus on hait une personne,plus on cherche à être son contraire.Toute ressemblance avec celui qu'on abhorre est dégoûtante, abaissante, dégradante, une ignoble atteinte à l'égo...
Un jour,un mendiant à qui j'ai refusé l’aumône m'a dit :"mon vieux,prends pas tes grands airs,on chie tous par le même trou de balle..",j'en ai gardé rancune,plus que ça,je crois que c'est ce jour là,que ma haine est devenue irréversible...
Qui suis je ?
Je ne sais pas,mais surement pas un des leur.

Homme numéro 2:
-Hein? Qui suis je ? t'en as de bonnes mon vieux,t'sais moi,j'fais pas de la philo,j'radote pas,je suis pas un saltimbanque,ni un troubadour,j'suis qu'un petit paumé qui veut se faire de la thune,et peut etre que là j'réponds à ta question,mais pour être franco,vieux,je n'aime pas ces conneries,crois pas que ça cogite pas là dedans,c'est juste que j'veux me faire de la thune,et pis t'sais,tu me rappelles ce vieux à canne,que j'ai croisé un jour,en faisant la manche,putain,la tête qu'il avait tiré quand j'lui ai rappelé qu'on chiait tous par le même trou de balle,vous avez tendance à l'oublier,vous les êtres "bien-pensants"..


Un cimetière,deux tombes voisines,deux femmes prient pour le salut des morts.En silence,elles se lancent un regard...Elles s'étaient comprises...

jeudi 14 juillet 2011

Le huis clos de la mort et de la peur

Dans le noir somptueux d'un catacombe,deux silhouettes s'affrontent,immobiles,d'une impassibilité irréelle.
A les voir ainsi inertes mais debout,semblables à deux statues inégalement sculptées,je commençais à croire que ma vision avait fait un drôle de pacte avec mon imagination.
La plus petite forme se mouva,à mon plus grand bonheur,ou dam,et une voix enfantine et joviale s'éleva,brisant le silence mortuaire du catacombe.
La voix gamine semblait insoucieuse de profaner la paix des morts.Et il y avait là la certitude qu'elle ne pouvait être que celle d'un enfant.Seuls les êtres humains de bas age s'indifférent vraiment de défier les cieux.
-Ta main tremble grand-père.
-Comment le sais tu?Tu vois dans le noir maintenant?
-Oui.
Un rire amer,doucereux,celui d'un homme qui a longtemps étouffé ses élans joyeux,retentit timidement.Et l'homme à la différence de l'enfant,semblait se soucier des résonances.
-Et c'est comment?
-C'est pratique.
Un autre rire.Plus attendri,celui d'un grand père que son petit fils surprend.
-A l'école,la maitresse disait que le noir c'est l'absence de la lumière.
-Pas faux.Rire entraîné.Toujours aussi vite réprimé.
-Un jour,il y avait eu une coupure d'électricité,maman disait que ce n'était pas grave,qu'elle était dans la chambre juste à coté et que je ne risquais rien.Quand elle avait fermé la porte derrière elle,le monstre se tenait dans un coin de ma chambre,près du train que papa m'avait offert pour mon anniversaire.C'est ce soir là,que j'ai compris,que je pouvais voir dans le noir.
L'homme s'assit,il ne riait plus.
-Le monstre comment est il?
-Oh!affreux,grand papa.
L'enfant toujours debout semblait s'agiter mais des deux ,c'était le vieillard qui paraissait le plus nerveux.Les tailles des ombres s'étaient inversées,l'enfant avec sa résolution à ne pas s’asseoir,et le vieux avec son incapacité à se lever.
-Dis grand papa,tu as peur des monstres toi aussi?
Je m'attendais à un rire espiègle cette fois,mais le vieil homme soupira.
-Petit,toi tu vois dans le noir,moi je vois dans le futur.
-Tu devines ce qui va arriver?
-En quelque sorte.
-La chance!
Soupir.N'en pouvant plus,l'homme devenait minuscule de là où je le voyais,la tête entre les mains,effleurant le sol même.Le gamin,se tenait toujours aussi droit,infatigable,se contentant de caresser l'épaule de son grand-père.Leur silence,se mélangea avec celui des enterrés,et que seul l'air que le vieil homme fredonna soudainement,interrompit.
-Arrête,grand papa,c'est beaucoup trop triste.
-Un requiem c'est toujours triste petit.
-Qu'est ce que c'est un requiem?
-C'est ce que les gens qui devinent le futur,aiment chanter.

mercredi 13 juillet 2011

Salle d'attente,trois vies en attente...
Un air de voyeurisme,j'en suis responsable,j'en suis coupable,je suis la troisième,je suis l'incongru.

Je sais pourquoi je suis là,je sais ce qui cloche en moi,ce qui ne tourne pas rond,et ce qui me laisse en plomb.
Dans ces cas,où on croit à l'illusion de se connaitre,le soi n'est plus attractif,et l'intérêt n'émane plus de notre personne mais cet autrui que l'on a longtemps rejeté.Le duo à qui je faisais face alimentait ma sensation de voyeurisme.
Une vieille dame et un monsieur entre deux ages.
Je la regarde,je l'épie,je fais mon érudite,alors qu'au fond je patiente comme elle.
Elle ne parle pas,muette,aigrie,trop aigrie pour tenter de proférer un son.Premier regard échangé.Elle détourne le regard,je me sens insolente à la fixer ainsi,je lui souris,puis je sombre dans mon bouquin.Je sens ses yeux s'attarder sur mon visage,mes traits.Le monsieur,prit un magazine,et se mit à lire.Mon bouquin ne m'intéressait plus,je lançais des coups d'oeil furtifs pour savoir ce qu'il lisait.

"Retomber amoureux"

Je ne sais plus,nos personnes s'étaient soudainement muées en des protagonistes d'un quelque chose.La mère,le fils et le voyeur.Un huis clos s'était fait,dans cette attente,de l'inconnu,du diagnostic qui tarde,de la convalescence rêvée,d'une certaine vie meilleure..La mère,muette,fixait son voyeur,mais adoucie,je n'en étais plus un,dans son regard,une compassion de grand mère s'était éveillée,elle semblait dans ces beaux yeux noirs me demander si la folie connaissait un age.Le fils,lui continuait à rêver dans les lignes du magazine psychologique,à s'autoriser pendant que nous nous échangions ces regards,une passion,dont la vie l'a peut etre privée.
Au moment,où vint leur tour,seule dans le huis clos que je nous étais imaginés,je notais pour écrire,dans une sorte de culpabilité,de voler des instants de vie.Banals,mais meurtriers.
A leur sortie,elle tenait entre ses mains tremblotantes,un poison que je connaissais,je cherchais en vain son regard déjà perdu dans l'ailleurs qui l'attendait,celui du monde et de sa cruauté.
Je me mis soudainement à chuchoter:"Non,madame,la folie n'a pas d'age".

mardi 12 juillet 2011

A trois marches du sol,un corps semblait se perdre.
Un passant,deux,trois m'auraient tous trouvé juste triste,un peu taciturne,un peu dépressive.Là où j'étais,il était normal de croiser des gens dans cet état.Et de là où je venais,les gens ne se risquent jamais à pénétrer les regards.De toutes les manières,ce jour là,il n'y avait vraiment rien dans mes yeux.
J'attendais un appel,après en avoir lancé un,de détresse.Le téléphone ne sonnait pas et le regard était toujours vide,ahuri,somnolant,inhumain.
Le corps,lui,suivait les mêmes procédures vitales et habituelles,las,peut être,quelque peu morphiné,oui,mais je gardais la physionomie des jours ensoleillés.

Mais les gens d'ici ne se risquent jamais à pénétrer les regards...

Le téléphone vibre ou sonne,je laisse faire,je suis aussi injoignable que peut l'être véritablement un être humain et non un interlocuteur.Oubliant presque l'appel que j'attendais...

...Je ferme les yeux,ces yeux qui ne reflètent plus rien,je me vois dans une chambre mauve,une infirmière,et des barreaux,quelque chose se glissait dans mon sang,je me laissais faire,il n'y avait pas que les barreaux de la fenêtre de toutes les manières,je les ré-ouvre,effarée,hors de moi,me réprimandant de ces risques que je prenais soudainement,paupières mi-closes,je ne résiste plus,je cherche un souvenir,quelque chose,dans un rageant instinct de survie,des instants affluent,des moments stagnent dans ma tête,puis s'en vont,le quelque chose,je ne le trouve pas,ma ridicule introspection s'achève au moment où je consens à répondre au téléphone...

Dans un rageant instinct de survie,je cherchais un quelque chose,ce quelque chose qui aurait redonner vie à mon regard,mais à quoi bon,au pays des borgnes.

jeudi 7 juillet 2011

Baba 3zizi win méchin?

"Rien ne va,rien ne semble aller,tout va de travers,tout est absurde ici bas"
Elle étouffait dans sa chambre aux lumières chaudes,beaucoup trop chaudes.Sortir,prendre l'air,courir au gré du reflet de la lune,au gré de sa propre ombre.Elle avait très mal à la poitrine,l'air estival ranimait ses poumons de vieille fumeuse précoce.Taxi,mais où aller? Le taxiste s'impatientait,le parcours de santé du coin fera l'affaire.
Un paquet de cigarettes achetée à l'arrivé à l'épicier du coin,nonchalamment,et des larmes qu'elle n'avait le temps ou l'énergie d'expliquer ni de retenir d'ailleurs.Un banc,un banc vide,loin du monde,loin du tumulte des hommes,loin des rêves avortés des derniers sportifs rôdeurs,loin d'un étalage de voiture de luxe.Quartier bourgeois oblige.
Elle s'assit.Entre une gorgée de jus en paquet et une marlboro,elle s'évada.Elle écoutait la gaieté bestiale des cigales en chœur,elle voyait les réverbérés alignées sur la route d'en face,elle sentait la présence de ce chien et s'en effraya même,mais elle n'était pas là.Rien que le matérialisme de sa chair laissait transparaitre sa présence.Elle,elle vaguait voguait et divaguait.Un vieux monsieur passa,au moment où elle tirait sa dernière bouffée,elle réprima un cri et cacha et sa cigarette."GRAND-PERE!!" elle se sentit perdre pied,que faisait il là?Que faisait son grand père à cette heure ci loin de chez lui accoutré de cette chéchia et de cette majestueuse djellabba ? Elle se re-saisit,se dit que dans le noir,la vision est narquoise,les traits trompeurs et que ce n'était pas "Baba 3zizi".Elle alla s'acheter un deuxième paquet de jus,le chien la suivait,elle avait oublié sa peur,préoccupée par un je-ne-sais-quoi.A son retour,le banc était occupé.Insoucieuse,elle alla s'installer ailleurs loin toujours très loin,mais cette fois il faisait moins sombre.Elle songea à téléphoner,à qui?un ami,des amis elle en avait,elle en avait toujours eu,elle en avait assez pour ne jamais se retrouver dans la merde.Mais ce soir,rien de grave ne se passait,elle avait certes besoin de consolation de réconfort ou d'un simple fou rire partagé mais son besoin de solitude prit le dessus.
La mort c'est ce qui suit la dernière fraction de seconde de votre vie.
En une fraction de seconde,elle avait immergé dans un regard,le vieil homme à la djellaba était repassé,arrivant de je ne sais où,et tout se passa en ce laps de temps très court,tout était fini dans ce regard échangé.
Elle se rua chez elle,il y avait du monde,elle savait que c'était un mauvais présage,il faut toujours toiser les regards,encore et toujours,pour comprendre ce qu'on se TUE à cacher.
"Baba 3zizi" est mort.En faisant son pèlerinage,à la terre sainte,à dix milles lieux de l'homme à la djellaba.


 Cela faisait une année que je ne l'avais pas vu,la dernière fois,ce fut,le culte maudit du "3id sghir",ce fut 20 dinars qu'il m'avait donné avec son beau sourire de vieux militaire aigri et solitaire.Ce fut cette maison que je haissais parce qu'elle empoisonnait l'homme bon qu'il était,cette maison qui l'exilait dans sa propre patrie.
Ce fut les larmes et les "maman je veux rentrer",je n'ai connu de lui que des mensonges,les mensonges des autres,et la vie ne m'a pas laissé le temps de parler avec lui de ce livre qu'il m'avait donné "Khoumeini et sa révolution",avec toutes les réprimandes que j'aurais volontiers enduré.


Repose en paix mein furher.

lundi 4 juillet 2011

La jeune fille à la fenêtre

Elle défait sa chevelure,la peigne avec soin,démêlant les nœuds,le reflet se miroitant à peine dans la pénombre,le boudoir sent l'huile à parfumer,le vieux tabac d'hier,et l'air marin se fige dans ce brouhaha des senteurs,une vieille douleur aux jambes la gagne,mais elle se refuse le repos,rien que pour ce soir,se répète elle.
La maison donne sur le port,une demeure revêtant les mêmes aspects nonchalants et rêveurs que sa seule occupante,Hermine y vit depuis que la guerre a fait d'elle une expatriée,depuis qu'elle a su que les femmes qui ne se la ferment pas,risquent corps et âme même chez soi,surtout chez soi.
"Nul n'est prophète en son pays" lui a-t-on répété.Elle avait sourit le jour où par sarcasme un politicien travesti en imam le lui avait sorti,y ajoutant un "vas faire ta putain ailleurs,il n'y pas de place pour toi ici",l'origine biblique de l'expression avait transformé sa colère en compassion mêlé de mépris.
Des années s'étaient écoulées,le temps faisait son règne,et de tous les dictateurs,il était de loin le plus juste.
Ce soir,accoudée à sa fenêtre,elle tendait l'oreille aux discussions des marins rentrés au port.Depuis qu'elle s'était trouvée cette maison,observer ces gens était sa seule véritable occupation,le reste n'était que des rudiments de survie.
Un vieux marin tissait les filets et radotait des réprimandes à un gars plus jeune,le regard perdu au gré des vagues qui leur faisaient face,la discussion ne s'enflammait pas,elle gardait ce ton doux,des gens simples.Ca jasait sur la paresse du jeune garçon mais le vieillard espiègle ne le sermonnait plus.A un moment,Hermine réprima un fou rire.Le vieux marin avait trouvé l'astuce. "Si tu ne pêche pas assez,comment veux tu te les payer tes putains".Et les jérémiades reprenaient,ça ricanait,ça riait et Hermine,le sourire aux lèvres,repensait à toutes ces années où elle avait trouvé les gens si laids,la vie si bête,et "Amsterdam" de Brel si niaise.
Au loin les bateaux et les barques revenaient au port,elle alluma sa cigarette,et s’allongea sur son lit se gardant de fermer la fenêtre,elle était loin,très loin de ce que les autres lui ont appris à appeler patrie,mais si près tellement près de cette paix qu'elle avait tant chercher.
"Il en faut peu,si vous saviez."

samedi 25 juin 2011

Je n'ai que 24 heures,je n'ai que 24 ans.Cette journée est drôlement ironique.Pour un gars qui excelle dans le sarcasme,se travestir en soldat est le meilleur cadeau d'anniversaire que l'on pourrait s'offrir.Oui,aujourd'hui,je n'ai que 24 ans.Plus que 24 heures à passer dans les rangs de la bataille de la vie,parce que demain j'irai défendre.
Un drapeau,une nation,un troupeau,un hymne,des valeurs,des champs,des maisons,des réverbères,des vases.
Des femmes,des moches et des plus belles,des mères,des soeurs,des bébés,des gosses,de vieux chnoques et de tristes mégères.
J'irai défendre un idéal auquel je ne crois pas,j'irai chercher paix là où les hommes crèvent par milliers.
Courir,tirer,tuer,oublier de se faire tuer,résister pour l'accomplissement de ma nation.Pour que le putain de branleur qui préside mon pays,ait plus de crédibilité lors des prochaines élections.
Au fond,j'aime les idéaux,ça a la faculté étonnante de me faire oublier mon nihilisme.
Je vous le dis,l'ironie est ma malédiction:un nihiliste qui part à la guerre.
Il est neuf heures du matin,je cache le télégramme dans une vieille armoire,mon instinct de survie se mêle à un soudain sentimentalisme,que je ne me connaissais pas d'ailleurs.
(A suivre,ou non)

lundi 20 juin 2011

"Les adieux ont la cruauté de l'infini,les au revoir,la pénitence de l'impatience."Anonyme désireux garder l'anonymat.

dimanche 19 juin 2011

Affaire de transfert,en amour,comme en littérature,il s'agit de faire passer,de s’octroyer,de prendre et de re-balancer,de rendre la pareille en mieux ou pire,même au risque de plagier,se miroiter ou miroiter les mots,se complaire à apprendre un langage,et à l'adopter,vider remplir condenser et mélanger,à partir de là,nos meilleurs textes seraient tout bonnement nos interminables conversations.

Réflexions matinales d'une mièvre insomniaque qui ne voit plus le temps passer.

mercredi 15 juin 2011

Que l'on soit sur de rien.Que l'on soit sur de tout,c'est du pareil au même.
T'es là,sur ce petit canapé,dans cette petite chambre puant le bordel estival,t'es là à somnoler,après une veillée,que tu regrette,à te dire que tu prends de mauvaises habitudes,à prétexter en te disant que c'est l'été,même si au fond,la canicule n'y est pour rien,tu redoute les jours à venir,et tu te répète inlassablement tes speechs de looser,tu te traite de tous les noms,tu radote de vieilles incantations,conjurer un sort,je voudrais conjurer ce sort,tu te dis que t'es qu'une gamine qui se laisse trop prendre par les sentiments,tu repense à un vieux texte que tu as lu ou écrit,i put a spell on you,tu t'étais dite pleins de fois que l'amour c'est bon pour les fiottes,que toi,t'es destinée,à autre chose,à mieux ou pire,à une cause,ou à une vie de prose,tu te ramollis au fond,et tu le sais,tu t'étais dite,ailleurs,pas n'importe où,par hors de ce monde,juste ailleurs,de toutes façons Baudelaire,c'est aussi pour les fiottes,et là l'ailleurs se condamne,il devient précis,un peu trop cerné,un peu trop cadré,un peu trop à deux,tu replonge,il te faut de la bouteille et de la baise,et puis tu te dis que même si tu n'es pas une fiotte,tu es une sainte ni touche,tu revois la discussion,les lacunes,les niaiseries,les conneries qu'on sort quand on est intimidé,tu te dis pour te consoler que se battre pour une cause,aussi solitaire soit elle,est mieux que ce bourrage de gueule qu'est l'amour,même que ce matin,tu as une gueule de bois affreuse,même que ce matin,tu t'es surprise à jeter des regards inquiets au miroir,les détails,on s'en passera,tu te tiens la tete et tu cries "assez!" tu larmoies,tu t'affliges,et tu condense le tout,le café devient hétérogène,un sourire te parcourt les lèvres ( la sale manie du moment),tu allume ta énième clope,depuis quelques temps,tu ne les comptes plus,ton estomac s'en charge,tu prends des résolutions,tu gueule,tu te demande "mais pour qui il se prend ce merdeux",tu souris encore,au fond tu sais que ça te passera,au fond tu sais que ça te dépassera,au fond tu sais que tu n'en sais rien.

lundi 6 juin 2011

Nuit du 05/06/11 au 06/06/11:
Piensa en mi.
Photos dans documents.

Des fois,je me comprend,et c'est suffisant.
Reflexion I:
Dans le royaume de Dieu,le bruit d'un orage n'interrompt jamais un appel à la prière.

dimanche 5 juin 2011

Catch me if you can

Ils aiment pas le changement.
Non.
Il ne faut pas troubler la quiétude de leurs manies.
Que tu sois soustraite de la masse,non plus.
Toute action visant à leur faire changer leurs habitudes,ils la refusent obstinément.
Pour eux,tout est ordre,que tu sois chaotique,c'est une dérogation à la règle,ce qui entraine une activation des neurones,ce qui est synonyme de changement d'habitudes.On ne peut que se prélasser dans l'abrutissement.Pourquoi le quitter.
Que tu sois marginalisée,et que tu ne le vives que trop bien,ils ne le supportent pas,les marginaux souffrent,les marginaux crèvent sous les ponts ou finissent artistes et meurent d'une overdose  ou d'un suicide.
Que tu le vives bien.Non,ceci est inadmissible.Il te faut faire comme les autres,il ne faut rien changer aux normes, même quand elles sont entassées dans une marge,non aucun changement n'est permis,alors,il te faudra périr,il te faudra sombrer et ils y mettront un point d'honneur.Oh qu'ils le feront.
Qu'un jour,tu choisisses de plein gré de te joindre à eux,ou de périr dans la norme de la marge.
Aucune autre façon de vivre ne te sera permise.
Pour ça,ils ont les moyens,des films,des bouquins,des rêves,des musiques,et en useront comme attrape nigaud,quand tu entreras dans le cercle miteux,ils te féliciteront,t'aduleront,utiliseront ta vanité,pour te parasiter.
A ce stade,un cancer est déclaré,un mal s'est fait,tu connais l'enfer,ici,puisque celui de dieu ne tardera pas à t’accueillir et tu oublieras même de te dire que l'enfer n'existe pas,qu'il a même été inventé par les hommes,mais il sera trop tard pour que tu t'en rappelles.A ce stade,tu auras deux options: être dans la norme ou être dans la norme de la marge.
D'ici là,je trouverai la troisième option.

samedi 4 juin 2011

Le taxiste qui revient de loin

Deux gars libyens harcèlent une fille voilée,je me dis avec ironie que ça leur aurait peut être bien servi à ces deux cons de faire la guerre,aux cotés de Gaddéfi bien sur,je ne suis pas une sale pro américaine moi,lassée de marcher et de mes réflexions humoristiques à deux balles, j’arrête un taxi.

-Vous sentez le tabac ou c'est moi?
Je sentis mes joues s’empourprer légèrement,me ressaisis vite,en me disant que ce n'est pas un mal,dont il faudrait tirer hantise.
-Oui,je fumais.
Dubitative je m’apprête à me lancer dans mes justifications de la petite sainte piégée à son insu dans les vices de la vie.
-Vous savez,après 33 ans,les clopes n'ont plus le même gout.

Des yeux peut être verts,la tiédeur y est,pour sur,les cheveux d'un quadragénaire qui fait le juste nécessaire pour être présentable,la barbe naissante,des oublis ou de la paresse,il me regardait dans le rétroviseur,il a dut être joli garçon à 20 ans.

-Votre première clope c'était à quel age?
Non mais mon indiscrétion est sans limites.
-12 ans.
Rassurée mais non véritablement étonnée,je lui rétorque un simple:
-C'est précoce.
-Si vous saviez quelle drôle d'aventure m'a entraîné à fumer,vous n'en reviendrez pas,tiens,vous allez rire.

A douze ans,l'hyperactivité est un fait dont il faut s'accommoder,les enfants à cet age là,ne tiennent jamais en place,lui,il s'est aguiché de petits boulots d'été,de ceux dont seuls les enfants sont capables,il vendait des paquets de cigarettes sur la plage,des glibettes aussi,mais les cigarettes remplissait beaucoup plus sa bourse de gosse de père aisé mais de nature agitée et hyperactive.
Un jour,une mauvaise farce,et un gars qui lui promet qu'il vendra beaucoup plus sur ce grand bateau qui part dans quelques minutes,à ce qu'il disait,n'ayant que le sens de l'analyse des enfants et leur capacité à faire confiance à de parfaits inconnus,il s'était retrouvé à faire la conversation à un monsieur dont les mots étaient beaucoup trop latins.Il a du parcourir tout le bateau pour admettre que quelque chose clochait.
Tete entre ses mains,larmes,jurons appris grace à ses ainés,et qui servent beaucoup dans des moments comme ceux là.
Arrivé à bon port,il était forcé de constater que ce n'était plus la Tunisie mais l'Italie.

-L'Italie!Bonté divine!Mais mais vous aviez douze ans,vous ne connaissiez personne?comment vous en etes vous sorti?Bonté divine.
-"Rabbék" m'a aidé,la providence a voulu que des gens bienveillants m'ont trouvé accueilli logé et appelé ma famille pour leur dire que je rentrerai dans un mois.Et c'est dans ces rues latines,que j'ai commencé à fumer.

1d300,montant de la course,je ne sus rien lui rétorquer,je souris,non mais vraiment,mes joues s'en voyaient exténuées,un "que dieu vous préserve" et un sourire qui ne me quitta que lorsque je passa la porte de chez moi,mais ça c'est une autre histoire.